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Cyber entreprise

Comment la Cyber-sécurité transforme l'Entreprise

Le blog de Guy-Philippe Goldstein

L’Usine post 2025 : robots & cyber

Publié le

L’Usine post 2025 : robots & cyber

A quoi ressemblera l’usine de demain – ou, à tout le moins, celle passée 2025 ? Un élément pourrait prendre une ampleur considérable : celle de la robotisation. Il s’agit, selon certaines projections, d’un marché très élastique. D’après le cabinet ARK Investment LLC, entre 2000 et 2010, le prix moyen d’un robot en usine est passé de 90 000 à 50 000 dollars et les ventes annuelles sont montées de 25% à 125 000 unités par an. Puis entre 2010 et 2015, le prix est tombé à 30 000 dollars et les ventes annuelles ont augmenté de 100% à 250 000 unités/an. Certaines estimations évaluent le prix d’un robot industriel pouvant descendre jusqu’à 10 000 dollars vers 2025. Passé ce point, la robotisation de l’usine pourrait s’accélérer encore plus rapidement…

Oui, mais : A condition que les robots sortent définitivement de leurs cages, c’est-à-dire s’intègrent sans danger à la chaine de production au milieu des employés humains. Il y a là un enjeu de développement fonctionnel, entre capteurs et IA permettant à la machine d’éviter tout geste dangereux. Mais il y a là aussi un enjeu peut-être désormais encore plus important de cybersécurité. C’est ce que j’évoquais il y a quelques semaines à Robotex, l’une des plus grandes conférences mondiales sur la robotique, se déroulant à Tallinn, en Estonie (voir talk ici). Et les premiers signes ne sont pas encourageants.

En 2017, une étude réalisée par le cabinet IOActive sur 5 des plus grands fournisseurs de systèmes robotiques civiles a identifié plus d’une cinquantaine de failles – avec des conséquences pouvant aller, par exemple, jusqu’au re-design de pièces aéronautiques de manière subreptice, empêchant tout drone sortie d’usine de voler de manière stable. On peut imaginer tous les scénarios de sabotage, pour raisons soit crapuleuses ou politiques. Tous les fournisseurs sont victimes des mêmes types de failles : communication entre systèmes non suffisamment chiffrées, peu/pas de règles d’authentification (réclamant identifiants et mot de passe par exemple), pas assez de règles d’autorisation (ex : tout le monde peut installer une mise à jour), etc.. on demeure dans cet univers de la sécurité des systèmes industriels où l’on a pensé trop longtemps que la meilleure des sécurités, c’était l’accès physique. Or pour toute machine branchée dans le cyberespace, la sécurité via l’isolement physique devient illusoire – ce que démontrait dès 2007 la cyber-attaque contre l’usine de Natanz en Iran. Et ces vulnérabilités de base ne sont pas propres à l’univers civil. Le Government Accountability Office (l’équivalent américain de la Cour des Comptes) a publié un rapport explosif en octobre 2018 qui mettait en lumière le même type de vulnérabilités de base… pour les systèmes d’armement développés par le Pentagone ! Pour dire les choses : on préfère encore investir pour l’essentiel dans le développement fonctionnel que dans la cybersécurité. On a tort.

Le risque cyber pourrait être démultiplié par la multitude de fantasmes sur les robots. En 2015, la mort d’un ouvrier en Allemagne dans une usine Volkswagen en raison d’un robot défectueux a donné lieu à un dérapage médiatique, du Washington Post au Times of India, où l’on a pu voir ressurgir tous les fantasmes des robots venus sur terre pour écraser les humains. Pourtant, aux Etats-Unis, il y a en moyenne moins d’un mort par an à cause de systèmes robotiques industriels – contre quatre à cinq mille morts sur le lieu de travail pour tout autre raison. Mais pour des raisons qui tiennent du mythe, les robots font peur à l’homme. Et il est très possible que dans l’usine, le robot pose le même problème que l’avion, qui est à la fois le moyen de transport dans les faits le plus sûr au monde, mais dans les esprits le plus dangereux. Et cela risque de demander beaucoup d’explication tant auprès des consommateurs qu’auprès des employés travaillant directement à côté de robots.

Mais il y a aussi une opportunité « cyber » - pour qui agirait et communiquerait sur un mieux disant de qualité « cyber », dans ce contexte où justement ce risque va se répandre de plus en plus. Avant même les effets d’une robotisation avancée, l’importance d’une qualité « cyber » se fait déjà sentir dans les systèmes industriels de plus en plus numérisés. Ilan Barda, PDG de Radiflow, une start-up israélienne dans la cybersécurité des systèmes de contrôle industriel, évoque encore la nécessité de faire un travail d’évangélisation et de compréhension de ces nouveaux risques industriels. Mais il note également que certains acteurs avancés en font désormais un argument de vente – comme par exemple, certaines entreprises allemandes challengers dans les machines-outils pour l’industrie alimentaire, qui se démarque de leurs compétiteurs par la mise en avant de leur qualité en termes de cybersécurité. Les GAFAM, les géants de la Silicon Valley, mettent déjà de plus en plus en avant la qualité de leur cybersécurité dans la lutte commerciale pour les services cloud ou les stores d’application. L’industrie, aujourd’hui en voie de numérisation rapide, demain de robotisation accélérée, suivra très probablement le même chemin.

A l’heure des robots, qu’ils fassent peur ou non, et de la numérisation de la chaine de production, la cybersécurité va devenir une dimension fondamentale de la qualité – et donc de la compétitivité de l’entreprise.

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