Xavier Bertrand bat Marine le Pen dans le Nord-Pas de Calais-Picardie

L’ancien ministre du travail Xavier Bertrand , soutenu par Les Républicains, l’UDI et le Modem, a obtenu 57,70% des suffrages exprimés au second tour des élections régionales, face à Marine Le Pen qui atteint 42,30%. Le nouveau conseil régional va compter 116 élus de Droite et 54 élus du Front National, mais aucun de la gauche et des écologistes.

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Tous les sondages de la semaine dernière l’avaient annoncé, les électeurs du Nord-Pas de Calais et de Picardie l’ont confirmé : Xavier Bertrand, tête de liste LR-UDI et Modem est arrivé en tête avec 57,7% des suffrages exprimés. La candidate du Front national, Marine Le Pen, se maintient toutefois à plus de 40% avec 42,3% des suffrages. Ce résultat va dessiner un nouveau Conseil régional comptant 116 élus à la Droite et au Centre, et 54 du Front national. Grands absents : la gauche, le Front de gauche et les écologistes. Les socialistes vont pour la première fois depuis 1986 disparaitre totalement du Conseil Régional, suite au désistement au second tour, de leur tête de liste, Pierre de Saintignon

De nouvelles têtes

La victoire de Xavier Bertrand va concrétiser la montée de nouveaux élus : la sénatrice UDI, Valérie Létard, présidente de Valenciennes Métropole pourrait occuper le poste de première vice-présidente de l’exécutif. Elle avait dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy occupé les postes de secrétaire d’état aux technologies vertes, et précédemment à la Solidarité. Cette proche de Jean-Louis Borloo devrait retrouver l’ancien maire de Valenciennes : ce dernier pourrait en effet être chargé des relations internationales de la nouvelle région. Parmi les maires qui pourraient occuper des postes importants dans l’exécutif citons Natacha Bouchart (Calais), Brigitte Fourré (Amiens), Eric Woerth (Chantilly), ou encore, dans la métropole lilloise, Gérald Darmanin (Tourcoing), Marc-Philippe Daubresse (Lambersart) et Guillaume Delbar ( Roubaix).

La prise en main de la majorité du Conseil régional par la Droite et le Centre est toutefois à nuancer. Le Front national est passé, de 2010 à 2015, de 425 000 à un million de voix, dans la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Plus précisément, dans la plupart des villes où il était arrivé en tête au 1er tour, le Front National se maintient, voire progresse. C’est le cas dans la Somme à Le Crotoy (57%), et dans le Pas-de-Calais, dans les villes du bassin Minier, à Raismes (49,50%), Rouvroy, (57,62%), Mericourt (51,35%), Harnes (55,32%). Dans la ville minière de Loos-en-Gohelle, conduite par le maire écologiste et vice-président de l’ancien conseil régional du Nord-Pas de calais, le front National se maintient à 50,42%. A Tergnier, dans l’Aisne, le bastion des cheminots, le FN atteint les 47,5%. Il en est de même dans les villes qu’il gère, comme Henin Beaumont et Villers-Cotterets avec respectivement 60,3 % et 49,3%.

Le Medef du Nord regrette "l’absentéisme et la démobilisation des chefs d’entreprises"

Le monde économique régional, et en particulier celui des responsables de grandes entreprises, s’était très peu exprimé, malgré quelques exceptions. Ainsi, Sébastien Horemans, le président de la CGPME de Picardie, a été le seul responsable d’une structure patronale à se positionner contre le Front National. Le 10 décembre, soit seulement à quelques jours du second tour, 45 chefs d’entreprises, essentiellement jeunes et responsables de PME-PMI conduits par Karine Charbonnier, DG de Beck Industrie, s’étaient prononcés dans un manifeste. "Nous considérons qu’il est de notre devoir d’alerter les électeurs sur les risques économiques et sociaux d’un basculement de la région vers une présidence Front National (…) Nous sommes une région de tradition commerçante et industrielle, ouverte au monde, jeune. C’est sur ces valeurs, sur la formation et l’investissement que nous espérons contribuer à un redressement qui profite à tous", avaient-ils déclarés. Fidèle à son style direct, Frédéric Motte, le président du Medef du Nord, s’est félicité du résultat du second tour, tout en regrettant "l’absentéisme et la démobilisation des chefs d’entreprises". Le patron du Medef demande du nouvel exécutif de "concentrer toutes ses actions sur l’emploi, la formation et le développement économique, c’est l’urgence absolue".

Francis Dudzinski

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