L'Usine Aéro

[Vidéo] Airbus explique le fonctionnement du Scaf, le système de combat aérien du futur

Hubert Mary , , , ,

Publié le

Vidéo Airbus, qui travaille sur le Système de combat aérien du futur (SCAF) européen, lancé en 2017 par les gouvernements français et allemand, détaille ses caractéristiques dans une vidéo. Au programme : intelligence artificielle, cloud, furtivité et drones embarqués.  

[Vidéo] Airbus explique le fonctionnement du Scaf, le système de combat aérien du futur
Le premier démonstrateur du New generation fighter doit être présenté en 2026, espère Airbus.
© AIrbus

Connectivité, intelligence artificielle, furtivité,… Les promesses du système de combat aérien du futur (SCAF), ce programme européen d'armement nouvelle génération (NGWS) voulu par les gouvernements allemand et français en 2017, sont légions. Parmi les projets communs, le plus emblématique demeure l'avion de combat nouvelle génération (New génération fighter, NGF), appelé à prendre le relais du Rafale et de l'Eurofighter à l'horizon 2040. Un projet sur lequel Airbus et Dassault travaillent main dans la main avec pour objectif de concevoir un démonstrateur d'ici 2026.

Le SCAF prévoit de développer de nouveaux systèmes d'armements reliés en réseau au sein de l'Air combat cloud, permettant une interopérabilité optimale entre tous les appareils en situation de combat. Une nouvelle façon de concevoir les conflits aériens. Airbus en détaille les principes.

Des drones connectés devant offrir un avantage stratégique   

Star du dernier salon du Bourget en juin 2019, au côté de la maquette du futur avion de combat nouvelle génération européen, les Remote carriers (RC ou effecteurs déportés en Français) sont appelés à jouer un rôle crucial dans les futurs conflits. Ces engins, mi-drones, mi-missiles, développés en Europe par Airbus et le missilier européen MBDA, sont l'objet de nombreux programmes de R&D à travers le monde. Destinés à épauler les avions de chasse au cours de leurs missions, leurs applications sont très nombreuses, d'où l'appétit des industriels. Reconnaissance de cibles, guerre électronique aéroportée (brouillage), leurre pour les avions ennemis, armes à énergie dirigée (lasers et micro-ondes), saturation des défenses aériennes en essaim, voire même tirs de missiles... Les drones permettront aussi d'assurer la sécurité du pilote en se positionnant en première ligne. 

Ces engins, connectés en réseau et pilotés de manière semi-autonome, pourront avoir une taille et un poids très divers. Les prototypes présentés par MBDA, RC 100 et RC 200, pèsent respectivement 100 et 200 kg et peuvent donc être embarqués dans le chasseur NGF. Le projet d'Airbus en la matière, nettement plus imposant, devra être transporté par un A400M.  

"En associant intelligemment des chasseurs pilotés de sixième génération à des plates-formes non pilotées, le système d'armes de nouvelle génération (NGWS) fournira aux forces aériennes et navales européennes des capacités bien supérieures à celles des chasseurs actuels" résume ainsi Airbus.  

Une intelligence artificielle au service du couple homme/machine

Combinée à l'intelligence artificielle, cette flotte de drones doit fournir au pilote des informations lui permettant d'affiner ses décisions (options tactiques et connaissance de l'environnement de combat) lui assurant une supériorité stratégique, et au besoin, de lui porter secours. "L'augmentation de la puissance de traitement des données, du stockage et de la connectivité, permettra au pilote d'avoir une conscience accrue de la situation (…) le NGF deviendra une plate-forme de gestion du champ de bataille capable d'opérer en profondeur dans l'espace aérien ennemi", assure ainsi l'avionneur, qui désigne cette nouvelle technologie comme un méta-système ou un système de systèmes.

L'IA intégrée à l'avion et au drone reposera sur la coopération homme/machine. En cours de développement par Dassault pour le compte de la Direction générale de l'armement (DGA), le programme phare en la matière s'appelle "Man-Machine Teaming" (MMT). Défini par l'industriel comme un système cognitif aérien, il ambitionne de construire un réseau de données interagissant avec le pilote. "L'ajout de capacités de manière modulable et flexible améliorera l'efficacité, l'efficience et la capacité de survie globales de la NGWS" résume Airbus.  

Des caractéristiques techniques inégalées

En termes de caractéristiques techniques, si Airbus ne rentre pas dans le détail, il promet "une puissance de feu sans précédent". "De puissants moteurs équipés de tuyères de guidage de la poussée, combinés à un système de contrôle de vol très performant, assureront la manœuvrabilité, la vitesse et la portée du NGF", poursuit-il. 

Des experts chargés de définir un garde-fou juridique et éthique à l'utilisation des technologies de la SCAF

Fin 2019, Airbus et l'Institut Fraunhofer pour la communication, le traitement de l'information et l'ergonomie (FKIE, Bonn, Allemagne) ont créé un groupe d'experts indépendants pour définir "l'utilisation responsable des nouvelles technologies et proposer des "garde-fous juridiques éthiques et internationaux" dans le cadre du SCAF. Une mission à laquelle participe le ministère fédéral des Affaires étrangères allemand, des fondations, des universités et des groupes de réflexions. Des précautions assez rares pour une technologie militaire en cours de développement.  

Le SCAF mobilise par ailleurs de nombreux industriels - dont la plupart français - comme Airbus, Dassault Aviation, MBDA, Safran, Thales et l'entreprise allemande MTU Aero Engines. En février dernier, un accord-cadre initial de 150 millions d'euros réunissant les gouvernements allemand et français a été signé, soulageant les industriels inquiets face aux multiples retards pris par le programme. La France et l'Allemagne ont par ailleurs promis d'injecter 4 milliards d'euros d'ici 2025, avant de voir peut-être voler, en 2026, le premier démonstrateur du NGF.

 

 


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1 commentaire

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24/06/2020 - 10h16 -

Finalement le monde d'après sera comme avant mais en pire ,merci a toutes ces entreprises de bienfaisance qui oeuvre pour un monde meilleur.????
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25/06/2020 - 08h31 -

Pour combattre des ennemis comme Daesh, on va demander à Harry Potter de nous prêter sa petite baguette magique...
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26/06/2020 - 12h13 -

Refuser par idéalisme tout armement pour nos pays n'interdira pas les autres de les obtenir. Vouloir peser dans les discussions internationales pour proposer un meilleur monde nécessite d'être crédible. Préférez-vous laisser le champ libre aux autres puissances sans donner la possibilité à nos gouvernants de peser dans la balance et ainsi pouvoir proposer des solutions diplomatiques ? Avoir un idéal est bien. Cependant et pour pouvoir le défendre, ne scier pas la branche sur laquelle vous êtes assis.
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