Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

A nous de sauver l’Amazonie

Publié le

A nous de sauver l’Amazonie
94% de la déforestation en Amazonie est illégale
© Ana Cotta

Rien ne va plus en Amazonie. Et cela nous concerne tous, en France et en Europe. Car une étude scientifique récente souligne à quel point la destruction de la forêt amazonienne a atteint un point critique, mettant en péril la capacité même de cet écosystème à remplir son rôle de "puits de carbone". Un concept scientifique très simple : pour pousser, les plantes « absorbent » le carbone puis le relâchent dans l'atmosphère à leur mort. Elles jouent ainsi un rôle central dans l’atténuation de nos émissions de gaz à effet de serre. Une étude souligne donc à quel point ce mécanisme fondamental est déréglé. Une étude de plus, après des dizaines d’autres et des années d’alerte. Sans que rien ne bouge ou presque, alors même que les solutions existent pour endiguer la destruction du "poumon vert" amazonien. Car chaque consommateur européen détient une petite part de la solution. Plutôt que culpabiliser, mieux vaut donc changer.

L’Amazonie brésilienne ne joue plus son rôle

L’étude publiée le 29 avril dernier dans la revue internationale Nature Climate Change est un signal d’alarme qui devrait tous nous alerter. L'étude se fonde sur l’examen d’observations satellitaires de 2010 à 2019 pour quantifier les pertes de végétation et calculer la baisse de séquestration de carbone liée. Cette étude montre que l'Amazonie brésilienne a ainsi émis environ 18% de plus de carbone qu'elle n'en a absorbé sur la période, avec 4,5 milliards de tonnes rejetées contre 3,8 milliards stockées. Si les autres pays d'Amazonie compensent pour l'instant ces émissions, la généralisation de cette tendance à l’ensemble de la forêt tropicale conduirait à un basculement irrémédiable et à l’accélération du réchauffement de la planète.

Les causes de cette destruction sont moins évidentes qu’on pourrait le penser. Les chercheurs pointent en effet les "dégradations" de la forêt, moins visibles que la destruction totale. Il s’agit de coupes ponctuelles d’arbres, d’incendies ou de sécheresses qui expliquent plus de 70% de la perte de biomasse observée. Quant aux 30% restant, correspondant à la destruction pure et simple de la forêt, elle a connu une croissance continue atteignant 3,9 millions d'hectares en 2019, soit quatre fois plus qu'en 2017 et 2018. Une situation qui malheureusement se prolonge en 2021 selon les données de l’Institut national de recherches spatiales (INPE), une institution brésilienne qui s’appuie également sur l’imagerie satellitaire. L’INPE a récemment montré qu’un nouveau record de déforestation a été atteint en avril dernier avec 580 km² de forêt tropicale détruits. Un chiffre supérieur de 42% à celui du mois d’avril 2020…

Relocaliser notre système agro-alimentaire

La dégradation des forêts est due aux actions directes de l'homme, pour étendre ses cultures, faire de la place au bétail, exploiter le bois ou des ressources minières. Mais également aux actions indirectes, avec les effets du réchauffement climatique provoqué par les activités humaines. L'arrivée au pouvoir en janvier 2019 de Jair Bolsonaro a largement accentué le phénomène puisqu’il a adopté des lois favorisant l'expansion des pâturages au détriment de la conservation de la forêt. Cette dimension politique est indiscutable mais ne doit pas nous faire occulter notre propre responsabilité. Car l'un des moteurs de la déforestation de l'Amazonie est l'extension des cultures de soja, indispensable à la production des tourteaux qui nourrissent le bétail des grands pays occidentaux. D’autres phénomènes de destruction sont à l’œuvre, comme la production d’huiles végétales, de pâte à papier, ou de cultures et produits d’élevages importés pour notre alimentation.

Ainsi, en substituant toutes ses productions, gagnées sur la forêt amazonienne, par des productions locales et durables, la France peut contribuer à limiter cette destruction. Cela passe notamment par le développement des cultures françaises de protéagineux indispensables à l’élevage du bétail ainsi qu’à notre alimentation protéique, en substitution de la viande. Manger moins de viande et plus de protéines végétales, privilégier l’élevage local et durable aux produits importés, voilà une clé dont nous disposons tous. Cela implique de faire évoluer nos régimes alimentaires. Une bataille culturelle, certes, mais qui s’impose. Car quoi qu’il arrive, le changement climatique s’imposera à nous.

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