[Vidéo] Avec Airbus et Total, Safran fait turbiner les hélicoptères au biocarburant

Un hélicoptère de secours vient d’effectuer à Munich le premier vol opérationnel avec du carburant aérien durable. Outre l’aviation commerciale, Safran, Airbus et Total lorgnent aussi la décarbonation des hélicoptères.

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[Vidéo] Avec Airbus et Total, Safran fait turbiner les hélicoptères au biocarburant
Début juin, l'opérateur allemand Adac a effectué le premier vol opérationnel d'un hélicoptère avec du biocarburant. Pour la suite, Safran, Airbus et Total vont devoir unir leurs forces... (Photo THEO KLEIN)

Après les avions, les hélicoptères aussi se lancent aussi dans la décarbonation. Ce segment de l’aviation vient d’effectuer un premier pas en ce sens : un hélicoptère de secours opéré par ADAC Luftrettung a effectué le 7 juin dernier à Munich (Allemagne) le premier vol opérationnel avec du carburant aérien durable (SAF). Un engin – un H145 d’Airbus Helicopters – équipé de deux moteurs Arriel 2E, fournis par Safran Helicopter Engines.

Dans le détail, l’hélicoptère s’est envolé ce jour-là avec un mix 40% agrocarburant / 60% carburant conventionnel. Un agrocarburant de deuxième génération provenant du site normand de TotalEnergies, situé à Oudalle près du Havre (Seine-Maritime), fabriqué à partir d’huile de cuisson usagée. L’opérateur aérien estime pouvoir réaliser une réduction de ses émissions de CO2 de l’ordre de 33 %, « ce qui équivaudrait à une diminution de 6 000 tonnes de CO2 émis, pour un volume annuel de 50 000 missions et 3,3 millions de kilomètres parcourus », chiffre-t-il dans un communiqué.

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Safran Helicopter Engines vise le 100% biocarburant

En tant que fournisseur du moteur propulsif, au cœur de l’usage des agrocarburants dans l’aéronautique, Safran Helicopter Engines compte bien ne pas s’arrêter là. "Notre ambition est de parvenir à réaliser des vols d’hélicoptères avec 100% de biocarburant d’ici 2023", soutient Franck Saudo, le président de Safran Helicopter Engines. En comptant l’optimisation des turbines, les carburants aériens durables et l’hybridation électrique, nous pouvons contribuer à hauteur de 40 à 50% de la réduction des émissions de CO2 des hélicoptères. »

D’où la signature d’un accord entre Safran Helicopter Engines et ADAC Luftrettung visant à augmenter progressivement, jusqu’à 100 %, la proportion de biocarburant dans les moteurs d’hélicoptères. A l’heure actuelle, comme pour l’aviation commerciale, la plupart des filières de biocarburants sont certifiées pour fonctionner avec les moteurs aéronautiques jusqu’à 50%.

Une filière amont à développer

L’augmentation de ce taux d’incorporation nécessitera des ajustements techniques semblables à ceux nécessaires dans l’aviation commerciale. Le comportement physico-chimique des biocarburants peut entraîner des modifications concernant les températures de combustion, le phénomène d’évaporation, la tenue mécanique des chambres de combustion et l’étanchéité des joints en raison de l’absence de cycles aromatiques.

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Mais comme pour tous les usages liés aux agrocarburants, le principal défi sera d’augmenter la disponibilité en matières premières. "C’est la poule et l’œuf, résume Franck Saudo, La demande est faible car l’offre l'est également. Et l’offre est faible car la demande est faible…" Alors que les biocarburants représentent un levier de décarbonation plus efficace et plus simple que l’électrique et l’hydrogène, ils ne représentent aujourd’hui qu’environ 0,01% de la consommation de carburant de l’aviation.

Un territoire actif

D’où le lancement par l’Etat, début 2020, d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) visant à faire éclore des projets collectifs d’unités de production de biocarburants. Safran Helicopter Engines a répondu présent, via le projet Biokena, contraction de bio kérosène Nouvelle-Aquitaine. Un projet basé sur la filière « alcool to jet », capable de produire de l'agrocarburant à partir de betteraves, de maïs mais aussi de résidus de l’industrie sucrière, regroupant plus d’une dizaine d’acteurs.

"Le Sud-Ouest a une vraie carte à jouer en matière de biocarburants", affirme Franck Saudo. La présence abondante de la biomasse, le centre de recherche de Total à Pau (Pyrénées-Atlantiques), des acteurs agricoles de premier plan, des universités… "Le gouvernement doit maintenant décider de la prochaine étape, lance le dirigeant de Safran Helicopter Engines. Le lancement d’un appel à projet serait une vraie avancée." Une initiative parmi d’autres qui pourrait contribuer à faire sortir de terre toute une filière en pleine germination.

Depuis 2021, le site de Villaroche (Seine-et-Marne) de Safran a introduit pour sa part le recours à 10% de biocarburant dans son activité d’Essai.

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