Vous avez besoin de vacances ? Les signes qui ne trompent pas

Irrité, fatigué ? Il serait peut être temps de relâcher la pression. Quand partir en vacances, combien de temps, où, pour quoi faire ? Voici quelques éléments de réponse pour être efficace... au moment de poser vos congés. 

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Grèce - Crédits Adrien Sifre CC Flickr

Quand Michel Jonasz "regardait passer les bateaux", Niagara cherchait "l'amour à la plage" et Madonna "relachait la pression". En matière de vacances, c'est comme en chanson, chacun ses goûts.

Mais pour savoir quand le temps est venu de lever le pied, les signes ne trompent pas. "Tout d'abord, ils sont physiques. On ressent de la fatigue et un sentiment de lourdeur du corps", note Patrick Légeron, psychiatre et fondateur du cabinet Stimulus.

Le stress entraine également des signes comportementaux, "les fumeurs vont augmenter leur consommation de tabac, on va avoir besoin d'un verre de vin, ou on aura tendance à s'isoler", note-t-il. "La machine a été un peu trop poussée, il lui faut du repos au risque d'aller vers le burn-out", prévient-il.

D'une société du travail essentiellement physique, nous sommes passés à celle du stress. "Aujourd’hui, on fait tout en même temps de 25 à 55 ans, on travaille, on élève les enfants. Comme 80% des femmes sont salariés, la vie de couple est également beaucoup moins reposante", constate le sociologue Jean Viard, directeur de recherches au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cévipof).

Vacances longues ou courtes ?

Dans ces conditions, quelle stratégie adopter pour profiter au mieux de nos quelques semaines de congés payés et de nos jours de RTT? "Les études le montrent, la récupération est assez rapide", explique Patrick Légeron.

Dans des conditions de stress et de fatigue normale (hors burn-out), "une semaine est suffisante. Les variables biologiques, comme le taux de cortisol lié au stress, se normalisent en quelques jours. Le comportement alimentaire et le sommeil vont également se réguler", poursuit-il.

"Il vaut mieux multiplier dans l'année les vacances d'une semaine que poser cinq ou six semaines d'un coup", conseille le médecin. Attention tout de même, les "break" courts de 2 ou 3 jours "sont insuffisants pour récupérer".


Quiberon - Gilles Fernandez CC Flickr

Partir ou rester ?

Pour profiter au mieux des bienfaits des vacances, est-il nécessaire de parcourir 3 000 km en avion ? "Il ne faut pas mélanger la réalité des vacances des Français et celle vendue dans les catalogues !, prévient Jean Viard. Le modèle le plus répandu de vacances s'articulent autour de la mer et de la famille. Le ski, par exemple, ne touche que 10 % des Français. 70 % des français partent dans leur famille."

Les Parisiens seraient plus nombreux à partir. "Ils n'ont ni la mer, ni la montagne. Mais ce n'est pas le cas pour les autres Français. Il ne faut pas non plus oublier que 53% des Français ont un jardin."

Car même quand les Français ne sont pas en vacances, ils adhèrent massivement à cet "esprit vacances". "La part du travail dans notre société a été bouleversée. Le temps consacré au travail, ce n’est plus que 10 à 12 % de notre vie, contre 40 % il y a un siècle", explique Jean Viard. Les Français aiment donc valoriser ce sentiment d'être en vacances, au quotidien. "On met les vacances dans la ville. Il n'y a qu'a regarder Paris, on y installe des jardins, on favorise le vélo, on créé des ports fluviaux...", souligne le sociologue. Amis parisiens, fermez les yeux. Le bruit du périphérique ? Mais non, c'est la mer.

Trop d'attentes ?

Farniente, détente, sieste... c'est ça les vacances ? Dans les faits, pas vraiment. Difficile de changer de logiciel. "Le monde du travail épuise par son absence d'autonomie, de liberté. Le risque, c'est de reproduire ce schéma en vacances, en programmant tout et en se fixant des objectifs irréalistes", prévient Patrick Légeron.

Pour réussir vos vacances, laissez donc un peu de place au hasard. "Soyez un peu plus égoïste pour une fois, faites des choses pour vous. Sans tout prévoir", conseille-t-il.


Yosemite (Californie) - Crédits Bill Couch

"Les vacances peuvent être aussi stressantes que la vie de tous les jours, approuve Jean Viard. On veut internet sur son lieu de vacances, on se fixe des objectifs..."

Pour éviter ces travers, certains prennent d'autres sentiers et choisissent la retraite dans un monastère ou la cure de jeûne et la randonnée. "Ce sont des vacances innovantes et très chics", constate le sociologue.

Un coucher de soleil sur l'océan, le chant des cigales, le bruit des vagues.... Clichés des vacances ? Certes, mais ils ont leur importance. "Il faut être attentif aux petites choses, apprécier ces détails qui vont nous donner des émotions positives, loin de celles du monde du travail, comme l'inquiétude ou le découragement", note Patrick Légeron.

Les vacances, c'est aussi les rencontres. Pour le psychiatre, il ne faut pas négliger les contacts sociaux. "Le monde du travail est en la matière généralement assez superficiel. Les vacances, c'est aussi un moment où l'on peut aller vers les autres, engager des contacts sociaux, des discussions. L'Homme est un animal social."

Farniente ou sportif ? "Il faut se remuer !", conseille-t-il. Marche, ski, surf... Dans tous les cas, "l'activité physique protège du stress".

Totale déconnexion ?

Louer cette maison bleue accrochée à la colline, loin de tout, cela vous fait envie ? Problème. Elle est en plein coeur d'une zone blanche et pas équipée du wifi. "Se déconnecter, c'est le mieux à faire bien sûr. Mais certains ne le peuvent pas. Dans ces cas là, la solution c'est la connexion planifiée. Tous les matins ou tous les soirs s'accorder 15-20 minutes pour répondre aux mails urgents, et prévenir votre équipe que vous serez disponible uniquement à ces heures là", conseille Patrick Légeron.

Replonger trop vite ?

Pour réussir son retour au travail, le mieux est de tout préparer en amont, afin d'éviter l'effet boomerang. "Des problèmes qui ont grossit en votre absence peuvent ruiner très rapidement les effets bénéfiques de vos vacances", prévient Patrick Légeron.

Autre astuce : garder à l'esprit les bons moments. "Ce sont des techniques d'imagerie mentale. Imprimer dans son cerveau les moments agréables, se les remémorer, en parler... C'est un contre-poison aux aspects négatifs du travail. Et bien sûr, préparer les prochaines vacances..."

Anne-Katell Mousset

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