Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Climat, le nouveau rappel à l’ordre du Giec

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Climat, le nouveau rappel à l’ordre du Giec
© Andreas Habich

Un petit tour et puis s’en va. Quelques heures de médiatisation, au cœur de l’été, rapidement éclipsées par le transfert de Lionel Messi au PSG. Puis un retour aux thématiques habituelles de l’actualité, entre insécurité, passe sanitaire et bilan touristique. Le 6e rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) mériterait pourtant de faire chaque jour la une des journaux tant il dessine avec précision les bouleversements que le climat connaît aujourd’hui et connaîtra encore plus intensément demain. Tout en soulignant que le pire est évitable, sous réserve d’une mobilisation massive et rapide de l’ensemble des parties prenantes - acteurs économiques, politiques, citoyens - pour décarboner notre société et nos modes de vie. Une révolution à la hauteur des contraintes biophysiques qui s’imposent d’ores et déjà à nous et, si rien n’est fait pour changer la donne, s’imposeront année après année avec une intensité accrue. De quoi logiquement faire de l’urgence climatique notre priorité collective… si tant est que la moindre logique guide nos choix.

Un réchauffement indiscutablement provoqué par l’Homme

Le rapport du Giec constitue la synthèse des données scientifiques les plus récentes et les plus robustes qui soient. Cet état de la science invalide définitivement les discours climatosceptiques relativisant l’ampleur ou l’origine anthropique du phénomène. La Terre se réchauffe de 0,17 °C par décennie depuis 1950 et les émissions de gaz à effet de serre (GES) issues des activités humaines sont la principale cause de ce réchauffement, à l’origine de vagues de chaleur, de sécheresses, d’inondations. Mais aussi possiblement de « points de basculement », qu’il s’agisse de l’instabilité de la calotte glaciaire en Antarctique, de la modification des courants océaniques de l’Atlantique comme le Gulf Stream, ou encore de l’effondrement de certains écosystèmes, les espèces dépourvues de capacité à se déplacer étant condamnées à décliner massivement.

Si rien n’est fait pour limiter encore plus nos émissions de GES, un réchauffement supérieur à 1,5°C par rapport à la moyenne de l’ère pré-industrielle pourrait être observé à partir de 2030. Et déjà plus d'un quart de la population mondiale vit dans des régions où le thermomètre dépasse de 1,5 °C la température moyenne au moins une saison par an. L'objectif de l'accord de Paris conclu en 2015 apparaît donc difficile à atteindre sans modification radicale de nos modes de vie. Des signes d’espoir subsistent pourtant…

Un peu d’espoir, au loin…

Ce rapport du Giec présente en effet certaines solutions pour respecter le « + 1,5 °C ». Tout d’abord en rappelant la capacité des forêts, des sols et des océans à absorber les émissions de CO2. Ces puits ont jusqu’à présent absorbé 56 % de nos émissions, mais l’altération des écosystèmes risque de fortement affaiblir ce potentiel. Ces puits de carbone naturels doivent être préservés avant de mettre l'accent sur d’hypothétiques techniques de capture de CO2, mises en avant par certains acteurs industriels et certains états pour limiter leurs efforts de réduction des émissions de GES. En outre, dans son rapport, le Giec souligne à plusieurs reprises la nécessité de réduire drastiquement la demande en énergie des bâtiments, de l’industrie et des transports. Pour limiter le réchauffement à 1,5°C, les émissions de GES mondiales doivent en effet baisser de 45 % d’ici à 2030 par rapport à 2010 et la part des énergies renouvelables pour l’électricité dépasser les 70 % d’ici à 2050. Le rapport met également en lumière les synergies entre la lutte contre le réchauffement et la réduction de la pollution de l’air, faisant appel à des leviers communs. Autant de pistes de secours à emprunter, nécessitant de réorienter les investissements publics et privés et de donc de mobiliser le secteur financier dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Ce rapport du GIEC confirme tout à la fois que nous réchauffons la planète et que la fréquence et la gravité des événements climatiques extrêmes augmentent. De quoi faire de ce sujet la question centrale de nos vies, pour nous préserver et préserver l’avenir de nos enfants. Les échéances électorales de 2022 devront être l’occasion de mettre le climat au cœur du débat public. Dans le cas contraire, le pire reste à craindre…

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