Environnement

Après avoir pollué la Seine, Vinci présente les résultats de son enquête interne

Simon Chodorge , , ,

Publié le

Vinci a présenté le 27 mai les résultats de son enquête interne après avoir pollué la Seine avec des eaux grises chargées de sable et de traces de ciment. Selon l'entreprise, il n'y aurait eu qu'une "quantité limitée" déversée dans le fleuve. Le spécialiste du BTP continue de plaider sa bonne foi en mettant en avant "un incident d'exploitation involontaire". Une thèse qui fait toujours débat à la région Île-de-France.

Après avoir pollué la Seine, Vinci présente les résultats de son enquête interne
La pollution provient d’une centrale de production de béton qui fournit les chantiers d'extension du RER E en Île-de-France.
© A.daSilva/Graphix-Images

Lundi 27 mai, Vinci a présenté les résultats de son enquête interne sur la pollution de la Seine. Le 19 mars, l’entreprise avait constaté des écoulements “d’eau grise” dans le fleuve. L’affaire n’a été médiatisée qu’un mois plus tard et Vinci avait reconnu le déversement. À l'issue de son investigation, le spécialiste du BTP continue de plaider “un incident d’exploitation involontaire, anormal et exceptionnel”.

“L’incident involontaire”, une piste contestée

La pollution provient d’une centrale de production de béton de Vinci Construction et de son associé Spie Batignolles située à Nanterre (Hauts-de-Seine). Le site fournit les chantiers d'extension du RER E en Île-de-France. Il a été placé “à proximité de la Seine, à 5 km du chantier, afin d’assurer une livraison de 80% des matériaux par voie fluviale et ainsi minimiser le trafic routier et l’impact CO2 lié aux transports par camion”, justifie Vinci.

La thèse de l’incident involontaire fait toutefois débat. “Nous pensons que cela durait depuis 2018, indiquait quelques jours plus tôt une porte-parole de la région. Et c’était totalement volontaire car ils ont même troué une partie du grillage pour déverser ces eaux bétonnées qui ont fini par bétonner les berges."

Vinci met en avant une “quantité limitée d’eau grise”

Vinci précise la nature de la pollution dans les résultats de son enquête. Il ne s’agirait pas de béton mais “d’eau grise chargée de sable et de traces de ciment désactivé, c’est-à-dire ayant perdu ses capacités d’adhésion”. Selon le groupe, seule une “quantité limitée” aurait été déversée dans la Seine. Il estime à moins de cinq mètres cubes l’écoulement.

L’entreprise met également en valeur des prélèvements d’eau et de matière réalisés “sur le point de déversement ainsi que quelques mètres en aval et en amont”. Selon le groupe, “les échantillons d’eau ne présentent aucune trace de pollution anormale en lien avec l’incident”.

L'enquête judiciaire attendue

Dans son compte-rendu, Vinci s’engage à remettre en état la partie de la berge de la Seine concernée “immédiatement après en avoir obtenu l’autorisation”.

Ces explications suffiront-elles à apaiser la région Île-de-France ? Celle-ci a suspendu une subvention de 175 350 000 euros destinée à Vinci construction. Après l’enquête interne de Vinci, l’enquête judiciaire est toujours attendue.

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