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Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

Brexit : to be green or not to be ?

Publié le

Brexit : to be green or not to be ?
© LaertesCTB - Flickr - C.C.

Le Brexit est un coup dur. Pour l’Union européenne, car il traduit l’immense fossé séparant une part de la population d’une construction qui n’est plus aujourd’hui porteuse d’espoir. Pour le Royaume-Uni, ensuite, car les promesses de croissance vendues par les brexiters s’éloignent avec la chute possible de la livre sterling, au cours désormais indexé sur les péripéties des votes à Westminster. Pour l’environnement, enfin, car une sortie de l’Union européenne (UE) pourrait signifier la diminution des ambitions environnementales outre-Manche…

Une remise à plat du droit de l’environnement

Un règlement européen s’applique automatiquement dans l’ensemble des Etats membres, sans que ceux-ci n’aient besoin de le transcrire en droit national. Or le corpus réglementaire européen relatif à la protection de l’environnement est conséquent. C’est le cas de la réglementation REACH, qui encadre l’usage des produits chimiques dans les industries. Ou encore du contingentement des émissions de gaz à effet de serre, qui a conduit le Royaume-Uni à fortement réduire ses émissions de CO2 depuis les années 1990. Que feront les britanniques une fois sortis de l’Union ? Etablir des lois similaires ou supprimer tout ou partie de cette réglementation ?

Tout dépendra du statut du Royaume-Uni : s’il devient membre de l’Espace économique européen, comme la Norvège, il devra adopter les réglementations européennes pour que ses produits puissent circuler sur le marché européen. Mais en cas de "no deal", ce seront alors les accords commerciaux bilatéraux qui définiront le niveau d’exigence environnementale au sein de la nouvelle zone de libre-échange ainsi créée…

Des acteurs de l’économie verte déstabilisés

L’autre question posée par le Brexit est celle de l’avenir des entreprises de l’économie verte. De nombreux accords entre les entreprises européennes et britanniques existent, notamment dans le domaine des énergies renouvelables. Pour les entreprises concernées surgit l’angoisse des droits de douane… Sans parler des risques de ralentissement du secteur dus à la baisse de la valeur de la livre sterling et à la situation économique du pays à la suite de sa sortie. Une chute des investissements dans ces secteurs innovants et instables, au profit de valeurs refuges, ne serait pas impossible. Sur le long terme, l’Europe avancera probablement plus rapidement sans le Royaume-Uni sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En effet, Londres ne pourra plus freiner les avancées proposées par les pays du Nord. Un autre élément ralentissant plus globalement le secteur…

Coup de frein pour l’agro-industrie

Le secteur agricole sera également touché. Car la contribution de Londres au budget de la PAC cessera, ce qui pourra avoir des conséquences non négligeables sur la structure même de cette politique commune. Mais au-delà, c’est l’arrêt de la libre circulation des biens agricoles et agroalimentaires qui posera problème. Un retour aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) impliquerait moins de commerce agricole et agroalimentaire entre l'UE des 27 et le Royaume-Uni. Dans les secteurs des viandes et des produits laitiers, certains économistes prévoient une réduction des exports mutuels pouvant atteindre plus de 90%. Sans compter le nécessaire rééquilibrage progressif du marché européen en cas de "no deal", impliquant des mutations de filières. Bref, une déstabilisation globale des marchés agricoles accentuée par la complication d’accès au marché de l’emploi dans certaines filières. Des conséquences durables, que peu de brexiters avaient soulignées en 2016 lors de la campagne référendaire.

C’est finalement peut-être l’enseignement principal du Brexit : avoir mis à jour l’irresponsabilité dramatique d’hommes politiques jouant avec l’avenir de leur pays, de son environnement et de sa population pour satisfaire leur ego et leurs petites ambitions. Attiser les peurs, délivrer des messages simplistes pour traiter de sujets complexes, négliger le long terme et taire certaines des conséquences d’une décision publique. Malheureusement, ce n’est pas une spécialité britannique…

 

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