[Vidéo] Les téléphones portables naissent et meurent en Afrique, Morphosis les ressuscite au Havre

Grâce à un partenariat avec Orange, Morphosis recycle au Havre les métaux des téléphones portables hors d’usage collectés dans cinq pays d’Afrique. Séparés et affinés, ces métaux industriels et précieux sont réutilisés par l’industrie française.

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[Vidéo] Les téléphones portables naissent et meurent en Afrique, Morphosis les ressuscite au Havre
Ce conteneur de portables, arrivé de Douala au Cameroun, est le 21e en provenance d'Afrique dont Morphosis recycle les métaux.

"C'est en Afrique que sont extraits les minerais les plus importants d'un téléphone portable. C'est aussi là que beaucoup d'entre eux finissent", note Alain Liberge, directeur environnement et RSE chez Orange. Du tungstène et du tantale d'Afrique centrale aux décharges sauvages du Ghana, un cercle vicieux qu’Orange a décidé de briser, en rachetant au kilo les déchets qui s’amoncellent chez les petits réparateurs de cinq pays d’Afrique, puis en les expédiant par bateau vers Le Havre, où Morphosis les recycle. Aux côtés de l’ancienne ministre Christine Albanel, directrice exécutive RSE, diversité, partenariats et solidarité chez l’opérateur télécom, il est venu accueillir le 21e conteneur, acheminé de Douala au Cameroun jusqu’au parking de Morphosis au Havre.

Cet alchimiste des temps moderne sépare les différents éléments des déchets de portables, conserve les cartes électroniques et recycle les métaux qu’elles contiennent : or, argent, palladium, platine, rhodium, cuivre, aluminium, plomb… Tous reviendront dans le circuit d’approvisionnement des industriels français du solaire, des contacteurs, des batteries. Les coques en plastique sont traitées en externe par des spécialistes, notamment en raison de la présence de brome, ce retardateur de flamme qui pollue fortement les déchets électroniques.

Ce partenariat entre Orange et Morphosis, c’est l’histoire d’une relocalisation réussie. Au départ, Orange confiait ses portables hors d’usage à Umicore, le géant belge, qui a conquis la part du lion du marché européen de la séparation et de l’affinage des métaux. Serge Kimbel, président de Morphosis, "salue le pari d’Orange de travailler avec une entreprise de plus petite taille plutôt qu’avec un partenaire étranger qui donnait satisfaction". Conquis par cette expérimentation, Serge Kimbel travaille désormais à développer cette filière africaine d’approvisionnement en déchet d’équipements électriques et électroniques pour faire monter en puissance son activité.

Deux sites classés ICPE

Morphosis a investi deux sites havrais, tous deux "installation classée pour la protection de l'environnement" (ICPE). Le premier emploie 48 personnes affectées à la réception, à l’analyse, au tri, et au démontage des équipements de réseaux télécoms, câbles, ordinateurs, écrans, etc. Sur le second site, quatre personnes font tourner en toute discrétion les ateliers chimiques, thermiques et mécaniques qui sont au cœur du savoir-faire de Morphosis. Ici, les cartes électroniques sont portées à 860°C en l’absence d’oxygène dans un four à pyrolyse à piston pour les rendre friables. A la sortie, les fumées sont traitées et les résidus secs passent dans un broyeur à boulets qui les réduisent en poudre. Celle-ci passe dans différents précipitateurs pour en séparer chimiquement les métaux – l’un pour le cuivre, l’autre pour l’argent, etc. Ces poudres sont ensuite fondues dans un atelier de pyrolyse et coulées dans des lingotières de fonte, en forme d’anodes ou de lingots. S’ensuit l’affinage par électrochimie, qui les amènera à la teneur attendue par les industriels, généralement supérieure à 99,99%. A cette étape, les anodes sont plongées dans un bain d’affinage qui fait migrer les particules de métal pur vers des cathodes. Le produit sortant, des sels métalliques, ressemble à des cristaux de glace dont on distingue les ramifications.

Travail à façon

Morphosis travaille avec l’industrie sur deux modèles différents. Soit en achetant les déchets au kilo et en revendant les matières, soit à façon. Les industriels restent alors propriétaires de la matière, ce qui permet aux deux partenaires de se prémunir de la volatilité des cours. "Cette prestation, qui représente aujourd’hui 25% de notre chiffre d’affaires, prend une part grandissante dans l’activité de Morphosis", à la grande satisfaction de Serge Kimbel.

Demain, des Fairphone au catalogue d’Orange ?

Sur le chemin de l’usine, le président de Morphosis tente de convaincre Baas Van Abel, le président-fondateur de Fairphone, de s’approvisionner en métaux chez lui. Le Néerlandais, venu parler d’un partenariat en cours de finalisation pour entrer au catalogue des téléphones proposés par Orange, semble tenté. Fairphone travaille depuis sa fondation à développer une filière d’approvisionnement éthique pour son téléphone modulaire et réparable avec un simple tournevis.

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