Viande de cheval : pour la DGAL, "pas un problème de traçabilité, mais une fraude"

Le retrait de la vente des plats préparés et surgelés contenant de la viande de cheval en lieu et place de viande de boeuf par de nombreux distributeurs français et européens soulève la problématique du maillage complexe de l'industrie agroalimentaire.

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Viande de cheval : pour la DGAL,

Pour la Direction Générale de l'Alimentation (DGAL) du ministère de l'agriculture, pas question de remettre en cause le principe de traçabilité agroalimentaire dans l’affaire de la viande de cheval révélée le 8 février. Son ministre de tutelle, Stéphane Le Foll, n’a pourtant pas hésité à évoquer le "brouillard" de la traçabilité dans une interview à RTL le 11 février.

Jean-Luc Angot directeur général adjoint de la DGAL, est catégorique : "Il n’y a pas eu de faille dans la traçabilité. Dans ce cas précis, il s’agit d’une fraude, d'une tromperie", évoquant la piste mafieuse. "Les professionnels de l’agroalimentaire sont responsables de la qualité des denrées qu’ils mettent sur le marché", rappelle-t-il.

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Le 8 février, les autorités sanitaires britanniques révèlent la présence de viande de cheval en lieu et place de viande de bœuf dans des plats surgelés de la marque Findus. La PME française Comigel, qui fabrique ces produits pour plusieurs marques et MDD (marques de distributeurs), incrimine aussitôt l’entreprise Spanghero, son fournisseur en plats cuisinés, basée à Castelnaudary, dans l’Aude. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) est saisie, et entame une série d’investigations dans les usines visées.

"Depuis la crise de la vache folle (à la fin des années 90), la réglementation et la traçabilité ont été largement renforcées, en imposant notamment la mention de l’origine de la viande", assure Jean-Luc Angot."C’est cette réglementation telle qu’elle existe qui a permis de mettre en évidence la présence de la viande de cheval dans les plats préparés".

"La règlementation existante est efficace"

"Les réglementations sanitaires françaises et européennes exigent que les produits alimentaires doivent être élaborés dans des établissements agréés (…) La présence vétérinaire est continue dans les abattoirs et, rien qu’en France, il y a plus de 5 000 agents sur le terrain pour faire respecter les règlements en matière sanitaire", martèle le chef des services vétérinaires français.

Une traçabilité exigeante selon la DGAL, mais malmenée avec la complexité du circuit commercial qui régit l’industrie agroalimentaire aujourd’hui. "Ce n’est pas une surprise qu'à l’heure de la mondialisation il y ait beaucoup d’intermédiaires dans la filière viande. Mais sur la traçabilité, on est dans une conception globale en Europe, et encore plus particulièrement en France, que l’on appelle ‘du champ à l’assiette’, c’est-à-dire d’un bout à l’autre de la chaîne. Cette nouvelle affaire est de l’ordre de la fraude, et même s’il faut faire la lumière sur les mécanismes qui ont conduit à retrouver de la viande de cheval là où il y aurait dû y avoir du bœuf, , assure Jean-Luc Angot.

"La question qui se pose aux industriels et aux distributeurs est celle de la production pour la course aux prix bas", accuse tout de même le directeur adjoint. Une problématique assurément abordée lors de la table ronde organisée cet après-midi à Bercy entre les ministres concernés, les acteurs de la flilière viande et les autorités chargées de la sécurité sanitaire.

Elodie Vallerey

Ce qui dit le règlement européen :
"La traçabilité des denrées alimentaires (…) et de toute autre substance destinée à être incorporée ou susceptible d'être incorporée dans des denrées alimentaires (…) est établie à toutes les étapes de la production, de la transformation et de la distribution", exige le règlement CE 178/2002 issu du "Paquet Hygiène" de la Commission européenne, qui a visé en 2002 à refondre, harmoniser et simplifier les dispositions en matière d’hygiène alimentaire.

 

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