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Vrai problème japonais

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Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Un plan mené aussi vite qu'un raid de samouraïs. Moins de deux semaines après son investiture, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, 58 ans, a annoncé un méga-plan de relance de 90 milliards d'euros (2% du PIB), et même de 170 milliards avec le renfort des collectivités ! Ce plan déroule des soutiens à l'investissement, notamment pour reconstruire les zones frappées par le tsunami de 2011, des aides aux entreprises ou des crédits aux « Forces d'autodéfense » dans un contexte de nationalisme croissant face à Pékin.

De surcroît, le Premier ministre a vertement incité la Banque centrale du Japon (BoJ), bousculant par là son indépendance, à activer la planche à billets et doubler son objectif d'inflation (à 2% au moins), afin de faire baisser un yen trop fort. La BoJ devrait s'exécuter le 21 janvier. L'objectif de Shinzo Abe et du Parti libéral démocrate, revenu au pouvoir après trois ans d'opposition, est simple : réactiver l'économie. Celle-ci est plongée dans une infinie langueur et la déflation y est aussi tenace que le bout de scotch du Capitaine Haddock.

Dans ce pays marqué par le clientélisme, l'économie reste toujours aussi fermée.

Pourtant, il y a de quoi rester dubitatif. S'il s'en défend, Shinzo Abe ne fait que reprendre de veilles recettes, celles des « stimulus » à répétition qui construisent souvent des routes menant nulle part. Une pratique qui a gonflé une dette inouïe, la première au monde au regard du PIB (230%). Mais le vrai problème du Japon est ailleurs : malgré l'empire à l'international de ses champions industriels, son économie reste toujours aussi fermée. Le stock d'investissements étrangers ne dépasse pas 3,5% du PIB, dix fois moins que la France.

Aucune entreprise ou presque ne s'y hasarde, hormis quelques grands groupes américains ou de rares opérations de sauvetage (Nissan par Renault, Sharp en ce moment). Quant aux échanges extérieurs, exportations et importations réunies ne pèsent que 29% du PIB, là aussi l'un des chiffres les plus bas de la planète, avec désormais un cruel déficit. À quoi s'ajoute la persistance de travers : le poids écrasant des keiretsu (conglomérats) sur les PME, le manque de concurrence ou la connivence entre administration et grands groupes dont Fukushima fut la caricature.

Dans ce Japon marqué par le clientélisme, le poids de la tradition et les clans politiques, mener des réformes de fond est plus coûteux que verser des milliards. L'ex-Premier ministre Koizumi s'y essaya il y a dix ans avec un succès mitigé. Shinzo Abe a peu promis. Reste à voir s'il aura le courage d'engager la négociation d'accords de libre-échange comme le TPP (partenariat transpacifique) que refuse le lobby agricole. Il faudra plus qu'un plan de relance pour sortir des flots un riche et vieil archipel sur le point de se fossiliser.

 

 

 

 

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