[Vidéo] Astana, capitale du Kazakhstan, base arrière d’Alstom pour conquérir l’Asie centrale et le Caucase

L’usine d’EKZ dans la capitale kazakhe est encore loin de tourner à plein régime, mais elle a déjà produit plusieurs dizaines de locomotives pour le pays. Cette co-entreprise, où Alstom est majoritaire, a le potentiel pour engranger d’autres commandes dans la région.

Partager
[Vidéo] Astana, capitale du Kazakhstan, base arrière d’Alstom pour conquérir l’Asie centrale et le Caucase
L'usine Alstom d'Astana

Symbole de la toute-puissance du président Noursoultan Narzabaïev, Astana, la capitale du Kazakhstan aux larges avenues et à l’architecture matinée de modernisme et de post-soviétisme, donne des gages de sa loyauté avec un aéroport, un musée à son nom, et le Bayterek, tour d’observation avec l’empreinte… du Président. Mais Astana est aussi la capitale régionale de l’industrie ferroviaire avec les usines de General Electric, Talgo et Alstom.

Le constructeur français est présent à travers EKZ (Electrovoz Kurastyru Zauyty), une co-entreprise créée en 2010 avec Kazakh Railways et le constructeur russe TMH (Transmashholding). Depuis 2016, Alstom détient 50% du capital. Elle a été créée pour produire 295 locomotives électriques pour Kazakh Railways et assurer la maintenance pour 25 ans. Entre temps, EKZ a signé un contrat pour l’assemblage de 40 locomotives de fret pour Azeri Railways. Sans parler des 3000 km de signalisation à changer au Kazakhstan. Alstom doit fournir 10 000 moteurs d’aiguillages.

Une première loco pour Bakou

L’usine d’Astana – et dans une moindre mesure, l’usine de fabrication de moteurs d’aiguillage à Almaty – est le centre de production pour irriguer l’Asie centrale et le Caucase. Alstom dispose de bureaux à Bakou (Azerbaïdjan) et Tachkent (Ouzbékistan)."Le trafic a augmenté de 15 à 18%, notamment avec les nouvelles routes de la soie qui passent par le Kazakhstan, explique Bernard Peille, directeur exécutif CEI du Sud pour Alstom. Et surtout, le gros du marché reste à venir car toutes les flottes de la région doivent être remplacées dans les prochaines années, y compris l’Ukraine. Elles datent de l’époque soviétique. Il existe également des projets de lignes à grande vitesse et de tramways à Tbilissi (Géorgie), Bakou, Astana et Almaty." Preuve, que le constructeur français ne se limite pas aux frontières du géant Kazakh. La première locomotive destinée à Bakou est prête. Elle sera livrée dans quelques semaines…

En périphérie de la capitale kazakhe, dans une zone industrielle peuplée de gazoducs, face au concurrent Talgo, l’usine EKV tourne encore au ralenti avec une dizaine de locomotives à produire dans l’année. Une ligne de production classique avec des locomotives de fret et de passagers à fabriquer. Pour s’assurer de la qualité, EKZ a développé une école de soudure en interne avec une semaine et demie de formation pour les nouveaux arrivants déjà qualifiés. "Nous n’avons pas trop de difficultés à recruter des soudeurs, prévient Julien Naudy, le directeur de l’usine. Beaucoup d’entre eux viennent du secteur du pétrole." Un secteur important au Kazakhstan, mais touché par la crise qui perdure.

Une peinture flashy pour la steppe

Aujourd’hui, le site fonctionne avec 430 personnes en une ou deux équipes. Mais les effectifs peuvent être quasiment doublés. La production d’une double loco demande 6500 à 7000 heures de travail, dont la moitié pour la soudure. "En fin de soudure, le redressement de la tôle pour éviter les bosses ne se fait pas au marteau, mais avec un système magnétique équipé de gros aimants", explique-t-on chez EKZ. La toiture est assemblée à part, puis coiffée sur la loco à la fin du cycle de production.

Entre temps, la locomotive est amenée dans l’atelier peinture, puis celui de l’habillage (câblage, winterisation pour supporter des températures de -50 à +50°C, hydraulique). Ensuite, on procède à l’installation des baies latérales, puis des gros éléments comme la climatisation et les compresseurs. Avant de finir avec la toiture et le pantographe.

Alors commencent les tests électriques, puis la pose sur les bogies. Ensuite, l’alignement des axes est vérifié. Une peinture orange flashy est appliquée à l’avant. "C’est pour être repéré dans la steppe en hiver, quand elle est recouverte de neige", précise Julien Naudy. Un transbordeur intervient après cette nouvelle étape pour transporter la locomotive dans un atelier dédié aux tests statiques.

En pleine charge cette usine pourra produire 50 locomotives doubles par an. De quoi continuer à répondre aux appels d’offre dans cette région du monde. Et pour les salariés des usines françaises, Astana est aussi un débouché. Environ 50% de la valeur d’une locomotive vient de France – un peu moins dans le futur avec la production des transformateurs sur place. Les éléments sont transportés depuis Belfort par camion en deux semaines. Plus rapide que... le train !

Olivier Cognasse, à Astana (Kazakhstan)

0 Commentaire

[Vidéo] Astana, capitale du Kazakhstan, base arrière d’Alstom pour conquérir l’Asie centrale et le Caucase

Tous les champs sont obligatoires

Votre email ne sera pas publié

Sujets associés

SUR LE MÊME SUJET

LES ÉVÉNEMENTS L’USINE NOUVELLE

LES PODCASTS

Vendre la Joconde, chiche !

Vendre la Joconde, chiche !

Nouveau

Dans ce nouveau numéro du podcast Inspiration, Stéphane Distinguin, auteur de "Et si on vendait la Jonconde" sorti ce 19 janvier 2022 aux éditions JC Lattés, répond aux questions...

Écouter cet épisode

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Digital et médias, par Julie Manou-Mani

Dans le podcast "Inspiration", Julie Manou Mani, journaliste et productrice, répond aux questions de Christophe Bys. Elle revient sur sa reconversion vers le journalisme après des études...

Écouter cet épisode

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

La recherche française est-elle vraiment à la traine ?

En 2020, année de la crise Covid, la recherche française aura été au centre de toutes les attentions. En cause, l'incapacité de la France à développer son propre vaccin....

Écouter cet épisode

Joindre les deux bouts

Joindre les deux bouts

Dans cet épisode d'Industry Story, Guillaume Dessaix revient sur la grève du Joint Français qui au début des années 70 a enflammé la Bretagne.

Écouter cet épisode

Tous les podcasts

LES SERVICES DE L’USINE NOUVELLE

Trouvez les entreprises industrielles qui recrutent des talents

LE CNAM

Ingénieur chef de projet bâtiment H/F

LE CNAM - 18/01/2022 - CDD - PARIS

+ 550 offres d’emploi

Tout voir
Proposé par

ARTICLES LES PLUS LUS