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Le blog de Julien Fosse

Enseigner le changement climatique ? Peut mieux faire…

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Enseigner le changement climatique ? Peut mieux faire…
© Jeanne Menjoulet / Flickr (CC BY 2.0)

Les jeunes se mobilisent pour le climat. Une marche s’est à nouveau déroulée dans plus de 2 000 villes à travers le monde vendredi 24 avril. A Paris, le cortège a rassemblé près de 15 000 personnes. Un mouvement mondial dont l’égérie est la jeune suédoise Greta Thunberg, qui initia le 20 août 2018 le mouvement #FridaysforFuture. Le point de départ d’une mobilisation internationale largement médiatisée. De quoi penser que les jeunes sont particulièrement sensibilisés aux questions environnementales dès l’école. Pourtant, en y regardant de plus près, l’enseignement de la transition écologique n’y occupe qu’une part marginale.

Du primaire au lycée, un enseignement fragmentaire

L’accord de Paris encourage les Etats signataires à améliorer l’accès à la formation sur le changement climatique. Pourtant, dans les faits, la place accordée au climat dans les programmes pédagogiques reste limitée. Du côté du primaire, le mot "climat" n’apparaît dans aucun des référentiels pédagogiques publiés au Bulletin officiel du ministère de l’Education nationale pour le primaire et le collège. Seul le programme du cycle 3 (CM1, CM2, 6e) prévoit que les élèves "apprennent également à adopter un comportement éthique et responsable et à utiliser leurs connaissances pour expliquer des impacts de l’activité humaine sur la santé et l’environnement".

Une première sensibilisation bien timide, qui ne s’arrange pas ensuite. Au point de susciter le mécontentement de scientifiques de renom, comme la paléo-climatologue Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe de travail sur les bases physiques du changement climatique du Giec depuis 2015 et membre du Haut conseil pour le climat. Une experte qui s’est fortement mobilisée lors de la réforme du lycée pour s’assurer que les sciences du climat occupent une place significative dans le programme des futurs bacheliers. Une place finalement limitée à la terminale, dans le cadre du tronc commun scientifique. Ce qui peut sembler bien tard…

L’enseignement supérieur, insuffisamment mobilisé

Du côté de l’enseignement supérieur, le bilan ne semble pas beaucoup plus reluisant, comme l’a montré The Shift Project dans un rapport rendu public en mars dernier. Une étude qui s’appuie sur plus de 140 entretiens avec des professionnels et l’analyse des formations de 34 établissements (12 écoles d'ingénieur, 6 écoles d’application de la fonction publique, 6 écoles de commerce, 4 universités et une sélection de 6 autres établissements). Soit au total 2450 formations d’enseignement supérieur, accueillant près de 300 000 étudiants.

Le bilan est mauvais : 76 % des formations ne proposent aucun cours abordant les enjeux climat-énergie à leurs étudiants. Dans les formations restantes, moins de la moitié proposent au moins un cours obligatoire. Les enjeux climat-énergie sont surtout enseignés en fin d'étude, au niveau master, pour 66 % des formations les abordant. Les écoles de commerce et d'ingénieurs proposent le plus de formations abordant ces questions, respectivement 54 % et 48 % des formations. Dans les universités, ce chiffre tombe à 8 %. En revanche, 26 % des formations d’ingénieurs proposent des cours obligatoires, contre seulement 6 % dans les écoles de commerce et 7 % dans les universités. Près d'un tiers des formations qui abordent les questions environnementales font l’impasse des enjeux climat-énergie.

L’humanité est confrontée à un changement climatique rapide, qui appelle la mobilisation de tous. Paradoxalement, l’enseignement semble avoir un temps de retard immense, alors même qu’il est censé préparer notre jeunesse à affronter l’avenir. Un paradoxe saisissant. Fort heureusement, des initiatives personnelles sont prises par les enseignants eux-mêmes pour sensibiliser les jeunes à ces questions. Dans certaines grandes écoles, les étudiants se regroupent en collectifs pour agir. Et pallier ainsi les carences du système éducatif. Un signe d’espoir.

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