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Visite de François Hollande en Alberta : un terrain glissant, jugent les écologistes

Sylvain Arnulf , , ,

Publié le

Le voyage de François Hollande dans la province d'Alberta, au Canada, mais à bonne distance des champs d'extraction de pétrole bitumineux et de gaz de schiste, est un mauvais signal aux yeux des écologistes, alors que le rapport du Giec vient d'être présenté.

Visite de François Hollande en Alberta : un terrain glissant, jugent les écologistes © Présidence de la République

C'est à un exercice d'équilibriste que se livre François Hollande au Canada. Le Président a été reçu par le Premier ministre canadien Stephen Harper dans la petite commune de Baff, dans un décor de carte postale au pied des Rocheuses. François Hollande a tenté de convaincre son homologue de s'engager sur les enjeux climatiques et environnementaux, à un peu plus d'un an de la Conférence de Paris sur le climat, et au moment même où le Giec a présenté un nouveau rapport alarmant.

Or, cette visite a eu lieu au cœur de la province de l'Alberta, qui a basé sa richesse sur l'exploitation des pétroles de schiste et sables bitumineux. Avec d'importants dégâts environnementaux à la clé dans le nord de la région.

"maladresse" et "manque de cohérence"

Il y a là une contradiction fondamentale pour les députés à sensibilité écologiste. La socialiste Delphine Batho, qui multiplie les attaques contre l'exécutif depuis son éviction du gouvernement, juge que le signal envoyé est mauvais. "C'est l'endroit où il y a une catastrophe écologique gigantesque, des destructions de la forêt boréale, des égouts à ciel ouvert et c'est le pétrole qui est le plus sale du monde", a-t-elle commenté sur Radio Classique et LCI. De plus, a-t-elle insisté, "j'ai trouvé ça franchement maladroit d'être en Alberta le jour où le Giec rend son rapport sur les menaces de réchauffement climatique et le nécessaire abandon des énergies fossiles".

Même son de cloche du côté du député Europe Ecologie les Verts Yannick Jadot. Interrogé sur RFI, il a jugé que la province de l'Alberta "méprisait totalement la lutte contre le dérèglement climatique". François Hollande "ne peut pas être le président de la grande conférence pour lutter contre le dérèglement climatique à Paris en 2015, et puis être le président au pays de l'or noir, qui dit 'faut que j'ai des contrats pour Total, pour arracher la dernière goutte de pétrole de la terre', commente l'élu écologiste. "Il faut un peu de sérieux, un peu de cohérence".

 

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