Zones d'activité au Maroc : "MedZ a budgétisé près de 100 millions d’euros d'investissement cette année" selon Omar Elyazghi

Filiale du groupe public Caisse de dépôt et de gestion (CDG), MedZ est chargé de l'aménagement de zones industrielles et de services au Maroc. Alors que le taux d'occupation des parcs est jugé trop faible par les autorités, L'Usine Nouvelle a demandé à Omar Elyazghi, son président du directoire de faire le bilan de l'activité 2014 et d'en dresser les perspectives pour 2015.

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Zones d'activité au Maroc :
Omar Elyazghi, président de Medz

Créée en 2002, filiale de Caisse de dépôt et de gestion (CDG), MedZ est une société chargée par l'Etat de développer des zones industrielles et d'offshoring en accompagnement des politiques gouvernementales du Maroc dans des métiers mondiaux tels que l’automobile et l’aéronautique. Pilotant des "plateformes industrielles intégrées" (P2I) sont action fait débat au Maroc en raison notamment du faible taux d'occupation des zones industrielles. Pour L'Usine Nouvelle, Omar Elyazghi, président de Medz fait le point et expose ses projets pour 2015 et au delà.

L'Usine Nouvelle : Pouvez-vous nous dresser un bilan chiffré de vos réalisations à ce jour ?

Omar Elyazghi : Nous avons réalisé 13 parcs industriels intégrés, 4 parcs offshoring et mis en place près de 250 000 m² de bâtiments dédiés à l’offshoring. Le taux d’occupation moyen sur ce segment est de 80% et la création d’emplois estimée à 30 000 à fin 2014. Nous estimons ce bilan comme satisfaisant. Il confirme notre rôle de catalyseur d'activités industrielles au Maroc et des perspectives de développement en Afrique de l’ouest. Au Maroc, ces parcs ont généré la création de près de 50 000 emplois. Nous ambitionnons toutefois de faire mieux.

Et dans le domaine industriel ?

Nous avons développé 676 hectares de terrains viabilisés dont 53% commercialisés, en 4 ans. Nous disposons de 500 000 m² de bâtiments industriels opérationnels. A fin 2014, près de 18 000 emplois ont été créés. Nos clients sont des multinationales pour un tiers, des grands comptes et des PME pour le reste.

Le ministre de tutelle, Moulay Hafid El Alamy a indiqué en 2014 que le taux d'occupation des parcs industriels gérés par MedZ était d’un niveau insuffisant. L’offre est-elle effectivement mal calibrée et comment comptez-vous y remédier ?

Je souhaiterai, en premier lieu, insister sur le fait que dès la mise en place du Plan Emergence, MedZ a travaillé en étroite collaboration avec le ministère de l’Industrie, pour donner corps aux Plateformes Industrielles Intégrées (P2I) qui lui ont été confiées. Ces projets accompagnent ainsi la mise en œuvre des politiques publiques de développement territorial du Maroc.

Nous pouvons dire qu’aujourd’hui MedZ contribue à l’équité territoriale, dans le sens où elle a développé une offre en foncier industrielle diversifiée, au-delà de l’axe Rabat-Casablanca, en implantant des zones dans des régions où la culture industrielle n’était pas encore bien ancrée. D’où un taux d’occupation des parcs qui reste disparate.

C’est ainsi que, dans cette logique d’aménagement du territoire, nous avons par exemple réalisé quatre plateformes dans la région de l’Oriental et deux dans le sud, afin d’avoir un maillage industriel équilibré et homogène sur l’ensemble du territoire.

Il est important de rappeler que notre positionnement s’inscrit dans une vision à moyen et long terme, pour offrir aux investisseurs une visibilité sur la disponibilité du foncier dans le temps. En d’autres termes la mise en place d’infrastructures aux normes internationales par MedZ est couplée à l’idée de sécuriser un important foncier industriel pour les investissements à venir.

Mais comment jugez-vous le niveau atteint par le taux d'occupation ?

Il faut savoir, qu’à ce jour, MedZ a mis sur le marché près de 670 ha de terrains industriels, qui ont été placés et commercialisés en moins de 4 ans à hauteur de 53%. Nous considérons que c’est une performance encourageante, qui, d’ailleurs, ne dépend pas uniquement de la mise en place de ces infrastructures. Il faut aussi y compter toutes les mesures politiques et facteurs industriels qui ont permis une industrialisation accélérée du Royaume. Ces 53% ont généré aujourd’hui 500 000 m² de bâtiments industriels construits et opérationnels. Cela a permis, à la fin 2014, la création de 15 000 emplois en deux ans.

Dans le but d’améliorer l‘attractivité de nos espaces d’accueil industriels, nous travaillons en parallèle sur l’amélioration de l’environnement général de réalisation et de gestion des infrastructures industrielles et particulièrement des composantes de nos parcs, par notamment l’intégration de la formation et de la logistique et par la garantie des prestations offertes à l’intérieur de ces parcs.

Hormis pour l’offshoring, l’offre locative de MedZ reste faible. Le ministre a déclaré vouloir l’augmenter, notamment en s’appuyant sur la Chambre française de commerce et d'industrie du Maroc (CFCIM). De votre côté, où en êtes-vous pour ce type d’offre (notamment bâtie) et quel est votre plan d'action en la matière ?

