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L'Usine Agro

Ynsect lève 5,5 millions d’euros pour tester sa raffinerie d’insectes

Arnaud Dumas , , , ,

Publié le

L’arrivée de New Protein Capital, un fonds basé à Singapour, permet à Ynsect d’accélérer son développement. La start-up va pouvoir construire son démonstrateur de production grandeur nature dès 2015.

Ynsect lève 5,5 millions d’euros pour tester sa raffinerie d’insectes

Sa précédente levée de fonds, de 1,8 million d’euros, ne date que de février 2014. Mais la société Ynsect a besoin d’accélérer son développement. Elle vient de lever 5,5 millions d’euros auprès des deux fonds actionnaires, Demeter Partners et Emertec Gestion, auxquels s’est ajouté New Protein Capital, un fonds basé à Singapour.

La jeune société, créée en 2011 à Evry (Essonne), développe une technologie d’élevage automatisé d’insectes, puis d’extraction de molécules (protéine, chitine, huiles) pour la nutrition et la chimie verte. Après avoir analysé plusieurs espèces d’insectes, la start-up a décidé de se concentrer sur le ténébrion meunier (tenebrio molitor), un petit scarabée présentant les meilleurs caractéristiques en termes de consommation de biomasse et de rendement.

La première levée de fonds a permis d’internaliser une bonne partie de la R&D, jusque-là réalisée principalement en partenariat avec des laboratoires publics. Un pilote de production a été mis au point par Ynsect dans les locaux du Génopole d’Evry, capable de produire jusqu’à 10 tonnes d’insectes par an, pour tester sa technologie. Aujourd’hui, Ynsect doit passer l’étape supérieure et se lancer dans la construction d’un démonstrateur d’usine capable de prouver l’efficacité des procédés d’élevage et de raffinage des insectes.

Un démonstrateur pour 2015

"La construction d’une unité de démonstration est prévue pour 2015, explique Antoine Hubert, le président d’Ynsect. Ce sera la dernière étape avant la commercialisation." La capacité de production du démonstrateur, qui devrait se situer en France, reste encore confidentielle mais devrait au moins multiplier par dix la production du pilote.

Les premiers marchés que la start-up devrait cibler seront sans doute ceux de la nourriture animale et de l’aquaculture. "Ces secteurs sont en recherche d’une alternative de qualité aux protéines animales, explique Antoine Hubert. Notre technologie permet de les adresser plus vite que d’autres technologies, comme les fermenteurs."

L’argument convaincant

La technologie d’Ynsect a déjà été remarquée au niveau international. La start-up a remporté une dizaine de prix depuis sa création, dont deux en 2014 : le concours Innovation 2030, lancé par la commission présidée par Anne Lauvergeon, et le prix du public du Cleantech Open Global Forum 2014 à San Francisco.

Ynsect veut cependant aussi développer le secteur des molécules à haute valeur ajoutée. Les molécules tirées des insectes pourraient ainsi se retrouver dans des biomatériaux nanostructurés, dans de la cosmétique ou encore dans des produits de nutrition humaine et animale.

Pas encore de chiffre d’affaires

Pour l’heure, Ynsect ne réalise pas encore de chiffre d’affaires. Les premières rentrées d’argent devraient arriver lorsque le démonstrateur sera sorti de terre et que des clients pourront commencer à le tester. A terme, la start-up envisage toute sorte de forme d’industrialisation de son process : soit en propre, avec ses propres installation, soit en joint-venture avec un autre industriel, soit sous forme de licence.

Un modèle économique qui a su séduire les fonds d’investissement. Dont New Protein Capital, le fonds basé à Singapour et spécialisé dans les technologies alternatives à la production de protéines animales traditionnelles. Le fonds asiatique, dirigé par Matthieu Vermersch, un français, a spontanément contacté la start-up.

"Nous savions que nous aurions à lever de nouveau des fonds, mais pas aussi rapidement, s’étonne encore Antoine Hubert. C’est une opportunité qui s’est présentée avec la rencontre de Matthieu Vermersch."

Selon Stéphane Villecroze, le directeur général de Demeter Partners, le fonds d’investissement spécialisé dans les greentechs, l’arrivée du fonds asiatique était plutôt une bonne nouvelle. "Ça nous rassure, confie-t-il. Ils apportent de l’intelligence par leur connaissance de ce secteur, et une vision internationale."

Cela a néanmoins poussé les deux actionnaires initiaux à remettre au pot. "Nous ne voulions pas nous laisser diluer car nous pensons qu’ils ont du potentiel. Nous tenons à notre participation", indique Stéphane Villecroze, le directeur général de Demeter Partners, le fonds d’investissement spécialisé dans les greentechs.

Arnaud Dumas

Ynsect en chiffres


Chiffre d’affaires : pas encore réalisé

Effectif : 20 personnes

Montant de la levée de fonds : 5,5 millions d’euros

Investisseurs : Demeter Partners, Emertec Gestion, New Protein Capital

Secteur : agroalimentaire

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