Electronique

Western Digital éjecte SK Hynix du consortium pour le rachat des mémoires flash de Toshiba

Ridha Loukil , , , ,

Publié le

Le groupe américain de stockage de données Western Digital réussit à entrer au consortium retenu pour le rachat des mémoires flash NAND de Toshiba. Il éjecte par la même occasion le coréen SK Hynix, dont la participation était déjà mal vue par Tokyo.

Western Digital éjecte SK Hynix du consortium pour le rachat des mémoires flash de Toshiba
Usine de mémoires flash NAND de Toshiba et Western Digital à Yokkaichi au Japon
© Toshiba

Coup dur pour SK Hynix. Le deuxième fabricant américain de puces mémoires après Samsung Electronics ne prendra pas part au rachat des mémoires flash NAND de Toshiba. Il s’est fait éjecter par Western Digital qui le remplace au sein du consortium international retenu pour la transaction. C’est ce qui semble ressortir des négociations menées au début de la semaine au Japon entre Stephen Milligan, directeur général du géant américain de stockage des données, et Satoshi Tsunakawa, le patron du groupe nippon.

Bras de fer gagné par Western Digital

Selon les information recueillies par Reuters, le nouveau consortium, qui comprend aussi le fonds d’investissement américain KKR, le fonds souverain japonais INCJ et la banque publique nipponne DBJ, propose à Toshiba 1,9 trillion de yens, l’équivalent de 17,4 milliards de dollars, pour 95% de ses intérêts dans les mémoires flash NAND. Western Digital contribuerait pour 150 milliards de yens, l’équivalent d’environ 1,4 milliard de dollars. De quoi s’octroyer 7,5% du capital sans toutefois de droits de vote au conseil d’administration de Toshiba Memory Corporation, la nouvelle filiale qui regroupe les activités de Toshiba dans les mémoires flash NAND.

Rien n’est encore officiel. Mais si ce plan se confirme, il constituerait une grande victoire pour Western Digital. Depuis des mois, le groupe américain ne cesse de contester la procédure du vente des mémoires flash NAND de Toshiba, portant le contentieux jusqu’à devant les tribunaux. En tant que partenaire du groupe japonais dans le développement et la production de mémoires flash NAND depuis 2000, il réclame un droit de regard sur la vente des parts de Toshiba et des négociations exclusives pour leur rachat. Un bras de fer qu’il semble avoir gagné.

Opposition de Tokyo à SK Hynix

Western Digital, qui estime avoir investi 13 milliards de dollars dans la production commune de mémoires flash NAND avec Toshiba depuis 2000, refuse de se voir imposer un nouveau partenaire pas à son goût. Il voit tout particulièrement d’un mauvais œil l’arrivée comme nouveau partenaire d’un concurrent comme SK Hynix, davantage intéressé par l’accès aux technologies de Toshiba que par le développement de l’activité à racheter. Une position partagée par Tokyo qui ne cache pas son opposition à tout repreneur chinois, coréen ou taiwanais par crainte de voir les technologies de Toshiba, jugées stratégiques pour le Japon, filer à l’étranger.

Dos au mur, Toshiba est contraint de céder aux revendications de Western Digital. Ses créanciers le pressent de conclure la vente avant la fin de ce mois pour pouvoir finaliser la transaction avant le 31 mars 2018, date butoir pour trouver de l’argent frais et restaurer l’équilibre de son bilan financier sous peine d’être déclassé à la Bourse de Tokyo. Poursuivre le bras de fer avec Western Digital l’empêcherait de conclure la vente dans les délais. Sans compter le risque de voir la transaction bloquée par le gouvernement japonais à cause de la présence de SK Hynix.

Fin du rêve de grandeur de SK Hynix

Pour le malheureux coréen, c’est la fin du rêve de rattraper son retard dans les mémoires flash NAND. Selon TrendForce, il n’en est que cinquième fournisseur mondial avec 9,9% du marché au deuxième trimestre 2017, derrière Samsung Electronics (35,6%), Toshiba (17,5%), Western Digital (17,5%) et Micron Technology (12,9%). Et faute de taille critique, son activité dans ce domaine reste dans le rouge.

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