Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

[Coronavirus] Poussée de fièvre pour l’économie mondiale

Publié le

[Coronavirus] Poussée de fièvre pour l’économie mondiale
© Unsplash

La panique est planétaire : le coronavirus fait la une des médias à travers le monde. Le 4 février, près de 18 000 personnes sont infectées en Chine et plus de 360 malades sont décédés. Un virus qui circule désormais sur l’ensemble des continents, à l’exception de l’Afrique, et qui fait s’affoler les bourses mondiales. Le cours du pétrole s’effondre, par anticipation de l’arrêt de l’activité économique de la Chine, moteur des échanges internationaux. Une crise sanitaire qui affectera donc l’économie mondiale, comme bon nombre des pandémies récentes. De quoi s’interroger sur la fragilité d’un système économique globalisé, particulièrement dépendant de quelques grands marchés. Et rappeler que Dame Nature a toujours le dernier mot…

Un géant à l’arrêt

La Chine constitue le premier débouché pour les exportations de pétrole brut en provenance des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Le pays le plus peuplé du monde représentait plus du quart de la croissance de la demande mondiale de pétrole en 2019 et près d'un quart des expéditions des pays du Golfe persique lui étaient destinées. Un volume qui s’élève aux deux tiers lorsqu’on inclut les autres grands pays importateurs d’Asie (Inde, Japon et Corée du Sud). Autant dire qu’une crise sanitaire paralysant le continent asiatique mettrait un sérieux coup d’arrêt à l’activité de l’ensemble des producteurs de pétrole.

Le virus ne devrait pas affecter tous les produits pétroliers de la même manière. Les autorités chinoises ont d’ores et déjà dû limiter les transports au sein des zones contaminées et en dehors du pays. Or les prévisionnistes de l’OPEP considéraient que 55% de la demande de pétrole de la Chine de 2020 s’orienterait vers des usages de transport… Le cabinet de conseil international "S&P Global Platt"» estime pour sa part que la demande mondiale de pétrole devrait chuter de 2,6 millions de barils par jour en février dans le pire des scénarios de diffusion du coronavirus. Un effondrement.

"Messieurs, c’est les microbes qui auront le dernier mot"

Ce n’est pourtant pas la première fois dans l’histoire récente qu’une pandémie affecte l’économie de la planète, qu’un virus met un coup de frein à l’activité commerciale internationale. Une étude réalisée par l’Académie américaine de médecine (1) a ainsi chiffré à plus de 5437 milliards de dollars les coûts directs et indirects liés aux pandémies mondiales au XXème siècle, soit soixante milliards de dollars par an en moyenne. Un chiffre colossal, qui n’a de sens qu’en tant qu’ordre de grandeur. Le cas du Libéria, touché par Ebola en 2014, est édifiant : avec un taux de mortalité de 8,5 pour 1 000 personnes, la croissance économique a chuté spectaculairement lors de l’épidémie, passant de 9% en 2013 à -2% fin 2015. Une situation que la Chine pourrait connaître.

Dans un monde-village où les personnes, les marchandises, les biens circulent largement, la diffusion des agents pathogènes est par définition facilitée. En conséquence, la détection des premiers signes d’épidémies est cruciale pour juguler leur extension. Des épidémies qui pourraient voir leur occurrence et leur répartition évoluer avec l’évolution du climat, la multiplication d’aléas modifiant la répartition des vecteurs de maladies et des réservoirs d’agents pathogènes. Une nouvelle donne épidémiologique qui impliquera de développer de puissants dispositifs de surveillance dans les domaines des santés humaine, animale ou végétale, intimement liées.
Ces pandémies nous rappellent également à quel point l’humanité reste soumise à des réalités biologiques fondamentales, malgré tout le génie humain et les découvertes technologiques. "Messieurs, c’est les microbes qui auront le dernier mot" aurait dit Louis Pasteur à un parterre de savants doutant des découvertes du père fondateur de la microbiologie. Une exclamation que nous avons peut-être trop tendance à oublier…

(1) https://nam.edu/wp-content/uploads/2016/01/Neglected-Dimension-of-Global-Security.pdf

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte