Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Climat: redresser le cap, et vite

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Climat: redresser le cap, et vite
Le transport représente 30% des émissions de gaz à effet de serre.

Deuxième rapport annuel pour le Haut conseil pour le climat (HCC). Une instance indépendante chargée d’évaluer la cohérence de nos politiques publiques au regard des engagements internationaux et nationaux en faveur de l’atteinte de la neutralité carbone. Un plaidoyer de plus pour accélérer la mise en œuvre des actions engagées jusqu’à aujourd’hui pour faire face au mur du réchauffement de la planète. Un mur vers lequel nous fonçons, à vive allure. Une forme de déni collectif, qui nous mènerait au pire… Mais l’espoir viendra peut-être de l’échelon local.

Des émissions de gaz à effet de serre toujours trop importantes

Avec une réduction de 0,9 % en 2019, les émissions de gaz à effet de serre semblent avoir engager un tournant favorable. Malheureusement, cette diminution est en trompe-l’œil, largement insuffisante. L’atteinte des budgets carbone attendus à partir de 2025 pour répondre aux objectifs de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) impliquerait en effet une diminution de –3%. Or 2025, c’est demain… Les principaux secteurs émetteurs restent le transport (30 % des émissions totales) puis l’agriculture, le bâtiment et l’industrie (entre 18 et 20 % chacun). Les retards accumulés par les secteurs du transport et du bâtiment, du fait d’une transition trop lente et tardive vers une mobilité décarbonée et la rénovation thermique des habitations, pèsent essentiellement dans les « déficits carbone » observés par le HCC. La baisse temporaire des émissions de CO2 due au confinement (environ –13 % entre janvier et mai) reste tout à fait marginale au regard des efforts structurels à accomplir pour réaliser une transition bas-carbone durable.

Une transition qui implique de prolonger les efforts engagés depuis trente ans par l’industrie manufacturière. Elle doit, selon le HCC, être accompagnée d’investissements publics massifs, contribuant à améliorer l’efficacité énergétique et l’électrification, à développer le recyclage des déchets et des matériaux et à soutenir l’innovation en procédés industriels bas-carbone. Autant d’objectifs qui pourraient trouver leur place dans le cadre d’un futur plan de relance « vert ». De même, le HCC recommande d’accélérer la transition agroécologique de notre système alimentaire, en soutenant notamment l’évolution de la politique agricole commune (PAC) vers des mesures favorables au climat et à la biodiversité. La valorisation du stockage de carbone dans les sols, le développement d’une stratégie de production locale de protéines végétales en substitution du soja sud-américain, le développement d’un élevage plus extensif, la modification de l’offre des produits alimentaires : autant de recommandations favorables au climat et présentant des co-bénéfices pour la biodiversité, la lutte contre la déforestation importée, la nutrition et l’emploi.

Et si notre salut venait des territoires ?

Le rapport du HCC pointe en outre le rôle déterminant que les régions peuvent jouer en tant que cheffes de file pour la conduite de politiques climatiques territorialisées. Les enjeux d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre varient bien évidemment en fonction des densités de population, de leur richesse et de la structure de l’économie locale. De fait, la traduction régionale des objectifs de la SNBC doit absolument prendre en considération les enjeux d’équité territoriale. L’objectif national de neutralité carbone peut être insoutenable pour certains territoires, alors que d’autres, plus riches, plus développées, pourront aller au-delà et plus vite. L’équi-répartition des budgets carbone entre les régions présenterait donc un intérêt limité, et ce d’autant que de fortes disparités en termes d’empreinte carbone sont observables : certaines régions abritent des activités responsables de très fortes émissions, mais dont les produits qui en sont issus sont exportés.

Le chemin pour atteindre la neutralité carbone est encore long. Les politiques nationales apparaissent encore insuffisantes. Les régions peuvent jouer un rôle d’impulsion fort dans les territoires en incitant la mise en place d’actions locales, à portée d’élus de terrain, via un accompagnement technique et financier dédié. Une source d’espoir, si et seulement si cette transition intègre pleinement les enjeux de justice sociale et d’égalité des territoires. En clair, une vision globale dépassant le strict enjeu climatique s’impose à nous.

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