Xavier Beulin, président du groupe Avril : "Nous voulons aider le Maroc à devenir producteur de semences"

Structurer l'activité agricole en filières au Maroc, tel est le crédo que Xavier Beulin président du groupe agro-industriel Avril (et de la FNSEA) promeut à l'envi. Un groupe qui a pris une importante participation dans l'huilier marocain Lesieur Cristal depuis cinq ans. Interrogé par L'Usine Nouvelle en marge de la visite de la délégation du Medef au Maroc les 10 et 11 mars, il revient sur ce concept qui lui tient à cœur et en situe les enjeux dans un pays où le Plan Maroc vert fait loi.

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Xavier Beulin, président du groupe Avril :
Xavier Beulin, président du groupe Avril

L'Usine Nouvelle : vous défendez l'idée d'organiser davantage l'agriculture marocaine en filières, notamment dans le domaine oléagineux autour de la société Lesieur Crital, détenue en partie par le groupe Avril que vous présidez, Pourquoi ?

Xavier Beulin : Je milite pour ce principe car c'est le moyen le plus efficace pour faire progresser encore l'agriculture marocaine. Nous avons par exemple pointé quelques points faibles notamment sur la production de semences. L'ONCA (l'Office national de conseil agricole NDR) développe au Maroc un certain nombre de réseaux de conseil dans les régions. Il nous faut identifier les besoins pour les agriculteurs. Il existe des productions traditionnelles où les besoins ne sont pas criants. Dans cette démarche, je pense plutôt aux productions un peu nouvelles au Maroc comme les oléagineux. Cela demande l'acquisition d'un savoir-faire. Voilà pourquoi le tryptique conseil-formation-développement est essentiel. C'est bien de filières dont il s'agit.

Pourquoi y a-t-il des difficultés à mettre en oeuvre ces concepts?

Parce qu'il faut que les choses aient le temps de se mettre en place, de se structurer. Il faut aussi mettre en place des accompagnements, sans doute financiers également.

Avez-vous un exemple concret ?

Si l'on veut améliorer la qualité de semences dans le but d'améliorer les rendements et les performances, il faut inciter les producteurs à acheter des semences certifiées. Il y a deux filières à ce niveau qui sont d'ailleurs complémentaires. Ou bien on importe des semences, notamment de France par exemple, c'est une première formule. L'autre voie que le groupe Avril souhaite développer au Maroc c'est de faire du royaume un producteur de semences qui vont en partie couvrir ses besoins. Il s'agit bien entendu en l'espèce de semences de qualité sur la base de contrats signés avec des sociétés semencières qui sont capables d'investir au Maroc. Le circuit à mettre en place doit passer par ce biais. Et à ce niveau, il existe en France un grand savoir-faire dont le Maroc peut profiter.

Le Maroc est-il prêt à suivre Lesieur Cristal dans cette démarche ?

Toutes les discussions que nous menons en ce moment avec les autorités vont dans ce sens. Notre objectif à nous est d'avoir une filière intégrée, même si le mot est encore ambigu et demande à être approfondi. Il faut en fait viser une filière complète.

Comment ?

Nous avons d'un côté une production de semences. Elle comprend des producteurs qui vont par exemple produire du tournesol ou du colza. Ces derniers rentrent dans un circuit industriel intégré pour fabriquer de l'huile, de la savonnerie etc. Nous aurons d'un autre côté un débouché qui va s'appeler un tourteau et qui est riche en protéines.

C'est-à-dire ?

Ce tourteau est intéressant pour le Maroc parce qu'il s'intègre dans la filière animale. Il s'adresse aux vaches laitières, poules pondeuses, volailles d'engraissement… C'est ce cycle que nous souhaitons renforcer parce qu'il existe tout simplement une complémentarité, une synergie entre le végétal et l'animal.

D'un côté, vous aurez des productions végétales qui rentrent dans un circuit alimentaire ou non alimentaire comme dans le cas de la savonnerie notamment. Dans un autre cas, vous avez en parallèle un circuit nouveau qui se met en place à travers une production de tourteau locale. Il va justement aider à une mise en relation par exemple avec des groupes qui font de l'abattage, de la découpe de volaille ou des entreprises laitières. Cela assure de facto une autonomie alimentaire en protéines avec la possibilité de développer ces filières. Le Maroc a les structures qu'il faut pour gérer un tel schéma. Mais il faut de la volonté en dehors des considérations financières,

Propos recueillis par Nasser Djama à Casablanca

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