Wim Maes (Volvo France) : « Nous visons 10 % de part de marché sur le segment haut de gamme »

Le directeur général de Volvo Automobiles France revient sur les nouveautés présentées lors du Mondial, sur sa stratégie en France et sur l'avenir du secteur automobile européen.

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Wim Maes (Volvo France) : « Nous visons 10 % de part de marché sur le segment haut de gamme »

Comment abordez-vous ce Mondial de l'Automobile ?
Le salon est riche en nouveautés. Pour Volvo, il est clairement orienté vers les produits répondant aux contraintes environnementales. Le respect de l'environnement fait partie des valeurs clés de la marque depuis sa création en 1927, aux côtés de la sécurité, du confort et de la qualité. Avec la présentation de la nouvelle compacte C30 et du cross-over XC60, nous ajoutons à ces valeurs celle du design scandinave.

Quelles sont les autres nouveautés de Volvo ?
Nous présentons en avant-première mondiale de nouvelles versions diesel sous le label DRIVe, pour les C30, S40 et V50. Ces modèles ne dépassent pas 4,5 l/100 km. La C30 et la V50 émettent respectivement 115 et 118g/km de CO2, ce qui va nous placer dans notre segment parmi les véhicules les plus performants sur le plan environnemental.

En matière d'énergies alternatives, quelles technologies privilégiez-vous ?
Notre première réponse pour réduire les émissions de CO2, c'est la gamme DRIVe. Nous confirmons également notre programme hybride : la Volvo C30 ReCharge Concept est une hybride propulsée par quatre moteurs électriques, alimentés par un bloc de batteries rechargeables sur une prise électrique. Pour l'instant il s'agit d'un prototype, mais par le passé Volvo a toujours très vite lancé en production ses véhicules après la présentation du concept. Enfin, notre programme FlexiFuel compte cinq modèles de voitures fonctionnant au superéthanol E85. En Scandinavie, cette gamme représente 30 % des ventes de Volvo. Ce n'est pas le cas en France faute de circuit de distribution de l'éthanol. Nous croyons beaucoup aux biocarburants de deuxième génération, mais nous les envisageons comme un complément à d'autres sources d'énergie.

Quelle est la part de marché de Volvo en France ? Quelle est votre stratégie dans l'Hexagone ?
Volvo possède 0,7 % du marché total en France. Nous avons vendu 13.700 véhicules en 2007, ce qui représente une année record. Notre objectif est de dépasser 14.000 unités en 2008. Nous souhaitons atteindre 1 % de part de marché au global, et nous rapprocher de 10 % de part de marché sur le segment haut de gamme.

Pour cela, notre stratégie suit quatre axes. Premièrement, de nouveaux modèles et de nouvelles motorisations. Par exemple, nous allons entrer sur le segment des compactes. Deuxièmement, des offres commerciales compétitives : système d'aide à la conduite de série, crédit à 0 %, entretien gratuit dans le cadre d'offres d'assurance, etc. Troisièmement, des campagnes de TV et d'affichage destinées à augmenter l'attractivité de la marque. Depuis que nous faisons plus de télévision, c'est-à-dire début 2008, la notoriété a progressé de 10 points. En parallèle, nous investissons énormément dans le CRM, en ciblant les clients haut de gamme. Et enfin, l'accélération du développement du réseau. Fin 2008, nous aurons 125 points de vente - des concessionnaires uniquement -, soit 10 de plus qu'en 2007, et l'objectif est de 130 à 135 en 2009. Nous mettons par ailleurs en œuvre un plan de réaménagement de tous les showrooms d'ici à la fin 2009, destiné à mettre en avant le design scandinave.

Volvo a récemment annoncé plusieurs plans de suppressions de postes. Quelles sont les autres mesures destinées à lutter contre la conjoncture actuelle ?
Les raisons de ces difficultés résident dans le taux de change défavorable, et la hausse constante des matières premières. Jusqu'à présent, nous avions réussi à contrer ces évolutions grâce à des économies et une meilleure efficacité. Mais les ventes aux Etats-Unis, qui représentent 25 % de nos revenus, continuent à plonger. Il était devenu inévitable d'anticiper. Notre stratégie aux Etats-Unis consiste à concentrer nos efforts dans les grandes métropoles, et à diminuer le nombre de nos distributeurs pour accroître leur rentabilité.

La pérennité de votre site de production en Belgique est-elle menacée ?
Ce site reste très stratégique et compétitif. Il va notamment produire en exclusivité la XC60.

Volvo appartient au groupe Ford, en difficulté financière, qui s'est déjà séparé de Land Rover et Jaguar. Comment voyez-vous l'avenir de Volvo ?
Nous restons confiants dans notre capacité à contribuer positivement à la rentabilité du groupe.

Quelle est votre vision de l'avenir de l'industrie automobile européenne, à court terme ?
J'estime que les mutations vont continuer. La législation européenne va se durcir pour rendre les produits plus respectueux de l'environnement. La Russie va monter en puissance. C'était le 5ème marché pour nous en 2007, et si Volvo Russie progresse cette année au même rythme, ce sera notre 3ème marché en 2008. Nous sommes la première marque haut de gamme là-bas. Le marché professionnel reste dynamique. Je crois que le secteur automobile restera en croissance, car nous continuons à faire rêver les gens.

L'Europe va-t-elle mieux résister à la crise que les Etats-Unis ?
L'automobile, en Europe, est un marché de renouvellement. Il va profiter de la nouvelle législation européenne sur l'environnement.

Propos recueillis par Raphaële Karayan

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