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L'Usine Maroc

Voyage de Manuel Valls au Maroc : une tonalité politique avant tout

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Publié le , mis à jour le 08/04/2015 À 11H00

Le Premier ministre Manuel Valls se rend au Maroc ces 9 et 10 avril. Un séjour qui vise surtout à consolider la réconciliation diplomatique franco-marocaine et ne devrait pas s'accompagner de grandes annonces au plan économique. En attendant un grand colloque sur le business, fin mai à Paris, à l'occasion d'une visite officielle du chef du Gouvernement marocain Abdelilah Benkirane.

Voyage de Manuel Valls au Maroc : une tonalité politique avant tout
Manuel Valls se rend au Maroc les 8 et 9 avril
© Capture vidéo BFMTV

Premier voyage officiel de Manuel Valls au Maroc comme Premier ministre ces 9 avril. Si le chef du gouvernement français s'était rendu à Rabat comme ministre de l'Intérieur, il séjournera cette fois au Maroc en tant qu'hôte de Matignon. Son passage ne durera guère plus de quelques heures. Il doit arriver au Maroc en tout début d'après midi et s'envoler en fin de soirée pour le Portugal.

Manuel Valls va précéder Michel Sapin, ministre de l'Economie en tournée au Mali, en Mauritanie et au Maroc du 9 au 13 avril, mais la tonalité de ce voyage est avant tout politique.

Manuel Valls doit notamment rencontrer le roi Mohammed VI lors d'une audience annoncée à 16h30 ainsi que le chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane à 18 heures. Ce dernier entretien sera d'une déclaration à la presse et d'un dîner.

La France et le Maroc d'ordinaire entretiennent une "relation d'exception", selon la formule consacrée, mais, on le sait, le binôme a connu de fortes turbulences en 2014. Il s'agit donc de bien marquer la réconciliation datant de fin janvier.

Pour rappel, l'an dernier a été marqué par une série d'accrochages diplomatiques. Ceux-ci ont débuté fin février 2014 par une tentative de convocation du chef de la sureté marocaine, Abdellatif Hammouchi par des policiers sur instruction de la justice, à l'occasion d'un passage à Paris et suite à une plainte pour torture déposée par une ONG. A la grande colère de Rabat.

Alors que les relations en matière de sécurité sont traditionnellement étroites, le Maroc avait, alors, cessé toute coopération judiciaire. Un fait qui a placé Paris en position fragile en matière de lutte contre le terrorisme et de renseignement, un enjeu majeur face à l'influence au Maghreb, au Maroc notamment, de Daech et autres mouvements djihadistes.

Ce coup de froid, pour certains observateurs, a aussi pour racine, une forme de désapprobation de Rabat face à une coopération perçue comme trop étroite de la France vis à vis de l'Algérie, grand rival régional du Maroc.

La brouille qui, selon Mohammed Boussaïd, ministre marocain de l'Economie n'a pas eu d'incidences majeures au plan économique entre deux pays aux échanges nourris, a duré plus d'un an. Après les efforts, menés côté français par Laurent Fabius, elle s'est terminée ce 31 janvier par le rétablissement de la coopération judiciaire, à la suite d'entretiens, à Paris, entre le Garde des sceaux Christiane Taubira et son homologue marocain Mustapha Ramid.

Le 9 février à l'occasion d'un séjour en France, Mohammed VI avait ensuite été reçu par François Hollande à l'Elysée (photo) pour marquer cette reconciliation.

L'annonce d'un voyage de Manuel Valls au Maroc en avril ainsi que celui d'Abdelilah Benkirane à Paris avant l’été avaient suivi rapidement.

En fait, la visite cette semaine de Manuel Valls à Rabat prépare, en bonne partie, la prochaine et XIIème "Rencontre de haut niveau" entre les deux pays qui aura lieu à l'occasion de la visite d'Abdelilah Benkirane en France qui interviendra fin mai.

COLLOQUE a paris en mai

A cette occasion, le traditionnel colloque économique franco-marocain, là où sont balayés les sujets de coopération communs, doit se tenir le jeudi 28 mai à Paris.

