Industrie en transition

Quand l’industrie passe au vert, durablement…

Le blog de Julien Fosse

2020 débute dans les flammes…

Publié le

2020 débute dans les flammes…
© Nasa

Il y a un an, je rédigeais un billet volontairement optimiste pour ouvrir l’année 2019. Une année que je souhaitais voir placée sous le signe d’une économie plus verte, intégrant la finitude des ressources de la planète et faisant de la sobriété dans leur usage un pilier de notre société. Une année où l’activité de l’homme n’aurait pas eu d’effets dévastateurs sur la nature. Une année qui aurait dû être celle de l’accélération de la transition écologique. Un an après, l’Australie connaît de terrifiants incendies détruisant massivement la faune, la flore et, malheureusement, des vies humaines. L’un des principaux exportateurs mondiaux de charbon flambe dramatiquement, concrétisant en cela la gravité du dérèglement climatique en cours. Une terrible fin d’année, provoquant chagrin et colère. Un drame de plus ou le déclic attendu pour passer des vœux aux actes ?

L’Australie vit un désastre écologique

Plus de 6 millions d'hectares ont brûlé depuis septembre en Australie. Une superficie équivalant à deux fois la Belgique. Selon une étude de l'Université de Sydney, pour le seul État de Nouvelle-Galles du Sud, le nombre d'animaux morts s'élèverait à 480 millions et plus de 30 % des koalas auraient disparu. Sur la côte est, les forêts humides de la Cordillère australienne sont la proie des flammes, alors qu’il s’agit des plus anciennes forêts du monde, classées depuis 1986 au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Elles abritent des hêtres vieux de plus de 3 000 ans ainsi que plus de 270 espèces menacées d’extinction. La destruction de ces écosystèmes ne se résume donc pas à un feu de forêt : il s’agit de la disparition irrémédiable d’espèces ancestrales nous ramenant aux origines de la vie sur Terre. Un symbole terrible.

Le bilan humain est tout aussi dramatique, avec 1 300 habitations détruites depuis le début de la saison des feux, 18 morts et 17 personnes portées disparues, auxquels s’ajoutent l’ensemble des malades des effets des fumées toxiques. Un bilan humain qui ne pourra que s’alourdir dans les semaines à venir. Auquel il faudra ajouter à terme l’ensemble des effets socio-économiques, liés aux destructions matérielles, aux coûts de reconstruction, aux baisses de production agricole, aux surcoûts induits par la disparition des services écosystémiques désormais détruits… L’Australie va devoir se préparer à une très longue et douloureuse convalescence.

Combattre sans relâche les dénégateurs du changement climatique

Le dérèglement climatique est à l’origine de températures record en Australie. Canberra a ainsi connu une température sous abri de 44°C le 4 janvier, un record. Cette vague de chaleur estivale est à l’origine d’une dessiccation massive des écosystèmes qui flambent à toute allure. Du petit bois jeté dans une cheminée... Or l’Australie n’est pas un pays comme un autre. Son Premier ministre issu du parti libéral australien, Scott Morrison, a en effet nié à plusieurs reprises le lien avéré entre ces feux tragiques et le réchauffement de la planète. Une posture politique qui s’explique essentiellement par la place majeure des énergies fossiles dans la balance commerciale de l’Australie, le pays étant en 2018 le cinquième producteur mondial de charbon. Un discours aujourd’hui de plus en plus en décrié, qui résonne largement à travers la planète. Car au-delà du cas particulier de l’Australie, les discours et politiques climatosceptiques se multiplient, des États-Unis de Trump au Brésil de Bolsonaro, sans oublier les grandes puissances émettrices de gaz à effet de serre et exportatrices d’énergies fossiles comme la Chine ou la Russie. Des pays qui refusent d’engager une transition rapide vers des énergies renouvelables. Autant d’acteurs contribuant au désastre observé en Australie et à la destruction de notre planète, désormais sous nos yeux.

Autant de raisons de placer l’année 2020 sous le signe du combat. Combat contre les discours rétrogrades et climatosceptiques portés sur les réseaux sociaux et dans les médias par des experts autoproclamés des enjeux environnementaux. Combat en faveur d’actions concrètes, ambitieuses et rapides de soutien à la transition écologique de notre société. Combat pour des politiques environnementales ambitieuses aux échelles nationale, européenne et internationale.

Ce ne doit pas être qu’un vœu pieu. Car c’est une question de survie. La nôtre.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte