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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Climat : doit mieux faire…

Publié le

Climat : doit mieux faire…
© amehaem - Flickr - C.C.

Le psychanalyste Carl Jung aurait sans doute parlé de synchronicité. La simultanéité de deux événements indépendants, dont la signification est pleine de sens pour celui qui les observent. Alors que la France connaissait une canicule exceptionnelle par son intensité, le Haut Conseil pour le climat rendait public le 26 juin une analyse de l’action du gouvernement sur le climat , appelant la France à respecter les engagements de l’accord de Paris. De quoi donner des sueurs froides aux climatosceptiques les plus acharnés… et du grain à moudre aux promoteurs de la neutralité carbone.

Une critique indépendante

Inspiré du Committee on Climate Change britannique, le Haut Conseil pour le climat a été créé en novembre 2018, en pleine crise des Gilets jaunes. Présidé par la climatologue franco-canadienne Corinne Le Quéré et composé de onze scientifiques issus de disciplines variées, le Haut Conseil a pour mission d’évaluer et éclairer l’action du gouvernement relative à la lutte contre le dérèglement climatique. Une mission qui ne se limite pas à jouer les poils à gratter, mais également à proposer les pistes d’amélioration de l’intégration des enjeux climatiques dans les politiques publiques, en toute indépendance. Mission à laquelle le Haut Conseil semble particulièrement attaché…

Car le rapport publié le 26 juin est particulièrement sévère : "L’action nationale et internationale face au changement climatique est largement insuffisante pour contenir le réchauffement planétaire à 1,5 ou 2°C". En clair, les objectifs de l’accord de Paris visant à maintenir la hausse de la température moyenne du globe sous la barre des 2°C ne seront pas atteints. Un chiffre sur lequel il est indispensable de s’arrêter : les océans se réchauffant moins que les terres, une température moyenne de +2°C à l’échelle du globe signifie qu’une augmentation supérieure à 2°C sera observée sur les continents. Avec des régions plus particulièrement touchées, notamment en zone intertropicale. Les sécheresses, famines, migrations forcées se multiplieront. Au-delà du chiffre, c’est une succession de fléaux bien concrets qui frappera notre planète…

Il est temps de changer de braquet

Ce rapport est pourtant positif, dans le sens où il rappelle la possibilité technique d’atteindre la neutralité carbone en 2050 sous réserve de modifications profondes de notre économie. Pour guider cette transition vers une économie décarbonée, le Haut Conseil recommande de faire de la stratégie nationale bas carbone la clef de voûte des politiques publiques. Ce qui implique d’évaluer systématiquement la cohérence des grands plans et des lois à l’aune des objectifs de la SNBC. Une petite révolution, impliquant de faire du climat l’alpha et l’oméga de l’action collective, alors que les pouvoirs publics continuent de fonctionner de manière cloisonnée, en tuyaux d’orgue…

Une mutation qui nécessite également de planifier sur le long terme la transition, afin de soutenir dans la durée l’emploi et l’économie. Agir sur l’aménagement du territoire, afin de limiter au maximum l’artificialisation de terres, développer de nouvelles infrastructures de transport, faire évoluer les pratiques agricoles et les filières d’approvisionnement, les marchés, les comportements de consommation, en jouant notamment sur les systèmes d’éducation et de formation initiale, autant de leviers à actionner. Bref, un programme global, fondamentalement politique.

Tout cela a un coût. Qui rendrait inenvisageable une transition d’une telle ampleur selon certains. Pourtant, comme l’explique l’économiste Jean Pisani-Ferry dans une tribune publiée le 29 juin , l’urgence climatique justifie de s’endetter pour préserver l’humanité. Un discours hétérodoxe, pour un économiste qui ne l’est pourtant pas. Un signe d’espoir également, soulignant la capacité d’intellectuels et décideurs à sortir de leur zone de confort pour envisager des solutions réellement disruptives. Espérons que cette prise de conscience soit contagieuse…

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