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Viadeo : "Nous ne sommes pas en confrontation frontale avec Linkedin"

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Olivier Fécherolle est directeur général opérations Europe pour Viadeo. Alors que l'entrée en bourse du concurrent Linkedin ce 19 mai s'annonce comme un succès, il revient sur la stratégie de Viadeo et sur les perspectives d'avenir des réseaux sociaux professionnels.

Viadeo : Nous ne sommes pas en confrontation frontale avec Linkedin © Viadéo

L'Usine Nouvelle - Votre principal concurrent, Linkedin, vient d'effectuer une entrée en bourse réussie. Vous sentez-vous distancés?
Olivier Fécherolle - Pour nous, c'est une bonne nouvelle. Nous répétons depuis longtemps que les réseaux sociaux professionnels sont solides, et plus rapidement rentables que leurs équivalents généralistes. Que Linkedin soit le premier réseau social introduit en bourse, et que la levée de fond soit aussi spectaculaire représente une confirmation.

Dans le document diffusé par Linkedin avant l'introduction en bourse, la société réaffirme ce que l'on savait déjà : Linkedin est très fort dans les pays anglophones. Ce qui donne à ce réseau une puissance économique et une ouverture sur l'économie mondiale. Nous avons un positionnement différent. Nous sommes concentrés sur les pays émergents et l'Europe.  Focalisés sur les marchés de demain.

Nous allons doubler notre effectif en 2011 selon cette stratégie : ce qu'on gagne en Europe, on l'investit dans les pays émergents. Nous allons donc accentuer notre présence en Chine, en Inde, en Amérique du Sud et en Afrique. Ces régions ne sont pas encore des sources de revenu, mais nous y avons des positions fortes. Nous allons également recruter pour travailler sur le développement du site, améliorer les fonctionnalités. Enfin, notre croissance nous pousse à chercher également des commerciaux.

Vous avez réalisé beaucoup d'acquisitions, notamment en Inde et en Chine. Comment comptez-vous intégrer sur une même plate-forme des usagers de cultures aussi différentes?
C'est encore une différence fondamentale avec les Américains. Nous sommes persuadé que le plus gros du business est local. Nous proposons un networking local avant de passer à l'international. Nous nous adaptons donc à chaque pays. Le site ne s'apelle pas Viadeo partout. Des fonctionnalités locales sont mises en place.

Par exemple, en Chine nous avons un mécanisme de contact de type "poke". Ce qui ne passerait pas du tout en France, ressenti comme trop personnel, est totalement intégré en Chine. Nous gardons la même plate-forme, mais avec des adaptations locales.

Comptez-vous entrer en bourse prochainement ?
Il y a trois mois, quand l'introduction en bourse de Linkedin a commencé à être évoquée, nous avons été beaucoup sollicités sur ce sujet. Nous pensions à l'époque entrer sur la bourse de Hong Kong. Mais aujourd'hui nous nous orientons vers une entrée en bourse plus tardive, dans 18 mois. Nous lancerons peut être une levée de fond privée d'ici là. Nous n'avons pas vraiment besoin d'argent rapidement. Point important : nous ne souhaitons pas nous concentrer sur la profitabilité à court terme. Notre stratégie dans les pays émergents ne nous le permet pas. Nous sommes partis pour être leaders en Afrique, mais pour l'instant cela ne nous rapporte rien.

Linkedin a ouvert en mars un bureau à Paris. Craignez-vous l'arrivée de votre concurrent en France ?
Nous n'avons jamais recruté autant d'utilisateurs en France. Les logiques des deux sites sont différentes. Linkedin se positionne sur une logique de gestion de carrière, et réalise la moitié de ses revenus en fournissant des services aux recruteurs, 30% avec la pub et 20% avec les compte premiums. Viadéo a un business model différent : 50% du chiffre d'affaires est réalisé avec les comptes premiums. Nous pensons que les ressources humaines sont un bon business, mais nous visons plus fortement le B to B (Ndlr : business to business). Nous souhaitons faire de Viadeo un site de communication communautaire. Nous ne sommes donc pas dans une confrontation frontale avec Linkedin. Il y a de la place pour plusieurs acteurs.

Vous avez tout de même ouvert une filiale à San Francisco... Quels sont vos objectifs aux Etats-Unis ?
Dans le monde des réseaux sociaux, c'est là que ça se passe. Nos partenaires potentiels y sont, comme le dernier en date, Salesforce. Nous ne comptons pas forcément conquérir le marché US, nous n'avons pas l'ambition de défier Linkedin sur son terrain. Nous y allons pour faire des relations publiques, pour être au plus près des investisseurs et d'éventuels partenaires.

Sur quels projets travaillez-vous aujourd'hui ?
Nous cherchons à donner plus de valeur à nos membres en dehors du site de Viadéo. En ouvrant la plate-forme, nous comptons enrichir d'autres services avec des données issues de Viadéo. Pour utiliser les fonctions sociales du site ailleurs, un peu dans l'idée du bouton "like" de Facebook, utilisé partout sur le web. Ce projet nous amène à réfléchir à de nouveaux rapports entre entreprises, à une nouvelle façon d'apréhender le B to B.

Propos recueillis par Rémy Maucourt

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1 commentaire

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20/05/2011 - 09h51 -

Une confrontation qui n'est pas frontale, ce n'est pas une confrontation! Une confrontation frontale, c'est une confrontation.
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