Welcome home manufacturing !

L'industrie opère un retour en force dans un pays qui cherche désespérément à relancer sa machine économique. Le "manufacturing", comme disent les Américains, est de retour et il s'est trouvé un héraut de choix en la personne du président des Etats-Unis.

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Welcome home manufacturing !

"Welcome home Manufacturing !", semble dire l'Amérique toute entière. Depuis quelques mois, l'industrie est reçue comme un enfant prodigue outre-Atlantique. Après avoir tourné le dos pendant des années à la mère patrie, ce secteur opère un retour en force dans un pays qui cherche désespérément à relancer sa machine économique. Le "manufacturing", comme disent les Américains, est de retour et il s'est trouvé un héraut de choix en la personne du président des Etats-Unis. Oubliés les temps où les services tenaient le haut du pavé, c'est désormais dans les usines ou les instituts technologiques que Barack Obama tient discours. Il ne se passe plus une semaine sans qu'ils mettent les pieds dans un atelier ou un centre R&D pour vanter les atouts du Made in USA.

Ce label, les industriels le regardent avec un œil neuf comme le montre une récente étude du Boston consulting group. Ce document affirme que les retours au pays se multiplient du côté des usines. Des industriels comme Caterpillar, General Electric ou encore NCR n'hésitent plus à faire leur mea-culpa en reconnaissant que produire en Chine, en Inde ou au Mexique est bien plus coûteux qu'il n'y parait sur le papier. Tournant le dos aux délocalisations, ils affirment, comme une profession de foi, qu'il est non seulement possible mais souhaitable d'être compétitif aux Etats-Unis. Certains produits récents en font même un argument de vente comme la nouvelle Chevrolet Cruz, du groupe General Motors, qui fait un tabac avec son slogan : Made in Lordstown (Ohio).
Ce revirement -ou plutôt ce début de revirement car les exemples ne sont quand même pas légions- n'est pas dû qu'à un effet marketing. Les industriels tirent aussi les leçons de leurs voyages initiatiques dans les pays low-cost. Ils ont pris conscience que le coût de la main d'œuvre n'était qu'une toute petite partie de la facture finale. La logistique, le réseau de fournisseurs, la qualité, le risque de pillage technologique, les difficultés à trouver des personnels d'encadrement de haut niveau et donc l'envoi récurrent d'expatriés... Tous ces coûts cachés rendent le périple nettement moins rentable.
Cette vague peut-elle se transformer en déferlante ? Sans doute pas. Mais quand même. Le "Made in USA" fait désormais partie intégrante du discours de certains industriels. Certains, comme General Electric, en font un critère pour tout nouveau projet de développement, aux côtés des classiques coût, qualité, délais. Désormais, ils doivent aussi développer des produits industrialisables au meilleur coût aux Etats-Unis. "Welcome home manufacturing !"

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