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Vestas : « nous ne perdons pas confiance dans l’énergie éolienne »

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Le groupe Vestas a annoncé la suppression de 3 000 emplois dans le monde et la fermeture de cinq de ses usines. L’occasion pour Nicolas Wolff, directeur général de Vestas France de revenir sur la situation du groupe et sur ses perspectives d’avenir.

Vestas : « nous ne perdons pas confiance dans l’énergie éolienne » © Vestas

Vous êtes sur le point de fermer cinq usines. Avez-vous été trop optimistes par rapport à la croissance verte ?

Nous allons effectivement devoir fermer 4 usines au Danemark et 1 en Suède. Ces fermetures sont
liées au fait que le marché en Europe du Nord ne nous laisse pas espérer un dynamisme suffisant
pour y maintenir les capacités de production existantes. Notre stratégie est de produire au plus près de nos clients, dans les zones géographiques où nos machines doivent être installées. En effet, dans le cas contraire, il faut rajouter au coût de
production un coût de transport non négligeable. Or l’un de nos objectifs est de réduire le coût final
de l’énergie pour nos clients. D’où cette volonté de produire « dans les régions, pour les régions ».
Au Danemark, les difficultés sont dues à des coûts de production élevés  et à une absence de
Débouchés. Depuis plusieurs années, 99% de nos machines sont vendues hors du Danemark. Notre
groupe doit donc se résoudre à fermer plusieurs sites danois.

Pour autant, cela ne remet pas en cause notre confiance dans l’éolien et les opportunités qui existent
en Europe du Sud par exemple. En France, Vestas a doublé en moins de 4 ans ses effectifs pour
atteindre plus de 200 salariés. Nous venons d’inaugurer notre sixième centre de maintenance dans le
Pas-de-Calais. Les effectifs de Vestas dans d’autres régions du monde comme la Chine et les Etats-
Unis sont aussi en forte croissance. L’éolien reste un véritable moteur de croissance verte, même si
comme tout secteur industriel il doit être capable de s’adapter aux évolutions de la demande et de la
concurrence.

Existe-t-il un problème de coordination entre les différents pays sur la question de l’éolien?

Tout d’abord, il faut rappeler que Vestas a fait un choix clair depuis 2005: devenir un groupe
international à part entière. Donc développer des centres de production en Europe, mais aussi en
Asie et en Amérique.
Aujourd’hui, nous disposons de plusieurs usines de production aux Etats-Unis : il n’était donc plus
envisageable comme par le passé de faire produire au Danemark des éoliennes destinées au marché
américain. D’autant plus que le marché est devenu plus compétitif.
Les décisions difficiles qui sont prises en Europe du Nord résultent avant tout d’un enjeu de
compétitivité. Nous sommes en position de leadership mondial et avons l’intention de maintenir
notre avance.

Par ailleurs, il faut distinguer la situation de crise financière qui affecte nos économies à court terme
(et impose des choix budgétaires à certains gouvernements), des perspectives qui sont celles de
notre secteur à long terme. Nous restons confiants dans l’avenir de l’éolien : au vu du contexte
énergétique mondial, c’est une énergie d’avenir avec laquelle il faut désormais compter.

Etes-vous victimes de l’activisme de General Electric, Siemens et Gamesa ou des avancées technologiques ?

Notre marché est certes très compétitif, mais Vestas possède plusieurs atouts : nous sommes le seul
groupe à avoir consacré toute notre expertise à l’éolien depuis plus de 30 ans.
En outre, en faisant le choix de l’internationalisation, nous avons aussi pris le parti de privilégier la
qualité – donc l’innovation – et de diminuer le coût de l’énergie produite par nos machines.
Cela nous donne une certaine avance, en termes de leadership, de présence mondiale mais aussi de
technologie : à titre d’exemple, plus de 2 000 personnes travaillent aujourd’hui pour notre R&D. Et
nous devrions avoir signé 8 à 9 000 MW de commandes à l’échelle mondiale d’ici la fin de l’année.

Comment faire pour aller de l’avant ? Conquérir de nouveaux marchés ? La Chine par exemple ?

Nous allons poursuivre notre stratégie : produire dans et pour les régions du monde où la demande
le justifie. C’est notamment le cas en Europe du Sud, aux Etats-Unis et en Asie (avec effectivement
une forte demande en Chine où nous sommes le premier constructeur non Chinois).
D’autres marchés émergents offrent également de bonnes perspectives de développement, comme
par exemple le Brésil et le Mexique en Amérique du sud.
Pour 2011, nous anticipons donc des commandes qui devraient représenter 7 à 8 000 MW.

L’Espagne est-il un pays plus attractif pour développer vos activités que le Danemark ou la Suède ?

La question est davantage de savoir s’il est plus coûteux de produire au Danemark et d’exporter
ensuite nos machines dans les différentes régions du monde, que de produire directement dans ces
régions concernées.
Notre constat est que pour rester compétitif, nous devons privilégier la deuxième option : produire
en Europe du Sud les machines destinées à l’Europe du Sud, ou aux Etats-Unis et en Chine celles
destinées aux marchés américain et chinois.

Propos recueillis par Ana Lutzky
 

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