Vidéo : comment le Maroc lutte contre la corruption selon le président de l'ICPC

Le président de l'Instance centrale de prévention de la corruption (ICPC) Abdeslam Aboudrar s'est exprimé sur les changements qui vont transformer l'ICPC en Instance nationale de probité, de prévention et de lutte contre la corruption (INPPLC). Une évolution qui vise à "instaurer une culture d'intégrité au Maroc", selon lui.

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Briser le tabou de la corruption. C'est l'un des objectifs atteints par l'ICPC durant ses cinq années d'existence, selon son président Abdeslam Aboudrar dont les fonctions s'arrêteront le 20 aout prochain.

Conformément à la Constitution de 2011, l'organisme de lutte contre la corruption créé en 2007 est sur le point d'être remplacé par une nouvelle Instance, baptisée Instance nationale de probité, de prévention et de lutte contre la corruption (INPPLC).

De l'aveu même de son président, l'ICPC ne disposait "ni des pouvoirs d'investigation ni des moyens d'actions nécessaire pour mener à bien sa mission". De nombreux espoirs sont donc placés dans la nouvelle Instance, qui devra pallier les faiblesses de l'ICPC et "instaurer une culture de l'intégrité au Maroc", selon Abdeslam Aboudrar.

Malheureusement, l'INPPLC essuie déjà des critiques avant même d'avoir pris ses fonctions. Lors d'une réunion exceptionnelle organisée le 17 juin, le conseil national de l'association Transparency Maroc a fait part de ses inquiétudes concernant la dernière version de la loi instaurant la nouvelle instance.

L'association reproche au nouveau texte de faire marche arrière sur toutes les avancées promises par le gouvernement et la version originale de la loi proposée en septembre 2012. L'INPPLC serait désormais réduite à un rôle de conseil, d'étude et de sensibilisation autour de la corruption et se contenterait de transmettre les plaintes au parquet.

Pas aussi pessimiste, Abdeslam Aboudrar veut croire au potentiel de la nouvelle instance, qui aura d'après lui "une indépendance plus marquée, dans la mesure où elle ne sera plus aussi proche du gouvernement".

La lutte contre la corruption était l'un des grand thème de la campagne électorale du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane. Le Maroc reste pourtant très touché par le phénomène et perd chaque année des places dans le classement mondial de perception de la corruption de l'ONG Transparency International. En 2013, le royaume se classait 91ème sur 177 pays, avec la mauvaise note de 37/100.

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