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[Vidéo] Le premier prototype de la fusée Starship de SpaceX explose lors d'un test

Simon Chodorge , , , ,

Publié le

Vidéo Le premier prototype de la fusée Starship a explosé mercredi 20 novembre lors d'un test au sol. Relativisée par SpaceX, l'anomalie risque tout de même de retarder le programme ambitieux de l'entreprise américaine.

[Vidéo] Le premier prototype de la fusée Starship de SpaceX explose lors d'un test
Baptisé Mk1 (Mark 1), le lanceur avait été dévoilé en grande pompe par SpaceX le 28 septembre.
© LabPadre / YouTube

Nombre de jours sans incident : 53. À peine présenté, le premier prototype de la fusée Starship de SpaceX a explosé mercredi 20 novembre lors d’un test au sol. Si l’entreprise américaine relativise l’événement, elle rencontre un nouvel obstacle dans sa quête vers le vol spatial habité.

Baptisé Mk1 (Mark 1), le lanceur avait été dévoilé en grande pompe par SpaceX le 28 septembre. Elon Musk, le fondateur de l’entreprise, place beaucoup d’espoirs sur ce modèle de fusée-navette. À terme, il imagine l’installation de bases spatiales sur la Lune et Mars grâce à ce lanceur habité et réutilisable. Dans un avenir plus proche, en 2023, l’appareil doit aussi effectuer le premier voyage commercial de l’histoire autour de la Lune.

Explosion lors d'un test de pression

Que s’est-il passé mercredi 20 novembre à Boca Chica, dans l’État du Texas (États-Unis) ? Elon Musk et SpaceX sont restés discrets sur la nature de l’incident. Une vidéo permet toutefois d’observer le sommet de la fusée en train d’exploser et de dégager un important nuage de fumée.

Le début de la retransmission permet d’observer la fusée intacte mais érigée sans sa pointe. Elle subissait alors un test de pression cryogénique qui consiste à remplir ses réservoirs pour vérifier qu’ils peuvent résister aux conditions extrêmes de l’espace.

SpaceX tente de relativiser

Est-ce que SpaceX a volontairement poussé à bout le fuselage de sa fusée pour déterminer son point de rupture ? L’entreprise cherche à relativiser l’incident. “L’objectif du test mené aujourd’hui était de pressuriser les systèmes au maximum, donc le résultat n’était pas complètement inattendu. Il n’y a eu aucun blessé et ce n’est pas un revers sérieux”, tente-t-elle de modérer dans un court communiqué transmis à CNBC.

Pourtant, lors de la présentation du prototype en septembre, SpaceX avait évoqué un vol inaugural du Mk1 dès octobre ou novembre, pour réaliser un “saut de puce” de 20 kilomètres d’altitude et tester sans équipage ses manoeuvres de rentrée dans l’atmosphère. Là aussi, l’entreprise relativise l’anomalie. “La décision avait déjà été prise de ne pas faire voler ce modèle de test”, écrit SpaceX qui insiste sur les différences entre Mk1 et ses successeurs, les prototypes Mk2 et Mk3.

Faut-il croire SpaceX sur ce point ? Le choix de ne pas faire voler Mk1 ne semble pas avoir été communiqué publiquement avant l’incident. Une chose est sûre : Mk1 ne volera pas et SpaceX va se concentrer désormais sur Mk2 et Mk3. Le troisième prototype serait destiné à des tests en orbite tandis que le rôle du Mk2 est moins clair. L’anomalie risque vraisemblablement de retarder Starship et les premiers vols des prototypes. D’autant plus que moins de 5% des ressources de l’entreprise sont consacrées au programme Starship. Et le deuxième modèle de test, Mk2, est toujours en cours de construction en Floride.

Une méthode de travail critiquée

L’incident n’est pas sans rappeler les difficultés de SpaceX avec Crew Dragon. En avril, lors d’un autre test statique, la capsule avait explosé, retardant encore plus le développement de ce vaisseau attendu de pied ferme par la NASA.

Si Elon Musk est vénéré pour ses talents de résilience et pour avoir industrialisé les lanceurs réutilisables, sa méthode de travail continue de soulever des critiques. Le dirigeant avait rappelé son dicton lors de la présentation du prototype Mk1 : "Si un planning est long, c'est qu'il n'est pas bon ; s'il est serré, c'est qu'il est vrai". Cette stratégie fondée sur la promesse et la vitesse risque de buter sur les exigences de sécurité lorsqu’il s’agit de mener des vols spatiaux sûrs et habités.

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