Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

[5G] Quand les Amish surgissent dans l’actualité…

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[5G] Quand les Amish surgissent dans l’actualité…
© Fr3d.org - Flickr - C.C.

Sorti en 1985, le film « Witness », dans lequel Harrison Ford campe un inspecteur de police amené à protéger un jeune Amish, a mis en lumière cette communauté religieuse. Qui aurait pensé qu’elle ferait, l’espace d’une semaine, le buzz en France ? Si ce n’est pour moquer ces gens qui n’ont pas modifié leur mode de vie depuis leur installation en Amérique du Nord au début du XVIIIe siècle. Le parallèle établi par Emmanuel Macron avec les opposants à la 5G a suffi à les mettre sous le feu des projecteurs. Et également à tuer dans l’œuf toute forme de débat concernant cette technologie numérique. Pourtant des questions d’ordre sanitaire et environnemental restent en suspens. Questions qui ne pourront pas rester indéfiniment hors du temps. A la différence des Amish…

Quel impact sur l’environnement ?

Début 2020, le Sénat a conduit une mission d'information sur l'empreinte environnementale du numérique. Mission qui a notamment pointé la nécessité de réaliser une étude d'impact environnemental sérieuse sur le déploiement de la 5G, sur l'ensemble de la chaîne technologique, de la fabrication à l'utilisation. S'appuyant sur le code de l'environnement, le président du Sénat en a fait la demande début mars par courrier au Haut-conseil pour le climat. Une mission délicate, qui nécessite de disposer de données fournies par les constructeurs d'équipements, encore lacunaires aujourd’hui. Le numérique est en effet responsable d'environ 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre à la surface du globe. Mais au-delà de la consommation d’énergie, le déploiement de la 5G va accélérer l'exploitation de métaux rares non renouvelables et la génération de quantité de déchets peu recyclables. Un smartphone contient ainsi 70 matériaux différents, dont quelque 50 métaux, qu'il faut extraire au prix d'une forte pollution. Et comme il a fallu acheter un portable compatible pour bénéficier de la 4G, il faudra sans doute faire l'acquisition d'un smartphone équipé d'une puce 5G pour se connecter au nouveau réseau. Or à l'heure actuelle, la fabrication des smartphones, tablettes et autres objets connectés représente 47% de la pollution générée par le numérique, loin devant le réseau (28%) et les centres de données (25%), selon l'Ademe.

Quel niveau d'exposition de la population aux ondes ?

Au-delà des effets sur l’environnement, reste à savoir quelles seront les conséquences de la 5G sur notre santé. Deux nouvelles bandes vont en effet être ouvertes : celle des 3,5 GHz dans un premier temps, puis celle de 26 GHz. Une évaluation spécifique des effets de ces ondes a été demandée à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), qui a rendu un rapport préliminaire en octobre 2019. L'Anses y constate « un manque important voire une absence de données relatives aux effets biologiques et sanitaires potentiels » d'une exposition aux fréquences 5G. L'expertise finale, attendue au premier semestre 2021, après le lancement des offres commerciales lancées fin septembre, doit indiquer si les connaissances actuelles peuvent être extrapolées à cette nouvelle technologie. Car selon le consensus des agences sanitaires nationales et internationales, il n’existerait pas d’effets néfastes avérés à court terme des ondes sur la santé, lorsque les valeurs limites d'exposition recommandées ne sont pas dépassées. Les effets à long terme restent en revanche difficiles à mettre en évidence et font toujours l'objet de débats au sein de la communauté scientifique.

Ainsi, les questions posées par le déploiement de la 5G persistent alors même que se sont closes le 1er octobre les enchères sur les futures bandes de fréquence. Des questions pointées par la convention citoyenne pour le climat, ainsi que par bon nombre d’acteurs de l’environnement. Des questions légitimes, bien éloignées de celles que doivent se poser, de l’autre côté de l’Atlantique, les Amish. Des Amish hors du temps, hors de la consommation et de la course du quotidien. Peut-être est-ce là le secret de leur longévité. Leur espérance de vie est en effet supérieure de dix années en moyenne à celle d’un Américain lambda. Une spécificité qui porte moins à faire sourire que leur rejet de la modernité.

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