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L'Usine Auto

Volatilité, technologies, ouverture : quelle industrie automobile en 2015 ?

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Retournement des économies émergentes, intégration des technologies, contribution à une mobilité renouvelée, séduction de nouveaux talents… L’industrie automobile va continuer en 2015 à se battre sur tous les fronts. Elle le fait en collaborant toujours plus avec les acteurs habituels du secteur, mais également en s’ouvrant à de nouveaux partenaires, analyse Jean-François Belorgey, associé et responsable du secteur automobile d'Ernst & Young en France.

Volatilité, technologies, ouverture : quelle industrie automobile en 2015 ? © DR

En 2015, les thématiques qui ressortent de l’étude annuelle d'Ernst & Young sur le secteur automobile, Changing Lanes, nous indiquent que les préoccupations des constructeurs, équipementiers, distributeurs et captives financières (des entreprises à la structure juridique distincte, qui appartiennent à de grands groupes et gèrent l'ensemble des services associés à la vente et à son financement auprès de leurs clients) restent assez constantes : instabilité, nécessité permanente d’enrichir l’offre, recherche continue d’avantages compétitifs et d’une grande efficacité opérationnelle, ressources critiques à sécuriser. Mais ces cinq grands enjeux se lisent assez différemment de l’an dernier, montrant que dans cette industrie aussi, aux cycles pourtant plutôt longs, le temps et les évolutions s’accélèrent.

Gérer l’instabilité

Alors que l’économie mondiale paraît retrouver le chemin de la croissance, et qu’il semble en aller de même pour l’automobile, l’instabilité des marchés reste une préoccupation très forte cette année. Près des deux tiers des dirigeants interrogés affirment en redouter les impacts négatifs. Les constructeurs et équipementiers qui ont investi massivement sur les marchés émergents en découvrent l’instabilité géopolitique (Russie), économique (Russie, Brésil et dans une moindre mesure Inde) ou monétaire, qui fait apparaître au grand jour la part réelle du low-cost dans la fabrication de véhicules dans ces pays et pèse sur la rentabilité des acteurs du secteur.

Proposer toujours mieux à ses clients

Plus de 70% des industriels de l'automobile pensent que le changement des habitudes de consommation aura un effet positif sur leur offre. Le rôle du digital pour améliorer l’expérience client est reconnu comme primordial. Embarqué, il va aussi profondément transformer les services liés à la mobilité (auto-partage, par exemple), ou faciliter le développement des motorisations alternatives pour économiser le CO2. Monstres de technologie, les voitures vont devenir de gigantesques capteurs, générateurs et utilisateurs de données pour elles, mais aussi pour leurs occupants.

La recherche d’avantages compétitifs, encore

Malgré les soubresauts actuels des pays émergents, s’y implanter est perçu comme un levier essentiel pour se distinguer de la concurrence par près de 50% des entreprises interrogées. La technologie reste au premier plan des préoccupations, en particulier pour les équipementiers qui sont 80% à citer la maîtrise de l’innovation et les capacités de R&D comme clés de différenciation. Pour les captives, la clé est plutôt la maîtrise des valeurs résiduelles des véhicules (45% de citations), ce qui se relie directement à l’image de marque, mais de plus en plus à la capacité à déployer une stratégie digitale durable de relation avec les clients, depuis la prise d’information avant l’achat jusqu’à la revente et l'acquisition d’un nouveau véhicule. Pour 71% des acteurs, le développement de l’offre client est critique.

L’efficacité opérationnelle, toujours

Les leviers traditionnels de l’efficacité opérationnelle demeurent très présents dans cette enquête 2015 : l’amélioration constante de la productivité des usines et la gestion d'une chaîne d'approvisionnement toujours plus fluide, moins coûteuse et proche des lieux de commercialisation des véhicules sont plébiscitées (86%). Mais ceci passe dorénavant par l’optimisation de la présence industrielle, conséquence logique de la mondialisation. Et il semblerait que l’implantation low-cost ne soit plus faite seulement pour des raisons de coûts, mais bien de proximité des marchés. 

L’utilisation des données disponibles en masse et la capacité à les analyser sont aussi perçues comme des facteurs importants (84%) permettant d’améliorer l’efficacité opérationnelle, mais la possibilité de les transformer en initiatives rentables doit encore être démontrée.

Sécuriser l’accès aux ressources

63% des dirigeants du secteur considèrent que sécuriser l’accès aux ressources est un avantage compétitif, même s’ils reconnaissent que c’est également un élément essentiel de pérennisation de l’activité. En tête des préoccupations : disposer des talents nécessaires, mais surtout les attirer et les retenir. Les talents sont recherchés dans les fonctions managériales et dans les compétences liées à l’innovation, avec un léger avantage pour les premiers (50% contre 46%). Si les technologies demeurent une priorité d’investissement, le renforcement des réseaux de distribution ressort plus nettement de l’enquête, ainsi que le développement d’initiatives relatives à la gestion de la relation client et au renforcement de leur loyauté aux marques.

Plus que jamais, l’industrie automobile affiche son ambivalence : secteur historique, elle a un pouvoir d’attractivité certain pour les technologies innovantes et les entreprises qui les développent. Concentrée sur l’amélioration de ses processus et de ses produits traditionnels, elle s’implique dans les nouveaux usages, la mobilité, la connectivité. Symbole national, elle est l’une des industries les plus mondialisées et ouvertes au monde. Un jeu d’équilibre qui démontre sa richesse autant que son talent.

Jean-François Belorgey, associé et responsable du secteur automobile d'Ernst & Young en France

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