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Le blog de Julien Fosse

Climat : sortir du déni collectif

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Climat : sortir du déni collectif
Au Canada, une bonne partie de la ville de Lytton a été rayée de la carte par la chaleur
© Photo by @tanishq22 on unsplash

Les pires records de chaleur se succèdent à travers la planète : 49,5 °C enregistrés à Lytton, au Canada, alors que New Delhi, la mégalopole indienne aux 20 millions d’habitants, enregistre 43,1 degrés, la température la plus élevée depuis 2012. Des canicules à l’origine de la mort des populations les plus vulnérables. Des évènements extrêmes qui étaient pourtant annoncés dès le début des années 2000 dans le troisième rapport du Giec. Car le niveau de preuve scientifique est indiscutable : nous courons tout droit vers une catastrophe climatique, à moins de mettre en œuvre des politiques d’adaptation accompagnant la profonde transformation de notre appareil productif et de nos modes de vie vers des modèles bas carbone. Tant pour enrayer un réchauffement climatique d’ores et déjà tangible que pour assurer notre survie même. Une réalité qu’il serait grand temps de regarder en face, collectivement…


Des décès provoqués par la chaleur
Au Canada, une bonne partie de la ville de Lytton a été rayée de la carte. Après avoir subi fin juin les effets d’un « dôme de chaleur », imposant des températures extrêmes frôlant les 50°C, la ville a été dévastée par les flammes. Les morts subites se sont également multipliées dans la région de Vancouver, les autorités annonçant qu’au moins 486 personnes ont succombé dès le début de la canicule, soit trois fois plus que la moyenne observée sur une période comparable. En Inde, les températures sont sept degrés au-dessus de la normale pour cette période de l’année. Une situation qui devrait perdurer du fait de l’arrivée tardive de la mousson, qui sera accompagnée d’un vent chaud en provenance des déserts du Rajasthan et du Pakistan. Les vagues de chaleur ont d’ores et déjà fait plus de 6 500 morts en Inde. Alors que ces canicules se multiplient à mesure que le dérèglement climatique s’intensifie, la hausse globale des températures sera à l’origine d’une surmortalité notable dans les années à venir.


En 2019, des réductions d’émissions de GES hétérogènes
C’est dans ce contexte que le Haut conseil pour le climat (HCC) a rendu public son rapport annuel le 30 juin dernier. La tendance à la baisse des émissions françaises de gaz à effet de serre s’est légèrement accentuée en 2019, avec une diminution de 1,9% sur un an. Par habitant, les émissions territoriales atteignent 6,5 t éqCO2. En 2019, des progrès ont été réalisés dans les secteurs des bâtiments, de l’industrie et de la transformation d’énergie, alors que les transports voient leurs émissions stagner et demeurent le premier secteur émetteur (31 % des émissions, dont plus de la moitié due à la voiture individuelle). Derrière se trouvent les secteurs de l’industrie et de l’agriculture (19 %) puis des bâtiments (17 %), de la transformation d’énergie (10 %) et des déchets (4 %). Aux émissions territoriales, il faut ajouter les émissions des transports internationaux, en légère hausse et tirées par l’aviation, ainsi que les échanges internationaux de biens et services. Il en résulte une empreinte carbone qui pourrait atteindre 663 Mt éqCO2 en 2019.


"Renforcer l’atténuation, engager l’adaptation"
Le HCC souligne à quel point les politiques publiques restent éloignées des orientations de la stratégie nationale bas carbone (SNBC). Leur pilotage et leur suivi restent partiels, malgré l’élaboration en cours de plans d’action par les ministères. Face au dérèglement climatique d’ores et déjà présent, le HCC appelle à la mise en œuvre urgente de politiques d’adaptation, en complément des stratégies d’atténuation. Il s’agit d’anticiper les risques en identifiant les impacts du changement climatique à l’échelle locale et les secteurs prioritaires. Une stratégie nationale d’adaptation doit être élaborée, au même titre que la SNBC, et intégrée systématiquement dans les politiques aux échelons nationaux et territoriaux.
Le changement climatique tue. Ce qui est observé aujourd’hui correspond aux projections réalisées par les experts il y a 20 ans déjà. Nous devons donc sortir de notre torpeur collective et placer l’enjeu climatique au cœur de l’action publique, de l’agenda stratégique des entreprises et de nos comportements individuels et collectifs. Dans le cas contraire, il faut s’attendre au pire, rapidement.

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