Washington contre un gel des saisies immobilières

WASHINGTON (Reuters) - L'administration Obama a rejeté mardi les appels de plus en plus nombreux en faveur d'un moratoire national sur les saisies immobilières, en expliquant qu'une telle mesure risquait de freiner la reprise déjà lente du marché immobilier.

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Robert Gibbs, le porte-parole de la Maison blanche, a laissé entendre que l'administration ne souhaitait pas s'engager dans une telle voie.

"Un moratoire plus large comporte toute une série de conséquences indésirables", a-t-il dit à la presse.

Un tel moratoire favoriserait certes les occupants de logements menacés de saisie, mais des experts du marché immobilier estiment qu'il se traduirait par des pertes pour les établissements de crédit, par un relèvement des taux des prêts et par l'augmentation des stocks de logements invendus, qui pèserait sur les prix.

Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, dont la réélection dans le Nevada lors des élections de mi-mandat du 2 novembre est loin d'être assurée, s'est joint à plusieurs autres élus démocrates pour appeler les principaux établissements de crédit immobilier du pays à suspendre les saisies dans l'ensemble des Etats-Unis.

Les procureurs généraux de 40 Etats, dont un bon nombre verront eux aussi leur mandat remis en jeu lors du scrutin, devraient annoncer mercredi l'ouverture d'une enquête conjointe sur les pratiques des banques en matière de saisies, certaines enseignes étant accusées d'utiliser des documents falsifiés pour expulser des emprunteurs de leur logement.

Le procureur général de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé dès mardi l'extension d'une enquête sur les saisies dans sa juridication. Il a notamment dénoncé le recours à des "machines à signer" les documents administratifs nécessaires pour obtenir une saisie.

Cette pratique constitue une "fraude devant nos tribunaux et une gifle au visage des New-Yorkais qui peinent à s'en sortir dans la situation économique actuelle", a-t-il déclaré.

Bank of America, le numéro un de la gestion de crédit immobiliers aux Etats-Unis, a suspendu vendredi les saisies dans les 50 Etats américains. D'autres banques ou établissements de crédit ont annoncé des mesures plus partielles.

Robert Gibbs a assuré que le gouvernement était résolu à s'attaquer à la racine du problème des saisies hâtives. "Nous voulons prendre les mesures justes et nécessaires pour faire en sorte que la procédure se poursuit légalement", a-t-il dit.

"Dans le même temps, nous ne voulons pas que le marché immobilier et la reprise de l'immobilier en pâtissent".

Les banques américaines devraient saisir au total 1,2 million de logements cette année, contre environ un million l'an dernier, selon le cabinet spécialisé RealtyTrac. Et les saisies ont représenté près d'un quart des ventes de logements aux Etats-Unis au deuxième trimestre.

Caren Bohan et Corbett B. Daly, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand pour le service français

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