Rebond après la panne
Après une croissance du PIB de seulement 2,2% en 2014, la plus faible depuis 15 ans, l'économie du Maroc devrait rebondir autour de 4,5% cette année sous l'effet d'une bonne campagne agricole et de la reprise de la zone euro, principal partenaire du pays. Au delà de son industrialisation dans l'automobile ou l'aéronautique ou encore sa résistance dans l'agro-alimentaire ou le textile, le royaume reste fortement soutenu par divers bailleurs de fonds bilatéraux ou multilatéraux : Banque mondiale, Union européenne, capitaux du Golfe, Banque africaine de développement. sans oublier la France.  L'Agence française de développement a prévu une enveloppe d'intervention, surtout des prêts, de 600 millions d'euros entre 2014 et 2016.

Il associera, comme à l'accoutumée, les patronats des deux pays (Medef et CGEM) et le club des entreprises France-Maroc dont il émane. Cette instance est co-présidée par Jean-René Fourtou (ancien patron de Vivendi), Jean-Paul Herteman (PDG de Safran) et Mohamed el-Kettani (PDG d'Attijariwafa Bank).

Fin 2012, la onzième "Rencontre de haut niveau" des deux gouvernements s'était déroulée au Maroc en présence de Jean-Marc Ayrault, alors Premier ministre et pas moins de huit ministres français avaient fait le déplacement.

A noter que, pour sa part, François Hollande s'était ensuite rendu au Maroc en voyage officiel en mars 2013, accompagné d'une importante délégation patronale.

C'est que la France reste le plus important pays investisseur au Maroc. Sa part dans le stock d'investissements directs étrangers (IDE) du royaume dépassait 35% en 2013.

Si Vivendi a cédé l'an dernier ses 53% dans Maroc Telecom à l'émirati Etisalat (historiquement le plus gros investissement français) de nombreux grands groupes comme Safran, Danone ou Avril (ex-Sofiproteol) ont renforcé leurs positions dans le royaume récemment. Sans compter l'investissement poids lourd de Renault dans son usine de Tanger ouverte début 2012 pour 1,1 milliard d'euros.

Au-delà, près de 800 entreprises françaises détiennent des filiales au Maroc où des groupes tels Alstom ou Bouygues participent à des projets majeurs d'infrastructure comme le futur TGV, les tramways de Rabat et Casablanca ou encore le port de TangerMed. Mais il s'agit aussi d'aller bien au-delà de ces projets, lancés souvent voilà presque dix ans.

La France est premier client et deuxième fournisseur du royaume (après avoir été dépassé en 2013 par l'Espagne). Les échanges commerciaux cumulés se chiffrent à plus de 7 milliards d'euros avec un excédent de l'ordre de 15% pour Paris en 2013.

En matière de relations économiques, en 2012 et 2013, la thématique en vogue était celle de la "co-localisation" entre les deux rives de la Méditerranée. A l'occasion d'un passage à Rabat ces 9 et 10 mars, Laurent Fabius a indiqué les thèmes d'intérêts communs aujourd'hui ou "ambitions renouvelées du partenariat franco-marocain", à savoir : "lutte contre le dérèglement climatique, lutte contre le terrorisme et prévention de la radicalisation, sécurité et développement en Méditerranée comme en Afrique".

Le patron de la diplomatie française (y compris économique) évoquant à cette occasion le "développement de projets conjoints dans des secteurs d’avenir comme les transports, les énergies renouvelables, la ville durable ou le tourisme, notamment à destination des marchés émergents de la région".

De fait, l'approche commune des marchés d'Afrique sub-saharienne est une idée fréquemment évoquée ces derniers mois lors de divers rencontre franco-marocaines. Hasard du calendrier, le roi du Maroc doit entamer pour sa part cette fin de semaine une grande tournée africaine, à l'image de celle de l'an dernier.

Bref, pour Manuel Valls, les sujets de discussion ne vont pas manquer à Rabat.

Pierre-Olivier Rouaud

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