Wall Street rassurée sur le commerce et l'économie

par Blandine Henault
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Wall Street rassurée sur le commerce et l'économie
La Bourse de New York a fini en hausse lundi. L'indice Dow Jones a gagné 0,3%, à 26.062,68 points. /Photo d'archives/REUTERS/Lucas Jackson

PARIS (Reuters) - La Bourse de New York a fini en hausse lundi, dynamisée par l'abandon du projet de relèvement des tarifs douaniers américains sur les produits en provenance du Mexique et l'annonce d'une méga-fusion dans le secteur industriel qui ont rassuré sur l'état de santé de l'économie américaine et mondiale.

L'indice Dow Jones a gagné 78,74 points, soit 0,3%, à 26.062,68 points, signant ainsi sa sixième séance consécutive dans le vert, sa plus longue séquence haussière depuis mai 2018.

Le S&P-500, plus large, a pris 13,39 points, soit 0,46%, à 2.886,73 points.

Les deux indices se situent à un plus haut d'un mois, après avoir connu la semaine dernière leur plus forte hausse hebdomadaire depuis la fin novembre. Le S&P 500 est désormais à seulement 2,3% de son pic historique touché début mai.

De son côté, le Nasdaq Composite a avancé de 81,06 points (+1,05%) à 7.823,16 points.

Les Etats-Unis et le Mexique ont présenté vendredi soir un accord par lequel Mexico s'engage à prendre des mesures "fortes" pour endiguer l'afflux à la frontière américaine de migrants d'Amérique centrale, en conséquence de quoi Washington a renoncé à taxer à 5% dès ce lundi tous les produits importés de son voisin du sud.

Cette annonce laisse espérer qu'un accord puisse également être conclu dans un autre dossier commercial plus épineux entre les Etats-Unis et la Chine. Pour l'heure, les négociations semblent au point mort entre les deux grandes puissances économiques mondiales et les investisseurs attendent une éventuelle rencontre entre Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping lors du sommet du G20 fin juin.

Le président américain a dit lundi qu'il était prêt à imposer une nouvelle salve de tarifs douaniers sur les importations chinoises si aucun accord n'était conclu avec le président chinois lors de ce sommet prévu les 28 et 29 juin à Osaka, au Japon.

Les opérateurs de marché ont aussi salué l'annonce du projet de rapprochement entre United Technologies et la division aéronautique de Raytheon pour créer un nouveau géant de l'aviation et de la défense, une opération à 121 milliards de dollars (105,5 milliards d'euros).

"Ce n'est pas seulement à propos du marché, c'est l'économie sous-jacente qui ne semble pas s'affaiblir si vous avez ces signes d'optimisme dans les affaires", observe Willie Delwiche, stratège chez Robert W. Baird.

VALEURS

Si le rapprochement entre United Technologies et Raytheon a été globalement salué, l'opération n'a pas particulièrement profité aux deux groupes en Bourse. En cause, l'inquiétude exprimée par Donald Trump qui a dit craindre qu'une telle fusion nuise à la concurrence.

L'action United Technologies a fini en baisse de 3,13% tandis que Raytheon n'a progressé que de 0,68%.

Egalement au chapitre des fusions et acquisitions, Salesforce.com a annoncé le rachat du spécialiste du "big data" Tableau Software pour 15,3 milliards de dollars. L'action Tableau a bondi de 33,74% alors que Salesforce a trébuché de 5,25%.

En tête des hausses sectorielles, le compartiment de la distribution a gagné 1,66% après l'accord commercial conclu entre les Etats-Unis et le Mexique. Macy's a notamment bondi de 6,02% et Amazon de 3,13%.

Les constructeurs automobiles General Motors et Ford, présents depuis longtemps au Mexique, ont gagné respectivement 1,46% et 0,51%. Le groupe de spiritueux Constellation Brands, propriétaire de la bière Corona, s'est adjugé 1,87%.

Tesla a bondi de 4,09%, prolongeant son rally après le plus bas de trois ans touché début juin, avant la tenue de l'assemblée générale de ses actionnaires mardi.

AMD a grimpé pour sa part de 2,53% alors que Microsoft a annoncé qu'il utiliserait les processeurs du spécialiste des semi-conducteurs pour sa prochaine Xbox.

Les secteurs les plus défensifs, comme l'immobilier (-0,3%) et les "utilities" (-0,6%) ont en revanche été délaissés.

LES INDICATEURS DU JOUR

Aucun indicateur majeur n'était à l'ordre du jour aux Etats-Unis.

LA SÉANCE EN EUROPE

Les Bourses européennes ont terminé en hausse modérée lundi, ayant profité elles aussi du regain d'appétit pour le risque favorisé par l'accord conclu entre les Etats-Unis et le Mexique.

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,34% à 5.382,50 points, ajoutant à sa progression de 3% la semaine dernière. Le Footsie britannique a gagné 0,59% et le FTMib italien 0,61%.

Les Bourses allemande et suisse sont restées fermées pour le lundi de Pentecôte.

A Londres, BAE Systems s'est adjugé 1,89% en réaction au projet de rapprochement entre United Technologies et Raytheon tandis que le secteur automobile (+0,67%) a été soutenu par des informations de Reuters selon lesquelles Renault (+2,59%) et Fiat Chrysler Automobiles (+1,73%) cherchent à relancer leur projet de fusion.

TAUX

Le mouvement haussier des Bourses s'est accompagné d'une nette remontée des rendements des emprunts d'Etat américains après leur forte baisse de la semaine dernière.

Le rendement du dix ans est ainsi revenu à 2,1484% après avoir touché vendredi un plus bas depuis septembre 2017, à 2,053%, après la parution d'un rapport mensuel sur l'emploi bien inférieur aux attentes qui a alimenté les anticipations d'une prochaine baisse de taux de la Réserve fédérale.

CHANGES

Parallèlement à la remontée des rendements des Treasuries, le dollar regagne 0,2% face à un panier de devises de référence, dont le yen (-0,25%) qui subit des prises de bénéfice après avoir profité la semaine dernière de son statut de valeur refuge.

Le billet vert profite aussi de la faiblesse de l'euro, qui retombe à 1,1317 après être monté la semaine dernière à un plus haut depuis mars à 1,1348 dollar.

La devise unique est pénalisée par des informations de Reuters selon lesquelles des responsables de la Banque centrale européenne (BCE) sont ouverts à la possibilité d'une baisse de taux si la croissance économique faiblit dans le courant de l'année et si l'impact de la vigueur de l'euro vient s'ajouter au choc des conflits commerciaux.

De son côté, la livre sterling reste pénalisée par les statistiques moroses parues lundi au Royaume-Uni en dépit des propos de Michael Saunders, membre du comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre (BoE) qui a dit que la banque centrale aurait probablement besoin de relever ses taux plus tôt qu'anticipé par les marchés financiers.

PÉTROLE

Les cours du brut ont nettement reculé lundi au terme d'une séance volatile, les investisseurs attendant notamment d'en savoir plus sur la poursuite ou non de l'accord de réduction de la production entre l'Opep et ses alliés.

Le brut léger américain a cédé plus de 1% à 53,34 dollars alors que le Brent de la mer du Nord abandonnait 1,5% pour retomber vers les 62 dollars.

Le ministre saoudien de l'Energie, Khalid el-Falih a indiqué que la Russie était le seul exportateur de pétrole à être toujours indécis sur la nécessité de prolonger l'accord de réduction de la production en vigueur depuis le début de l'année et qui doit expirer fin juin.

(avec Aparajita Saxena)

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