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Xiaomi se libère de Qualcomm et MediaTek en créant sa propre puce mobile

Ridha Loukil , , ,

Publié le

A l’instar d’Apple, Samsung ou Huawei, le dragon chinois de mobiles Xiaomi vient de créer sa première puce destinée à motoriser son nouveau smartphone Mi5c. Un développement qui pénalise ses deux fournisseurs traditionnels : l’américain Qualcomm et le taiwanais MediaTek.

Xiaomi se libère de Qualcomm et MediaTek en créant sa propre puce mobile
Surge S1, la première puce maison de Xiaomi
© Xiaomi

Xiaomi est absent cette année du Mobile World Congress, qui se tient à Barcelone du 27 février au 2 mars 2017. Mais la star chinoise des mobiles, qui a marqué le marché en 2014, a choisi de faire parler d’elle, non pas sur le terrain des smartphones, mais sur celui des puces. Elle a en effet créé son premier processeur d’application, le Surge S1, donnant le coup d’envoi à une démarche d’intégration verticale visant à maitriser le cœur technologique de ses smartphones.

Apple, pionnier

Apple a été le premier constructeur de mobiles au monde à internaliser en 2010 la conception des processeurs au cœur de son iPhone. Aujourd’hui, tous ses produits, à l’exception des Mac, sont motorisés par des puces maisons. Le géant californien a depuis fait des émules. Sa démarche a été reprise par Samsung Electronics, Huawei, LG Electronics et maintenant Xiaomi, mais seulement sur une partie de leurs terminaux. Et ZTE songe à en faire de même.

Basée sur 8 cœurs de processeur ARM, la puce Surge S1 se destine aux modèles de moyenne gamme. Il animera le mobile Mi5c, une nouvelle version du Mi5 que Xiaomi compte commercialiser en mars 2017. Il a été développé pendant deux ans et demi en partenariat avec le concepteur chinois de circuits intégrés Datang et la filiale chinoise de l’américain Qualcomm, numéro un mondial des puces mobiles. On ignore chez quel fondeur de semiconducteurs il est fabriqué et avec quelle technologie. Mais il y a des chances à ce qu’il soit produit chez le taiwanais TSMC en FinFET 16 nm, c’est-à-dire avec des transistors 3D et une gravure de 16 nanomètres. Le constructeur, dont le nom signifie "grain de riz", compte sur cette intégration verticale pour mieux réduire les coûts, maitriser la chaine logistique et innover en termes d’applications.

Des espoirs déçus

Après une croissance fulgurante de 227% de ses ventes de smartphones en 2014, qui l’a propulsé dans le Top 6 mondial et le Top 3 en Chine, Xiaomi a vu ses espoirs de monter sur la troisième marche du podium mondial s’évanouir chaque année un peu plus. De 72 millions de pièces en 2015, ses livraisons sont tombées à 55 millions en 2016, sa première baisse depuis sa création en 2010 par Lei Jun . Un volume qui reste toutefois suffisant, selon le cabinet TrendForce, pour justifier l’investissement dans la conception de puces maisons.

Pour Qualcomm et le taiwanais MediTek, les deux fournisseurs de puces mobiles de Xiaomi, cette intégration verticale est une mauvaise nouvelle. Elle va les priver d’une portion du marché et les contraindre à baisser leurs prix pour dissuader le constructeur chinois de pousser sa démarche jusqu’au bout. Cette tendance se ressent négativement dans le chiffre d'affaires en semiconducteurs de Qualcomm en chute de 17,4% en 2015 et de 4,5% en 2016 à 15,3 milliards de dollars, d'après les chiffres de Gartner. Et les perspectives s’annoncent particulièrement sombres. Selon le cabinet ABI Research, les fournisseurs de puces mobiles pourraient à terme se voir privés de la moitié du marché, contre 23% en 2015. Ils n'auraient alors qu'à pleurer.

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