WiMAX : un pot commun pour les brevets

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Cisco, Alcatel-Lucent, Intel, Samsung, Sprint et Clearwire ont annoncé lundi 9 juin le lancement de l'Open Patent Alliance (OPA), un groupement de brevets destiné à accélérer le déploiement de la technologie et des produits de communication sans fil WiMAX. L'OPA a pour but de créer « un modèle de protection de la propriété intellectuelle ouvert », afin de « libérer l'innovation » dans ce secteur.

Le WiMAX est une technologie de communication très haut débit sans fil, à base d'IP, censée prendre la relève du WiFi.

Le consortium met en avant plusieurs avantages au rassemblement des droits des brevets relatifs au standard WiMAX. Il permettra d'obtenir des licences « à des prix prévisibles », de prévenir les conflits liés à l'utilisation des brevets, de ne payer des droits que pour les fonctionnalités indispensables au développement des produits, de faciliter l'interopérabilité des produits, et jouera également un rôle de centralisation de l'information pour les fabricants de terminaux et de composants.

« Nous espérons que cela va accélérer le développement du WiMAX et son déploiement, déclare Alcatel, en aidant les start-up à innover et en simplifiant les procédures. »

Six à neuf investisseurs supplémentaires sont attendus afin de couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur, et chaque investisseur occupera un siège au conseil de direction de l'OPA.

Ce type de groupement est de plus en plus répandu dans l'industrie des nouvelles technologies, qui a déjà mis en place des équivalents pour la RFID et le LTE.

L'innovation et la gestion des brevets ne sont cependant pas les principaux obstacles au déploiement massif du WiMAX. Les questions de régulation, en particulier d'attribution de licences d'exploitation des fréquences utilisées par le WiMAX (2,5 et 3,5 Ghz), constituent un frein majeur. En France, par exemple, Free est le seul opérateur à détenir une licence nationale. Les autres licences ont des portées régionales. Aucune d'entre elles ne permet d'exploiter les bandes de fréquences qui permettraient de déployer du « WiMAX mobile ». Autrement dit, il n'y a pas de transition d'un point d'accès à un autre sans déconnexion. Une situation qui pour l'instant arrange bien les opérateurs mobiles, occupés à rentabiliser leurs investissements dans la 3G.

Dans le monde, les licences WiMAX couvrent actuellement 50 % de la population. D'ici 2012, le cabinet d'études Maravedis estime le marché mondial des équipements WiMAX à 15 milliards de dollars.

Raphaële Karayan

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