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L'Usine Santé

[VRAI ou FAUX] Les serviettes hygiéniques contiennent-elles du Roundup ?

Astrid Gouzik , ,

Publié le , mis à jour le 24/02/2016 À 14H45

Le magazine 60 millions de consommateurs a publié, ce mardi 23 février, une enquête inquiétante sur la composition des produits d'hygiène féminins. Le centre d'essais a même relevé la présence de pesticides dans des produits étiquetés "bio".

 

On ne connaît pas la composition des serviettes hygiéniques et des tampons

 VRAI. En juillet 2015, Mélanie Doerflinger, une jeune étudiante, interpellait le fabricant de Tampax (Procter & Gamble) afin de connaître la composition de ses tampons. Sa pétition est signée par presque 200 000 personnes à ce jour.

Interpellée par le refus catégorique des industriels de donner plus de détails sur le mode de production des protections féminines, Victoire N'Sondé, journaliste pour 60 millions de consommateurs, décide de mener l'enquête. "Il existe une rubrique dans le magazine dans laquelle on raconte la circuit de production d'un produit du quotidien. Lorsque j'ai voulu me pencher sur les serviettes hygiéniques, je me suis heurtée à un rejet des industriels. Les mêmes qui m'avaient pourtant répondu sans problème pour les mouchoirs en papier", raconte Victoire N'Sondé. De quoi éveiller la curiosité de la journaliste, attisée par l'écho inattendu recueilli par l'initiative de Mélanie Doerflinger.

 

Les tampons contiennent des substances toxiques

 VRAI Un laboratoire indépendant, sur la demande de 60 millions de consommateurs, a analysé la composition de tampons des marques Tampax (Procter & Gamble), Net et O.B. (Johnson & Johnson). Le résultat est alarmant : des traces de dioxines (polluants industriels) ont été détectées dans des références de marques O.B et Nett et des résidus de dérivés halogénés (sous-produits liés aux traitements des matières premières) dans une référence de marque Tampax.

L'Organisation mondiale de la santé reconnaît les dioxines comme des substances toxiques pouvant provoquer des troubles divers (procréation, dysfonctionnements hormonaux, cancer). Elle est classée comme "cancérogène avéré pour l'Homme" rappelle le magazine. Toutefois, les tests ont révélé de faibles teneurs de dioxine.

 

Les serviettes hygiéniques sont toutes en coton

 FAUX Les industriels du secteur ont fini par fournir une liste (sommaire) des composants de leurs produits d'hygiène féminins. Conclusion : le voile de surface, c'est-à-dire la partie en contact direct avec le corps, est généralement du polypropylène, une matière plastique dont l'utilisation est controversée pour les produits alimentaires notamment. "Le contact répété des parties intimes avec certaines matières, notamment plastiques, peut être à l'origine d'effets indésirables", avance le magazine.

Alors c'est quoi produire des protections hygiéniques comme un industriel ? 

 

 

 

 

Mieux vaut acheter des protections "bio"

 FAUX Une autre révélation étonnante dans ce test. Le laboratoire a détecté du glyphosate, la substance active du Roundup (le très décrié herbicide produit par Monsanto) dans des protège-slips de marque Organyc. "La 1ere gamme de protections féminines 100% coton bio" revendique pourtant la marque sur son site internet. "Quoi ? Mes serviettes et tampons ne sont pas 100% coton ?", affiche-t-elle-même, une pique bien sentie à ses concurrents qui produisent "des serviettes traditionnelles en plastique et cellulose". Ironie du sort, les produits Organyc contiennent un herbicide non sélectif absorbé par les feuilles et ayant une action généralisée.

L'explication la plus plausible étant que le coton utilisé ait été involontairement contaminé lors de la récolte ou du stockage. "Le fabricant a été très étonné de nos résultats", explique la journaliste. Le lendemain de la publication de l'enquête de 60 millions, la marque a annoncé procéder au rappel de 3100 paquets de protège-slips en France et au Canada. Elle a fait analyser ses produits par un laboratoire qui "a confirmé que des traces résiduelles de glyphosate ont été détectées sur un échantillon", écrit-elle dans un communiqué. "Ces traces n'auraient pas dû être présentes dans du coton organique", ajoute Corman, propriétaire de la marque Organyc.

 

 

Les industriels sont légalement contraints de fournir la liste des composants

 FAUX. Et c'est bien le problème soulevé à la fois par 60 millions et par la pétition signée par presque 200 000 personnes. Aucune obligation réglementaire ne contraint les fabricants à révéler les secrets de ses produits. "Mais nous avons transmis nos résultats à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes et au cabinet du ministre de la Santé", conclut Victoire N'Sondé. 

L'Usine Nouvelle a contacté Procter & Gamble ainsi que Johnson & Johnson afin de connaître leur réaction suite à la parution de cette étude. A l'heure où nous publions cet article, nous n'avons pas pu obtenir de réponse de leur part.

 

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4 commentaires

Nom profil

24/10/2016 - 14h09 -

Il existe des produits sains heureusement. Notamment en France, on trouve de jeunes entreprises éthiques qui se battent pour proposer des produits sains : serviettes hygiéniques lavables, coupes menstruelle et tampons bio mais on en parle pas assez : www.dansmaculotte.com
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13/05/2016 - 10h42 -

Bonjour , Nous ne sommes plus à l'abri des pollutions de tous ordres et je suis perplexe quant à pouvoir inversé la tendance devant la non réponse des grands industriels , ce qui est grave c'est ne pas avoir l'assurance de trouver un produit sain . Et je ne parle pas de la nanotechnologie qui s'ajoute et aussi la perturbation électromagnétique. Ferons nous des zombis de nos descendants, quelle assurance pouvons nous donner à nos enfants et petits enfants ? Un grand père magnétiseur inquiet .
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23/02/2016 - 19h02 -

Les femmes ne devraient pas trop se plaindre. Pour les protections féminines, elles bénéficieraient "du deux en un"! 1 pour l'usage naturel, 2 pour une épilation gratuite par l'action herbicide! CQFD
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23/02/2016 - 18h55 -

Je m'en tamponne Je m'en tamponne Je m'en tamponne Je m'en tamponne Je m'en tamponne Je m'en tamponne Je m'en tamponne Je m'en tamponne
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