YELLOW CONNECTIONLa télémaintenance pour les machines-outils

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YELLOW CONNECTION

La télémaintenance pour les machines-outils



Aux industriels qui considéreraient encore Internet comme un gadget, Yellow Connection apporte un démenti catégorique. Grâce au Web, cette PME alsacienne introduit dans la machine-outil un concept largement ignoré : la télémaintenance. " Bizarrement, jusqu'ici, il n'existait presque pas de solution permettant de dépanner à distance les programmes des machines-outils à commande numérique ", explique Eric Lesage, P-DG de Yellow Connection. Cette lacune est aujourd'hui comblée par le logiciel Submarine. Avec lui, les techniciens de maintenance des constructeurs de machines (ou des fabricants de commandes numériques) accèdent désormais directement, via Internet, aux logiciels en panne de leurs clients afin de les modifier. A la clé, un gain de temps considérable pour tout le monde. L'industriel voit sa machine redémarrer plus rapidement, et peut recommencer à produire. Le service après-vente du constructeur limite les déplacements des techniciens. Submarine sera présenté pour la première fois ce mois-ci à la grande exposition de la machine-outil, à Hanovre. Yellow Connection a été fondée il y a un an, à Mulhouse, par Eric Lesage, déjà créateur d'une entreprise d'imprimerie. Un domaine où, précise-t-il, " le dialogue à distance avec les machines est déjà une réalité ". D'autre part, le dirigeant de l'entreprise avait pu constater, au contact des fabricants de machines-outils qu'ils se plaignaient du coût de leur service après-vente. Souvent, une simple petite erreur de programmation nécessite l'envoi d'un technicien sur place. Pour le dirigeant de Yellow Connection, l'arrivée d'Internet est le déclic. Dans le réseau mondial, standard et accessible partout, il voit le support idéal pour créer un système efficace de télémaintenance. Il ne restait plus qu'à développer le logiciel " ad hoc ". Apparemment, ce ne fut pas tout à fait une partie de plaisir Faire communiquer les commandes numériques avec le réseau n'avait rien d'évident. Et quand les développeurs enthousiastes de Submarine constatèrent que le simple mot d'Internet effrayait certains constructeurs de machines et leurs clients, ils furent près de renoncer à utiliser le réseau mondial. Ils ont tenu bon et y ont mis les moyens : le projet a coûté 4,7 millions de francs. Yellow Connection compte aujourd'hui une dizaine d'ingénieurs. Entre-temps, Internet a largement fait son chemin dans les esprits Les créateurs de Submarine ont simplifié au maximum la tâche des opérateurs de machines-outils. L'industriel utilisateur n'a pas besoin de prendre un abonnement Internet, et un simple bouton, placé sur le panneau de la commande numérique, permet de lancer la connexion au réseau. La commande numérique est alors connectée au serveur de Yellow Connection. A l'autre bout, le technicien du service après-vente se connecte à son tour au serveur pour accéder directement, en donnant un code d'accès, aux paramètres et aux programmes de la commande numérique de son client. Le produit a été développé en s'appuyant sur des enquêtes menées auprès d'un large panel de constructeurs de machines. Enquêtes qui ont aussi permis de déterminer une gamme de prix " acceptable " par le marché pour ce nouveau service. " Notre objectif est d'être rapidement très présent afin de couper l'herbe sous le pied à nos éventuels concurrents ", affirme Eric Lesage. Les créateurs de Submarine comptent en vendre 2 000 exemplaires, en Europe d'ici à la fin de 1998.



L'enjeu

Lancer un système inédit de télémaintenance des machines-outils à commande numérique qui accroît l'efficacité et réduit le coût des services après-vente.

Le défi

Savoir connecter au réseau Internet les commandes numériques des différents constructeurs de machines.

Les moyens

Le développement du produit a coûté 4,7 millions de francs, dont 1,2 million financé par l'Anvar.

USINE NOUVELLE N°2607

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