[Vrai ou Faux] Le bouton de fermeture des portes d’ascenseurs est-il un mensonge ?

Publié le , mis à jour le 14/11/2016 À 14H40

Aux Etats-Unis, vous aurez beau appuyer sur le bouton de fermeture des portes d’ascenseurs, rien ne se passera, selon le New York Times. La fonction est dans la plupart des cas désactivée. En est-il de même en France ?

[Vrai ou Faux] Le bouton de fermeture des portes d’ascenseurs est-il un mensonge ? © DR

Les boutons de fermeture des portes d'ascenseur sont un mensonge. C'est en tout cas ce qu'écrivait Slate le 2 novembre, d'après un article du New York Times. Selon le journal américain, le bouton de fermeture des portes est en effet désactivé dans la plupart des installations. L’occasion de vérifier auprès des staffs techniques de Kone et Sodimas si en France aussi les ascenseurs se moquent de nous.

Le bouton de fermeture des ascenseurs ne fonctionnent pas.

Plutôt faux. La fonction est active en France, mais elle n’est pas prioritaire. "Il y a des temporisations et des détecteurs qui peuvent annuler la manœuvre", explique Laurent Rousset du service technique de Kone. La loi SAE de 2003 met en avant la sécurité des personnes avec des normes sur les vitesses de fermeture des portes, les chocs mécaniques ou encore les cellules de détection.

De plus, "ce bouton fait partie du principe d’universal design, indique Stéphane Réau, le directeur technique de Sodimas. C’est une notion de conception pour tous." Les temps d’attente d’un ascenseur dépendent de son usage. Il sera rapide pour des bureaux et lent pour un hôpital. Mais grâce à ce bouton, une personne valide ne sera pas forcée d’attendre la fermeture des portes, et de perdre du temps.

Les ascenseurs ont des limitations de vitesse.

Faux. Aucune norme ne fixe de limite de vitesse à un ascenseur. "En général, il faut compter un maximum de 25 secondes pour atteindre le sommet d’une tour, précise Stéphane Réau. La vitesse dépend donc principalement de la hauteur d’un bâtiment."

"Les ascenseurs vont environ à 9 m/s", détaille Laurent Rousset. En revanche, l’accélération doit se situer entre 0,8 et 1m/s². Car c’est l’accélération, et plus encore la variation d’accélération, qui provoque les sensations désagréables. "Il n’y a qu’à regarder un vol d’avion, la vitesse n’affecte pas les passagers, seulement la prise de vitesse au décollage."

Limité à 100 kg, un ascenseur peut supporter une tonne.

Vrai. Un ascenseur en surcharge ne pourra pas lancer son ascension. "Si la charge est supérieure à 110%, la cabine se bloque et émettra un signal sonore", explique Stéphane Réau. En revanche, il n’y a aucun risque pour que la cabine cède. "Les câbles sont soumis à un coefficient de sécurité minimum de 12, reprend le directeur technique de Sodimas. Une cabine limitée à 100 kg pourra donc supporter une masse de 1 200 kg, au minimum."

Appuyer sur les deux boutons d’appel fait arriver la cabine plus vite.

Faux. Qu’il y en ait un ou plusieurs, dès l’instant qu’un appel est enregistré, un second appel ne sera pas pris en compte. "C’est comme allumer une lumière, pour Laurent Rousset. Si l’on appuie plusieurs fois, la lumière ne s’allumera pas plus vite."

Lorsque que les boutons d’appel différencient la montée et la descente, l’appel est enregistré de manière spécifique. Pour la montée, seuls les ascenseurs en ascension seront concernés par l’appel. Il en est de même pour la descente. "Il existe trois types d’ascenseurs", détaille le responsable technique de Kone. Les "taxis" qui prendront les passagers sans répondre à d’autres appels avant la fin du trajet en cours. Les "bus" qui prendront en compte les appels en cours en fonction de leur ascension ou descente. Et enfin, les "ascenseurs à destination" moins répandus. A l’aide d’un pupitre ou d’un badge, un ascenseur vous conduit directement à l’étage souhaité sans boitier de commande à l’intérieur de la cabine.

Les ascenseurs s’ouvrent toujours pleins.

Plutôt faux. Grâce à la pesée permanente des cabines, le "cerveau" de l’ascenseur connait la charge qu’il transporte. "Ce système, utilisé pour les surcharges, peut déduire le taux de remplissage de la cabine, indique Stéphane Réau de Sodimas. Si la cabine a atteint les 80% de sa charge maximale, il ne prend plus en compte les appels. Il ne s’arrête donc plus lorsqu’il est plein." L’usage prouve tout de même que la plupart des ascenseurs ne dispose pas de cette fonction.

Ce mécanisme permet également d’éviter les voyages à vide. "Les enfants appuient souvent sur tous les boutons de la cabine, rigole Stéphane Réau. Mais en déterminant l’absence de personnes, le trajet s’arrête. Cela permet d’économiser de l’énergie."

Les ascenseurs savent à quelle heure vous quittez votre bureau.

Plutôt vrai. Les ascenseurs les plus récents sont équipés d’une capacité d’auto apprentissage. "Cela permet d’enregistrer les déplacements au sein d’un bâtiment, explique Laurent Rousset. Mais surtout de les anticiper par la suite." Si un groupe de personnes quitte l’établissement tous les jours à 17 heures, des cabines vont se positionner à l’étage correspondant. Ainsi, ce ne sera plus à l’usager d’attendre l’ascenseur, mais l’inverse.

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