YVELINESUN PÉAGE HIGH TECH À VISAGE HUMAINSaint-Arnoult-en-Yvelines, la barrière de péage au plus fort débit d'Europe, fait peau neuve. 160millions de francs ont permis le "lifting" complet des installations, aussi bien architecturales que technologiques.

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YVELINES

UN PÉAGE HIGH TECH À VISAGE HUMAIN

Saint-Arnoult-en-Yvelines, la barrière de péage au plus fort débit d'Europe, fait peau neuve. 160millions de francs ont permis le "lifting" complet des installations, aussi bien architecturales que technologiques.



Cofiroute (3,26milliards de francs de chiffre d'affaires en 1993, 1700personnes) gère 743kilomètres d'autoroutes dans l'ouest de la France, soit 15% du réseau national concédé. Fin 1994, cet exploitant d'autoroutes a inauguré la nouvelle barrière de péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines, à 50kilomètres de Paris. Un investissement de 160millions de francs, à la sortie des autoroutes de Nantes, Rennes, Bordeaux et Clermont-Ferrand. Toutefois,il faut être entré dans la tour de contrôle, avoir parcouru les couloirs souterrains qui passent sous les voies routières, avoir vu sur les écrans de surveillance la chambre forte, où l'argent arrive régulièrement par voie pneumatique, et regardé les receveurs vérifier leurs comptes, pour comprendre à quel point la "barrière" a une vie propre. A l'image d'un aéroport international, elle vit au rythme des mouvements incessants de véhicules et de ses quelques règles: sécurité, service client et efficacité. Une nouvelle culture de la route inculquée par Germain Pochic, responsable du péage du secteur d'Ablis (Saint-Arnoult et trois barrières de sortie). Les innovations technologiques dont la barrière bénéficie répondent à deux objectifs précis. L'augmentation des débits arrive en priorité. Sur les trente-six voies existantes, huit voies mixtes peuvent servir en entrée ou sortie, et neuf autres sont dites "en tandem". Ce système consiste à installer deux cabines de péage sur la même voie, l'ensemble du trafic étant géré par le receveur de la première cabine."Nous pouvons mettre deux véhicules en attente sur la deuxième cabine pendant que, au même moment, un troisième véhicule paie à la première cabine." De quoi gagner 50% en capacité de passages. Résultat: la barrière peut traiter 7500véhicules à l'heure au plus haut de sa capacité. La prouesse n'est pas simplement technique: "Il y a un an, du fait des bouchons aux péages, les gens s'échappaient de l'autoroute à Ablis ou à Allainville. Ce qui, pour nous, représentait une perte de revenus non négligeable", souligne Germain Pochic. Deuxième objectif visé: la sécurité et la facilité du travail des receveurs. Au nombre de 180 à 240, suivant la période. Aujourd'hui, si environ 30% des automobilistes règlent leur passage par carte bancaire, les autres paient par chèque ou en espèces. Pour ces derniers, le receveur en fin de service totalise ses recettes et les compare aux comptes effectués en parallèle par les PC de la salle de contrôle. "Nous gérons un tiers du trafic de Cofiroute et sommes les premiers en qualité", annonce Germain Pochic. Sa recette? "Nos receveurs sont formés pendant six jours dans un centre de formation, et nous essayons par tous les moyens de les fidéliser." Résultat: un taux d'erreur inférieur à 2 pour10000! Cofiroute a réussi à baisser ses coûts d'exploitation. Saint-Arnoult représente en effet un investissement de 25% moins élevé que la moyenne actuelle des prix ramenée au véhicule traité.Andrée MULLER



Un passionné de gestion et d'informatique

Germain Pochic, responsable d'exploitation

Autodidacte, Germain Pochic, 42ans, dirige depuis trois ans les quatre barrières de péage du secteur d'Ablis , dont Saint-Arnoult est la plus importante. Passionné par la gestion et l'informatique, il donne néanmoins la priorité aux rapports humains. "Nous nous engageons vis-à-vis des receveurs vacataires à leur fournir sur l'année une activité normale d'environ mille huit cents heures", explique-t-il.Germain Pochic a commencé par travailler dix-sept ans chez Michelin: "J'y ai appris beaucoup sur la gestion d'un service et des hommes." Il passe ensuite deux ans chez Scott Paper, à Orléans, où, cette fois, il assimile les méthodes américaines de gestion. Aussi, lorsque, en 1992, il entre chez Cofiroute, il met en oeuvre cette gestion par objectifs née du management à l'américaine...



La "barrière" en chiffres

Investissement : 160millions de francs, dont 100millions pour la barrière et le bâtiment de péage et 60millions pour la plate-forme.

Equipement : Chaque cabine est équipée d'un micro-ordinateur486 (Compaq) relié aux micro-ordinateurs (munis de Pentium) dela salle de contrôle. Ces derniers sont eux-mêmes gérés par deux Vax, reliés à leur tour par messagerie au système informatique central parisien de Cofiroute. Un système pneumatique relie toutes les cabines des receveurs à la salle de contrôle et à la chambre forte, où sont stockées les recettes.

Effectifs : 180 à 240receveurs, suivant la période. Ces effectifs se décomposent en permanents (une quarantaine), vacataires (sans service fixe), étudiants (embauchés à l'année, mais travaillant les vacances et les week-ends) et enfin saisonniers (en CDD).

Débit : En moyenne, 6500véhicules par jour. Mais la barrière peut traiter jusqu'à 7500véhicules à l'heure. C'est le plus fort débit d'Europe!

USINE NOUVELLE N°2487

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