MedZ offre aujourd’hui à ses clients des solutions à la carte, plutôt que des solutions figées qui ne correspondent pas forcément à leurs attentes. En d’autres termes, ce sont les clients qui choisissent le schéma d’implantation. Si le client a un modèle économique basé sur le locatif, nous lui offrons les solutions appropriées, pour lui permettre de rentrer dans son modèle. A ce jour, nous avons plus de 166 000 m² de bâtiments locatifs dans nos parcs portés par la Foncière Chellah, la Foncière Emergence et d’autres investisseurs privés. Parallèlement, nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère pour que l’offre locative soit encore plus attractive.

Quelle est la surface commercialisée par Medz en 2014 et vos projets pour cette année 2015 ?

Une centaine d’hectares pour 44 nouveaux clients sur le segment de l’industrie. Et au niveau des projets d'investissement, nous avons budgétisé une enveloppe globale de près de 100 millions d’euros sur l’année.

Quels projets portent ces investissements ?

Au niveau d’Atlantic Free Zone à Kenitra, des bâtiments relais seront mis en place dès le 4ème trimestre. Ils permettront aux investisseurs potentiels de démarrer leurs activités dans les plus brefs délais, en attendant la construction de leurs propres usines. Au niveau du parc Agropolis de Meknès, nous avons prévu la mise en place d’un cluster. Essentiellement pour aider les industriels à s’intégrer et à mutualiser leurs activités. Il travaillera sur trois principales thématiques : l’amont agricole, la transformation agro-industrielle et l’innovation et la valorisation des produits dérivés.

Comment financez-vous ces opérations ?

Notre maison mère, la Caisse des dépôts et de gestion (CDG), nous accompagne en matière de fonds propres. Des banques marocaines ou d’autres institutions comme la BEI ou encore l’AFD nous suivent pour les fonds bancaires.

Combien de clients nouveaux comptez-vous attirer cette année dans ces parcs ?

Nous escomptons une cinquantaine de nouveaux clients. Nous comptons sur le démarrage d’une vingtaine d’unités industrielles.

Avez-vous une estimation du montant des investissements prévus par vos clients cette année ?

Nous comptons sur 200 millions d’euros environ. Cela nous permettra d’accélérer la valorisation des parcs et le démarrage des activités prévues par ces opérateurs.

N'avez-vous pas eu besoin de faire évoluer vos infrastructures en fonction de la demande ?

Sur ce volet, il fallait effectivement doter nos parcs de tous les pré-requis de la compétitivité. Sur Atlantic Free Zone, un parc industriel dédié à l’automobile ayant le statut de zone franche d’exportation dans la région de Kenitra, nous avions à fournir l’énergie nécessaire aux entreprises opérant dans des activités structurantes de la chaîne de valeur automobile.

Qu'avez-vous fait concrètement ?

Nous avons augmenté la capacité de fourniture électrique, de 8 à 40 mégavoltampères (MVA). De même, pour Midparc, la capacité électrique a été augmentée de 8 à 20 MVA, avec possibilité d’extension à 40 MVA. En termes d'infrastructure, nous avons le projet de dédoublement de la RN4 qui passe à proximité d’Atlantic Free Zone. Ce projet devrait être finalisé à horizon 2016 avec un branchement direct sur le réseau autoroutier par l’échangeur Kénitra nord.

A quel moment envisagez-vous de réaliser des extensions ?

Dès que l’offre proposée atteint son seuil de saturation. C’était par exemple le cas, en 2014, pour le parc de Jorf Lasfar. MedZ a ainsi lancé une deuxième phase, qui porte sur une surface de 100 hectares additionnels qui se sont rajoutés aux 200 hectares de la première phase. La date prévue pour la remise des titres fonciers aux industriels sur Jorf Lasfar est fixée à la fin du 1er trimestre 2015.

Le volet humain a-t-il été programmé pour suivre les infrastructures ?

C'est l'autre orientation majeure pour les prochaines années. Nous envisageons une plus forte intégration de la formation au niveau de nos parcs. Nous avons tenu plusieurs réunions avec l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail, (OFPPT). Son implantation est prévue dès cette année sur le Parc de Jorf Lasfar ainsi que sur l’Agropole de Berkane. A Jorf Lasfar, l'Office s'occupera des formations liées à la chimie, parachimie et aux industries mécaniques et métallurgiques. A l’Agropole de Berkane, ce sera essentiellement de l’agro-industrie et l’industrie support liée au développement de l’agriculture.

Avez-vous pensé à inclure des opérations améliorant le climat des affaires ?

Des guichets uniques au niveau du parc de Jorf Lasfar et celui d’Agropolis sont prévus. Ils regrouperont les services-clés de l’Etat (CRI, ANAPEC…) et viseront à faciliter les démarches administratives.

Dans quelles mesures le marché sub-saharien peut-il vous intéresser ?

Nous avons signé des mémorandums avec la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Mali. Il s'agit d'apporter notre appui et notre expérience pour la mise en œuvre de zones d'activités.

Propos recueillis par Nasser Djama

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