Viande de cheval : "La traçabilité de l’ensemble des composants devient un paramètre vital à gérer"

Dan Vogel, PDG de la société Enablon qui propose des outils logiciels de traçabilité des produits et de gestion des fournisseurs pour tous les secteurs industriels nous livre son analyse de l'affaire des lasagnes au cheval qui secoue la filière viande européenne.

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 Viande de cheval :

L'Usine Nouvelle - Le scandale de la viande européenne est-il dû à un manque de traçabilité ?

Dan Vogel - Il met incontestablement en avant un défaut de traçabilité ayant pour conséquence un véritable enjeu de transparence et un risque important de confiance et de réputation altérées.

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Les entreprises sont aujourd’hui confrontées à une chaîne de production et d’approvisionnement de plus en plus complexe. La production d’un seul bien de consommation fait aujourd’hui appel à des dizaines voire des centaines de fournisseurs souvent en cascade, lesquels sont installés dans différents pays du monde, aux législations différentes.

Leur traçabilité, et notamment celle des composants qui sont assemblés ou transformés, est donc primordiale pour assurer au consommateur les bonnes conditions de fabrication des produits.

Les entreprises ont aujourd’hui la possibilité de minimiser les risques, notamment sanitaires, financiers, sociaux, de réputation, environnementaux, auxquels elles sont confrontées en traçant précisément chacun des composants d’un produit à travers toute la chaîne de transformation.

Dans le secteur agro-alimentaire, pour certains produits, jusqu’à 80 % de la production peuvent être réalisés en dehors des frontières de l’entreprise. Le risque "fournisseurs" et la traçabilité de l’ensemble des composants depuis la source devient alors un paramètre vital à gérer.

Les plateformes Internet de traçabilité telles celles que proposent votre entreprise ne sont-elles pas impuissantes face à une fraude volontaire ?

Si elles ne permettent pas d’éviter à 100% une fraude volontaire, elles ont plusieurs vertus qui permettent d’anticiper et de réduire significativement l’occurrence de ce type de risque.

L’efficacité de ces plateformes provient d’abord des systèmes de contrôle, de suivi et d’alertes associés à la détection de comportements potentiellement anormaux qui, s’ils ne sont pas automatisés, sont difficiles voire impossibles à identifier. Ces plateformes assurent la traçabilité des produits, la gestion des fournisseurs de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et la conformité en temps réel des produits tout au long de la chaine. Elles permettent surtout à l’entreprise de minimiser les risques grâce à une transparence volontaire des fournisseurs qui ont un intérêt économique, mais aussi social et environnemental à communiquer sur leurs pratiques.

Ces plateformes peuvent localiser et tracer les informations, jusqu’à 20 niveaux de fournisseurs différents, mais aussi contrôler des données comme le prix d’une matière première indiquée par un fournisseur par rapport au prix de cette même matière première sur le marché global... Ces indicateurs mesurés sur l’ensemble de la supply chain et les signaux qui y sont associés permettent ainsi de déclencher et de cibler un second niveau de vérification via les auditeurs/certificateurs. Ces derniers viendront ou non attester de la conformité d’un procédé ou d’un produit à un niveau particulier de la chaîne d’approvisionnement.

Ces outils permettent ainsi aux entreprises de bénéficier d’une plus grande visibilité sur leurs activités, d’être rapidement alertées de la variation anormale de certains indicateurs et d’y associer ainsi des actions "terrain" ciblées pour minimiser les risques associés.

Etant donné les enjeux sanitaires, l’agroalimentaire se doit d’être exemplaire en matière de traçabilité. Doit-on en déduire que la situation est encore pire dans les autres secteurs ?

Ces types d’enjeux sont transverses à la quasi-totalité des secteurs d’activité liés à la grande consommation. Dès lors qu’une partie de la production est réalisée hors de l’entreprise, il est devient nécessaire de tracer le risque non seulement au niveau de l’entreprise mais aussi de ses fournisseurs pour bénéficier d’une visibilité complète sur sa chaîne de valeur.

Avec la menace croissante des risques, on observe la mise en place de démarches fédératrices, organisée autour de plateformes mutualisées, à travers le monde entier, pour de nombreuses industries comme celles du textile, de l’agro-alimentaire, de l’électronique ou encore du jouet.

Le cas de cette dernière industrie est intéressant. On se souvient du scandale des jouets contaminés au plomb. Avec 70% de la production d’un produit réalisés en dehors des frontières de l’entreprise, ce sont les grands noms et concurrents qui se sont désormais réunis en initiative. Ainsi pour assurer leur conformité et maîtriser leurs risques, les producteurs de jouets ont désormais la visibilité sur les fournisseurs impliqués dans la fabrication, les substances et matériaux utilisés par chacun, les conditions et procédés de fabrication, etc.

Sur la base de standards commun en matière de sécurité et d’éthique, et grâce à une plateforme Internet commune, ces marques peuvent suivre un très grand nombre d’informations relatives aux procédés de fabrication utilisés par les multiples fournisseurs de l’industrie et disposer d’un niveau de transparence plus grand sur leurs activités.

Propos recueillis par Charles Foucault

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