Viande cancérogène ? Les quatre vérités des industriels

Une étude déformante qui crée une angoisse disproportionnée chez le consommateur. Une persécution envers les professionnels du secteur. Le moins que l'on puisse dire est que les industriels sont remontés contre le centre international de recherche sur le cancer qui vient de classer la viande rouge comme probablement cancérogène pour l'Homme et les produits carnés transformés dans la catégorie des agents cancérogènes. Ils ont expliqué à L'Usine Nouvelle pourquoi cette classification est à prendre avec des pincettes.

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"On persécute les industriels de la viande". C'est en ces termes que Marc Pagès, directeur général d'Interbev (l'Association nationale inter-professionnelle du bétail et des viandes) a commenté la note publiée, lundi 26 octobre par une agence de l'OMS. Le CIRC (centre international de recherche sur le cancer), a étudié les dangers éventuels liés à la consommation de viande rouge et de charcuterie. Le groupe de travail a classé la viande rouge comme probablement cancérogène pour l'Homme et les produits carnés transformés dans la catégorie des agents cancérogènes. Mais ces résultats sont-ils pertinents lorsqu'ils sont mis en perspective avec la situation française ? Sûrement pas, répliquent les industriels concernés.

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Le CIRC fait l'impasse sur le risque réel

Tout d'abord, le CIRC fait l'impasse sur la notion de risque réel qui prend en compte pour un produit donné, de la quantité consommée, de la régularité de sa consommation et du mode de vie associé. "Il n'est question que de risque éventuel", argue Marc Pagès, directeur général d'Interbev, interrogé par L'Usine Nouvelle.

Il faudrait tripler sa consommation quotidienne de viande rouge

Les données des études sélectionnées par le CIRC laissent penser que le risque de cancer colorectal pourrait augmenter de 17% pour chaque portion de 100 grammes de viande rouge consommée par jour. Or la consommation française moyenne de viande de boucherie est de 52 grammes par jour et par personne. Pour que ces conclusions soient valables, il faudrait donc doubler notre consommation quotidienne.

Pour ce qui est de la charcuterie, la consommation moyenne est de 36,6 grammes par jour. Or le CIRC évoque une augmentation du risque de 18% à partir de 50 grammes par jour. "Ce qui importe est bien l'équilibre nutritionnel, on sait depuis longtemps que la surconsommation entraîne divers problèmes, on enfonce des portes ouvertes", s'indigne Robert Volut, président de la FICT (fédération française des industriels charcutiers et traiteurs).

On n'a pas le même mode de consommation en France qu'aux Etats-Unis ou en Argentine

"Le document publié par le CIRC, lundi 26 octobre, est une monographie, tient à préciser Marc Pagès, et non une étude en elle-même". Nuance non négligeable puisqu'il s'agit en fait d'une agrégation de 800 études déjà réalisées et sélectionnées par l'agence de l'OMS. "Sur ces 800 études, 10 seulement concernent la viande. Et sur ces 10, 9 ont été réalisées aux Etats-Unis". Ce qui confirme les craintes des industriels de la viande : "on prend des exemples mondiaux et on en fait des généralités qui n'ont aucun sens dans un pays comme la France".

On ne consomme pas du saucisson seul

Les industriels du secteur pointent du doigt un autre biais de la publication du CIRC. "On ne consomme pas que du saucisson seul. On mange avec du pain, des légumes, du fromage, des boissons… Il est donc difficile d'identifier un seul aliment parmi ceux-ci comme était cancérogène", selon Robert Volut.

"J'ai l'espoir que le bon sens des consommateurs prendra le pas sur l'angoisse disproportionnée crée par cette étude déformante", conclut le président de la FICT.

Astrid Gouzik

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