YSL et Gucci ne croient plus à une médiation avec Alibaba

SHANGHAI/NEW YORK (Reuters) - Les marques du groupe Kering qui poursuivent le géant chinois de la vente en ligne Alibaba devant la justice américaine ont demandé au juge d'être dispensées de la médiation obligatoire, estimant cette procédure vaine après des propos de Jack Ma écartant toute possibilité d'accord.

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Gucci, Yves Saint Laurent et d'autres marques du groupe de luxe français ont porté plainte à New York en mai, accusant Alibaba d'offrir une vitrine à la contrefaçon et d'avoir sciemment rendu possible la commercialisation de produits contrefaits.

Dans un contribution publiée sur son site en fin de semaine dernière, le magazine Forbes rapporte des propos du fondateur et directeur général d'Alibaba Jack Ma indiquant qu'un compromis est impossible. "Je préférerais perdre le procès, perdre de l'argent (...) mais en gagnant dignité et respect", a indiqué Jack Ma d'après Forbes.

Dans une lettre adressée au juge du tribunal fédéral de Manhattan chargé du dossier dont Reuters a eu connaissance, l'avocat principal indique que les plaignants ont été "profondément troublés" par ces propos, d'autant plus que la demande de médiation a été lancée à l'initiative d'Alibaba.

"Cela donne l'impression (...) que la demande de médiation d'Alibaba n'était pas de bonne foi mais plutôt une tactique pour retarder cette affaire (...) avec une médiation onéreuse et chronophage", peut-on lire dans ce document.

Selon ce courrier, les marques concernées n'écartent pas l'éventualité d'une médiation à l'avenir mais à l'heure actuelle cette procédure leur semble vaine.

Un porte-parole du groupe chinois a précisé que Jack Ma avait tenu ces propos avant que Kering accepte sa proposition de médiation.

"S'ils veulent revenir à une procédure de contentieux, au lieu de la médiation, nous défendrons énergiquement nos droits et notre réputation", a-t-il indiqué dans un courriel adressé à Reuters.

Régulièrement accusé de favoriser la contrefaçon, Alibaba assure oeuvrer constamment à améliorer la surveillance de ses sites mais les résultats tardent à se manifester.

Dans sa réponse lundi à la demande de Kering, le juge Kevin Castle a plaidé pour la médiation, qui n'a pas encore commencé.

(John Ruwitch à Shanghai, Jonathan Stempel et Nate Raymond à New York; Myriam Rivet pour le service français, édité par)

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