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L'Usine Maroc

Zone franche Midparc de Casablanca : une première implantation signée avec l’américain Eaton

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Le groupe industriel Eaton a signé sur le salon du Bourget un mémorandum pour s’installer sur la future zone franche d’exportation de Casablanca. Il va y transférer son usine marocaine et prévoit au moins 4 millions de dollars d'investissements et 100 emplois supplémentaires d'ici fin 2014. Certaines productions réalisées en Chine pourraient y être relocalisées.

Zone franche Midparc de Casablanca : une première implantation signée avec l’américain Eaton
Signature du MOU entre Eaton et MidParc au Bourget

Si l’on excepte la future usine de Bombardier, c’est le tout premier projet d’implantation signé pour la future zone franche d’exportation Midparc située près de l’aéroport de Casablanca à Nouaceur. Et c’est sur le stand du Gimas (Groupement des industries marocaines aéronautique et spatiales) dans le hall 2 du salon du Bourget que le groupe américain Eaton mardi 18 juin a confirmé cette arrivée.

Ce projet a fait l’objet de la signature d’un MOU (memorandum of understanding) entre Frank C. Campbell, directeur Europe et Afrique d'Eaton electrical sector et Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de la société Midparc, par ailleurs président du Gimas, en présence d’Abdelkader Amara, ministre de l’industrie du Maroc.

Eaton est un géant de l’industrie qui réalise 16 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Pour lui cette opération est en fait un transfert. Le groupe est, en effet, installé dans une usine à Berrechid près de Casablanca, mais celle-ci devenait trop étroite au vu de sa croissance. Eaton qui y fabrique pour l'essentiel des systèmes d’alimentation électrique pour les télécoms ou l’informatique (data centers) pour l’exportation va donc transférer cette activité sur Midparc. Et aussi en profiter pour s’étendre sur 3 500 m².

"L’idée est de faire de cette base, un 'campus' pour nos activités au Maroc qui doivent croître dans les années à venir", indique à L'Usine Nouvelle, Frank C. Campbell, directeur Europe MENA de la division électrique d'Eaton. Ce groupe est installé commercialement dans toute l'Afrique du nord et dispose d'un site en Tunisie. Il est spécialisé dans la distribution et le contrôle de l'alimentation électrique, mais aussi l'hydraulique, la gestion du carburants pour l'aérospatiale, les systèmes de transmission pour l'automobile. Eaton a racheté le groupe Cooper en 2011.

L’usine marocaine d'Eaton à Berrechid emploie environ 200 personnes mais cet effectif doit passer à 300 d’ici à la fin 2014 au vu de la progression d’activité. L’investissement s’élèvera, lui, à "au moins" 4 millions de dollars. Eaton réalise environ 30 millions de dollars de facturations au Maroc, sa production est expédiée via deux camions par semaine sur un hub logistique à Lyon.

Sur le marché intérieur du Maroc, Eaton a une position commerciale plutôt faible face à des concurrents implantés de longue date comme ABB, Legrand, Siemens ou surtout Schneider Electric mais compte sur cet investissement pour y renforcer ses positions par exemple sur le marché des data centers ou des énergies renouvelables.

"Nous sommes un groupe diversifié. Il y a des quantités de produits, y compris de notre division aéronautique que nous pouvons imaginer fabriquer au Maroc. Eaton y est présent depuis 2008. Pour nous c’est une base de production compétitive. Il est envisagé que nous rapatriions au Maroc certaines lignes de produits fabriquées en Chine. La question n’est pas tant celle du coût, que la proximité avec nos clients sur la zone Europe-Afrique", indique Cyril Brisson vice-president Power quality de Eaton electrical sector.

Imaginé dans le cadre du plan Émergence industrielle avec un ensemble de plate-formes industrielles intégrées (P2I), Midparc doit s’étendre à terme sur 125 hectares, avec une tranche initiale de 63 hectares pour un investissement global d'environ 70 millions d'euros.

L’inauguration officielle est prévue fin septembre à l'occasion d'une convention aéronautique a confirmé à L’Usine Nouvelle, Hamid Benbrahim El Andaloussi. Pour lui "ce projet qui succède à celui de Bombardier, le Maroc confirme la compétitivité de la plate-forme de production marocaine".

Le parc est entré en phase active de commercialisation avec l'arrivée récente d'un directeur général, Mohamed Hassani, ancien directeur marketing de TangerMed.

"Le concept est de proposer aux industriels de la surface bâtie selon un schéma standardisé de bâtiments que nous avons développé", indique à L'Usine Nouvelle, Mohamed Hassani. La construction des premiers bâtiments va débuter bientôt. Il y aura aussi notamment des bâtiments tampons si des entreprises veulent démarrer de suite leur production. La cible ? "Ce sont les PME qui sont en quête de solutions simples en terme d’infrastructure pour bénéficier d'une base de production au Maroc en zone franche".

Pour l’instant, le navire amiral de Midparc est la future usine de Bombardier sur 7 ha qui doit ouvrir en 2014 et sur laquelle le canadien promet 200 millions de dollars d'investissement et 850 emplois d'ici à 7 ans.

La vocation première du parc est en effet l'industrie aéronautique, secteur pour lequel Casablanca est le principal pôle au Maroc. Sur la zone industrielle Aeropole proche de Midparc (mais non zone franche) sont notamment installés les usines Aircelle (Safran), Lisi aéro ou Ratier Figeac. Et juste en face de Midparc se trouve l'Institut des métiers de l'aéronautique ouvert en 2011 qui dispense des formations professionalisantes de moins d'un an.

Quant à la suite, après les projets d'Eaton et Bombardier, Midparc est en discussion avec un nouvel industriel de taille. Sur le plan du parc, une place lui est même déjà réservée...

Pierre-Olivier Rouaud

L'ex-patron de Safran et Alcen actionnaires de Midparc
L’aménageur de Midparc, porteur des infrastructures via la société Midparc Investment, est MedZ, filiale du groupe public Caisse de dépôt et de gestion (CDG) qui pilote au Maroc de nombreuses opérations de ce type. La commercialisation et la gestion du parc sont assurées par la société Midparc. À son capital, on trouve MedZ pour 35% environ mais aussi des opérateurs français. Le groupe français Alcen, contrôlé par l'homme d'affaires Pierre Prieux (présent au Maroc via sa filiale d'électronique Tronico Atlas) détient lui aussi 35%. Par ailleurs, Jean-Paul Béchat, ex-patron de Safran, groupe très présent au Maroc détient à titre personnel 16% de Midparc, dont il est administrateur. Le président de Midparc est Hamid Benbrahim el Andaloussi, président du GIMAS et par ailleurs délégué général du groupe Safran au Maroc. Midparc est une zone franche d’exportation. Les entreprises y bénéficient, à l’export uniquement, d’une exemption d’impôts sur les sociétés pendant 5 ans, puis ensuite d’un taux réduit à 8,75%, et d’une exonération de TVA. Et aussi d'un libre rapatriement des bénéfices. Les activités réalisées sur le marché marocain sont, elles, soumises à la fiscalité de droit commun.

 

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