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Droit et Santé

L’actualité juridique et réglementaire en Sciences de la Vie

Le blog du cabinet Dechert

Quelques différences entre les levées de fonds "Tech" et "Biotech"

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Quelques différences entre les levées de fonds Tech et Biotech

Les modes de financement diffèrent sensiblement d’une entreprise à l’autre en fonction de son secteur et de son activité. Si les levées supérieures à 100 millions d’euros se multiplient sur la tech ou internet, leur montant dans les biotechs et les medtechs reste plus limité. De la même façon, certaines pratiques désormais fréquentes dans la tech (BSA AIR, non participating liquidation preference, limitation des good et bad leavers…), ne percent pas dans les biotechs et medtechs.

Mais alors comment s’expliquent ces différentes et quelles sont les caractéristiques des levées de fonds dans les biotechs et medtechs ? L’activité de la société et son besoin de financement se détachent comme premières raisons.

Les fonds levés par des sociétés internet ou de logiciel ont souvent pour objectif de financer le développement d’un logiciel (ou d’une application) ou de financer leur déploiement commercial. L’objectif de ces sociétés est donc d’atteindre l’équilibre financier ou d’accélérer leur acquisition clients de manière à pénétrer leur marché. Leur valorisation dépend ainsi de metrics financiers ou commerciaux et le risque qui leur est associé est souvent un risque marché et de capacité d’exécution de l’équipe de management.

Le business model des biotech et medtech et leur besoin de financement sont très différents. Ces sociétés développent un produit (candidat médicament ou dispositif médical) et cherchent à financer ce développement. Or, le développement d’un produit peut s’arrêter à chacune des étapes clés (par exemple à l’issue d’une étude clinique où l’efficacité ne serait pas démontrée). Il est par ailleurs fortement dépendant de la propriété intellectuelle et du réglementaire. Ainsi, le risque ou l’aléa ne porte pas uniquement sur l’équipe ou le marché mais sur le produit lui-même (sera-t-il un jour exploitable ?). Par ailleurs, le cycle de développement des produits est, compte tenu du cadre réglementaire, particulièrement long.

Compte tenu de ces spécificités, seuls les fonds spécialisés ou ceux disposant d’équipes spécialisées avec une formation scientifique investissent dans les biotech et medtech. Leur nombre est par nature plus limité et ils sont peu influençables par les pratiques des fonds généralistes ou spécialisés dans la tech. Cela explique que certaines pratiques évoluent plus doucement. A titre d’exemple, l’existence d’opérations de secondaire pour les fondateurs à l’occasion d’un tour de financement reste rare pour les biotech et medtech alors qu’il est fréquent pour les autres sociétés.

Par ailleurs, le niveau risque et le besoin de financement sont très importants. Le recours à l’autofinancement est par nature exclu dans ces sociétés, sauf à conclure un accord stratégique avec un industriel. Leur financement prend ainsi souvent la forme de plusieurs levées successives, les investisseurs n’étant pas prêts à tout financer et les fondateurs souhaitant limiter la dilution en passant des paliers de valorisation entre les levées. Au sein même d’une levée, les investisseurs ont tendance à scinder leur investissement en tranche, le versement de chacune des tranches étant subordonné à des milestones de développement pour pouvoir limiter leur exposition si le développement devait s’interrompre ou prendre du retard.

C’est également le niveau de risque et les dilutions induites par les levées successives qui expliquent certaines pratiques "défensives" des fonds santés comme l’application d’une liquidation préférentielle "participating" ou des clauses de good et bad leavers relativement dures.

On peut néanmoins s’interroger sur l’impact qu’aura sur les pratiques le développement de l’e-santé puisque l’origine des investisseurs sur ces sociétés est souvent plus diverse, mélangeant des investisseurs tech et santé.

                                  

Anne-Charlotte Rivière, associée chez Dechert

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