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L'Usine de l'Energie

[Vrai ou Faux] L’éolien et le solaire ont-ils empêché les coupures électriques, comme le dit Ségolène Royal ?

Ludovic Dupin

Publié le

Lors de cette vague de froid, c'est, selon la ministre de l’Environnement, l’éolien et le solaire qui ont permis d’éviter des coupures d’électricité. Malgré une belle production ce 18 janvier, le solaire ne pouvait pas contribuer à l’équilibre offre/demande lors du pic de consommation et l’éolien, avec 5 % de la production nationale, n’a pas suffi à combler l’absence de certains réacteurs nucléaires.

[Vrai ou Faux] L’éolien et le solaire ont-ils empêché les coupures électriques, comme le dit Ségolène Royal ? © Gimball Prod

Le vague de froid qui passe sur la France a tiré la consommation électrique vers le haut. Mais, malgré les inquiétudes de début de semaine, le réseau électrique français tient le choc sans difficulté majeure. Aucun délestage n’a du avoir lieu pour équilibrer l’offre et la demande. A l’issue d’une réunion à l’Elysée, la ministre de l’Environnement assure : "Grâce à une bonne organisation, il n’y aura pas de coupure d’électricité, parce que tous les moyens ont été mobilisés".

Elle ajoute : "Malgré l’indisponibilité de six réacteurs nucléaires, il n’y aura pas de coupure d’électricité, parce que […] aujourd’hui, avec les très bonnes conditions météorologiques, les énergies renouvelables, l’éolien et le solaire, vont produire l’équivalent de huit réacteurs nucléaires, huit gigawatts". Cette dernière déclaration mérite d’être être vérifiée, ce qui est aisé grâce à l’outil Eco2mix de RTE qui présente quart d’heure par quart d’heure la consommation et la production électriques.

Une contribution nulle du solaire

Durant la journée du mercredi 18 janvier, l’éolien et le solaire ont presque atteint une puissance de  8GW (8000MW) à leur plus fort pic de production. A 13h00, ces deux énergies affichaient une puissance cumulée de 7363 MW, soit 8% de la production électrique nationale.

Mais cela ne confirme pas pour autant la déclaration de la ministre. Car il y a un moment critique dans la journée, c’est le pic de consommation de 19h00. A cette heure, tous les français rentrent chez eux et utilisent leurs équipements électriques : chauffage, four, plaque chauffante, machine à laver, etc. C’est ce point qui peut poser des problèmes au gestionnaire de réseau électrique. Ce 18 janvier, le pic de consommation a atteint 93 281 MW.

Quelle contribution du solaire et de l’éolien ? Pour le premier, la contribution est nulle puisque, le soleil étant couché depuis longtemps, impossible de produire le moindre électron. A 19h00, l’éolien affichait quant à lui une belle production de 4803 MW, soit 5 % de la consommation. Le reste des besoins était comblé par le nucléaire pour 61 %, l’hydraulique pour 15 %, le gaz pour 10 %, le fioul pour 4 %, le charbon pour 3 % et la biomasse pour 1%. Surtout, la France a dû importer 3022 MW depuis les pays voisins, pendant qu’elle exportait 515 MW vers l’Angleterre.

L’Espagne en renfort

Donc oui, les énergies renouvelables pendant la journée ont permis d’apporter une contribution significative de la production pour répondre aux besoins. Mais non, lors du moment critique de la journée à 19h00, l’éolien et le solaire n’ont pas suffit à pallier les réacteurs nucléaires à l’arrêt. La France a surtout du se reposer sur ses voisins, en particulier l’Espagne, qui recourent moins au chauffage électrique que la France.

 

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7 commentaires

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23/01/2017 - 15h49 -

Un des grands fautifs de ces fortes demandes et pointes hivernales est le chauffage électrique. Ce n'est pas en ajoutant des moyens de production qu'on va résoudre ce problème. On peut fortement diminuer la demande en chauffage électrique en obligeant à faire des travaux d'isolation sur les logements déjà chauffés par cette technique : ceci pourrait diminuer d'au moins 50 % la demande si on vise un niveau de rénovation en basse consommation (RT 2005 BBC) et on peut interdire les nouveaux chauffages électriques, pas seulement par convecteurs, mais aussi et surtout les pompes à chaleur aérothermiques très sensibles au froid. Au politique d'agir, mais EDF n'est pas pour car il y aurait beaucoup moins de kWh à consommer et son nucléaire serait en très grand excédent (il l'est déjà un peu, lorsqu'il marche). Quant aux énergies renouvelables, pour le solaire et l'éolien, il faut développer les moyens de stockages et il faut aussi développer la biomasse qui peut produire de la chaleur.
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23/01/2017 - 15h25 -

Merci l'UN pour cette analyse. Il aurait été intéressant que l'auteur de cet article qui, contrairement à nos politiques, semble être au courant des échanges entre réseaux nationaux, aille un petit peu plus loin en analysant la production de nos voisins nous fournissant de l'électricité à cette même heure (18/01/2016 à 19h). Une consultation de le l'Eco2Mix espagnol https://demanda.ree.es/demandaGeneracionAreasEng.html indique que la production exportée à cette même heure est de 1300MW - 2/3 des imports de la France. Or, sur la production espagnole à cette même heure, on peut voir que : lm'hydraulique représente 18% de la production, l'éolien 19% (7,8GW !) et la cogénération plus de 9%. Soit presque 50% pour les ENR. L'éolien - et de manière plus étendue les ENR - ont donc bien joué un rôle dans la stabilité de notre réseau, même si au-delà de nos frontières. Cet exemple illustre encore une fois la nécessité pour la France de développer encore plus les ENR.
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19/01/2017 - 22h28 -

Le solaire a quand même aide pour le pic du soir, indirectement: il a permis de garder de l'eau dans les barrages en milieu de journée, pour la turbiner le soir. Avec davantage de solaire, on aurait même pu pomper de l'eau dans nos "STEP", pour la turbiner le soir.
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19/01/2017 - 20h53 -

C'est sûr que tant qu'on ne disposera pas d'outils performant pour le stockage de masse des renouvelables (ce que je propose contre un partenariat depuis une dizaine années ) on restera tributaire des aléas de l'atome ,de ses risques,de ses déchets.
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19/01/2017 - 16h39 -

"Surtout, la France a dû importer 3022 MW depuis les pays voisins, pendant qu’elle exportait 515 MW vers l’Angleterre." Hummmm, sur l'image il est indiqué 1903 MW au pic de 19h. D’où sort ce chiffre de 3022 MW ? Il doit y avoir erreur. Et je suis désolé de dire que oui, 1121 MW c'est important car c'est l’équivalent d'une tranche nucléaire.
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19/01/2017 - 15h58 -

Comme d'habitude, prisonniers de leurs postures et coutumiers de la désinformation les membres du gouvernement déforment les faits pour substantier leur propagande.
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19/01/2017 - 12h12 -

Article très clair, car ne nécessite que de savoir faire des additions, en cela il vaut mieux qu'un long discours pour comprendre la possibilté réelle des énergies renouvelables éolien et solaire de satisfaire les besoins d'électricité en France
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