Xstrata lance le projet Koniambo

L'entreprise minière suisse donne le feu vert au développement du site nickélifère situé dans le nord de la Nouvelle-Calédonie.

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Xstrata lance le projet Koniambo
Actuel numéro quatre mondial du nickel - derrière CVRD, Norilsk et BHP Billiton - l'entreprise minière basée en Suisse a finalement décidé de lancer le développement de ce qui est, d'après elle, le plus intéressant gisement non encore exploité de latérite dans le monde. Situé dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, le gisement détient 62,5 millions de tonnes (Mt) de saprolite, ce qui devrait assurer une production annuelle de 60 000 tonnes de métal contenu sous forme de ferronickel pendant au moins 25 ans. Selon Xstrata, qui a hérité du projet en rachetant le canadien Falconbridge, l'extraction pourrait même être prolongée pendant une cinquantaine d'années car l'extension du site contiendrait 400 Mt de minerai, soit 7,6 Mt de métal.

L'exploitation du gisement et la transformation du minerai seront conduits par un joint-venture, Koniambo Nickel, contrôlé à 49% par Xstrata et à 51% par son partenaire, la Société Minière du Sud Pacifique (SMSP) représentant les intérêts locaux. C'est le zougois qui dirigera le projet et qui réalisera au nom du joint-venture ses opérations. Le projet recevra un investissement global de 3,8 milliards de dollars, assurés en majeure partie, au moins 80% selon Dow Jones, par Xstrata, qui en retour encaissera une part proportionnelle du cash-flow généré par Koniambo pendant 25 ans. La SMSP n'a l'intention d'investir que 500 millions de dollars dans le projet, a précisé le directeur général de Xstrata Nickel, Ian Pearce, à l'agence. Xstrata assurera ce financement grâce à ses réserves internes en liquidités et par le fort flux de cash-flow généré par les opérations du groupe, a-t-il précisé dans un communiqué.


Selon ses protagonistes, Koniambo devrait s'inscrire parmi les producteurs de nickel au coût de production les plus bas, un avantage auquel pourrait s'ajouter un possible agrandissement du site. Le premier minerai extrait devrait être traité d'ici au premier semestre 2011 avec une montée en capacité prévue pour 2013. Le nickel sera produit en utilisant la technologie pyrométallurgique développée par le suisse. Outre l'usine de traitement du minerai, le site comprendra également une centrale électrique de 350 mégawatts, un port dont la construction doit démarrer en fin d'année et une usine de désalinisation pour la production d'eau potable et destinée aux processus industriels.

Ian Pearce, s'est félicité de ce projet reposant « sur le plus beau gisement de nickel non développé du monde », qui a reçu « un fort appui des autorité néo-calédoniennes et françaises et des communautés locales ». Ce projet devrait être réalisé dans les délais et dans le budget, a insisté Pearce. De son côté, le directeur général du groupe soulignait que « notre décision de développer les ressources de Koniambo sont un pas important dans la transformation de notre portefeuille et dans le développement de nos projets, qui doivent produire une croissance annuelle de 12% sur les cinq prochaines années ». Ce projet est le premier développement majeur annoncé par Xstrata depuis qu'en Août il avait annoncé son intention de se consacrer à sa croissance organique après un développement rapide appuyé sur d'importantes acquisitions.

Malgré une année consacrée à l'étude du projet et à une tentative d'en limiter les coûts, le budget de Koniambo sera tout de même passé de 3 à 3,8 milliards de dollars. Pour les analystes de Merrill Lynch, qui restent neutres sur le titre, cette augmentation a provoqué une certaine déception du marché. Une augmentation qu'ont subi les autres projets majeurs du secteur à l'exemple de celui de Ravensthorpe, dans lequel BHP Billiton devra investir 70% de plus qu'estimé initialement. Toutefois, selon la Société Générale, le coût supérieur du projet est compensé par un coût de production prévu inférieur aux attentes. Pour rentabiliser son projet, Xstrata table en effet sur un cour moyen à long terme de la livre de nickel de 4,60 dollars particulièrement prudent en regard d'une moyenne de 6,60 dollars établi par le consensus des analystes interrogés par Reuters.


Daniel Krajka

Source : Koniambo

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