Vers une véritable gestion du cycle de vie des actifs industriels

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Tribune L’Asset Management (gestion des actifs industriels : usines, centrales électriques, raffineries…) pratiqué aujourd’hui supporte l’opération d’une installation industrielle en n’exploitant que partiellement ses données de conception. Celles-ci, maintenues à jour et cohérentes, sont pourtant indispensables à la maintenance et aux projets de transformation de l’Asset. Les notions de Produit et d’Asset étant comparables, les exploitants industriels pourraient-ils tirer parti d’une approche PLM complète ? Analyse de Fabien Tertois, manager chez Vinci Consulting.

Vers une véritable gestion du cycle de vie des actifs industriels © DR

L’Asset Lifecycle Management, un concept naissant

L’Asset Lifecycle Management est une approche intégrée, maîtrisant les flux d’informations et constituée de l’ensemble des ressources et processus permettant de gérer le cycle de vie d’un actif industriel (centrale nucléaire, usine, plateforme off-shore…), depuis sa phase de conceptualisation à son décommissionnement, via sa construction et son exploitation.

Suivant les contrats, les concepteurs peuvent remettre aux exploitants un système intégré lui permettant de consulter les données de conception de son Asset, mais ces systèmes ne supportent pas réellement la gestion de configuration. Celle-ci, qui est nécessaire à la vérification de la conformité aux spécifications et aux réglementations, reste documentaire et repose donc uniquement sur l’expertise humaine, sans support avancé d’un système d’information (SI), et à un niveau très concentré d’agrégation de données. Dans les secteurs des produits industriels, le regroupement des processus et SI sous la bannière du PLM ont permis d’accélérer ces études à qualité égale ou supérieure.

Produit et Asset, deux concepts comparables

Produit et Asset sont-ils si différents ? L’Asset se distingue du Produit par sa durée de vie (qui peut dépasser le siècle), son nombre d’instances très faible et le chevauchement de ses phases de cycle de vie. La construction de l’Asset commence souvent des mois voire des années avant d’en terminer la conception et son exploitation partielle peut démarrer avant la fin de sa construction.

Il est cependant possible de gérer dans un PLM un Produit plus complexe que bien des Assets, comme un avion. La complexité du produit et la durée du cycle de vie ne sont donc pas différenciants. Le chevauchement des phases du cycle de vie est essentiellement un problème d’organisation industrielle et de décomposition de l’Asset, qu’un SI doit être capable de supporter.

L’ALM répond à des enjeux clé des exploitants

La problématique de l’exploitant est de gérer son Asset afin de maximiser sa productivité en minimisant son investissement. Des systèmes transactionnels type MES (Manufacturing Execution System) ou MRO (Maintenance Repair & Overhaul) lui permettent déjà de piloter et contrôler l’Asset physique en temps réel, mais le référentiel technique reste documentaire et indépendant de toutes structures physiques ou fonctionnelles de l’installation.

L’ALM est le référentiel technique intégré de l’Asset : il minimise le temps de recherche de l’information et garantit l’applicabilité de celle-ci. Les différentes structures d’un Asset sont alors gérées en configuration, quels que soient les systèmes supportant ces structures.

L’ALM est donc le garant de la configuration applicable et telle qu’exploitée de l’installation, celle qu’il faut faire évoluer avec la réglementation ou les optimisations et les mises à niveaux de l’Asset pour en assurer la conformité. Ce type de système fait partie des recommandations de l’industrie pétrolière norvégienne suite à l’accident de la plate-forme Deepwater Horizon en 2010.

L’ALM, la voie de la Data

Un référentiel de données intégré et à jour permet de minimiser la durée des arrêts de maintenance, de formation et de maitriser les projets de mise à niveau de l’installation (revamping), autrement dit de contrôler ses investissements en maximisant sa productivité.

En supportant les processus et les données de Produits de très grande complexité, le PLM a prouvé qu’il avait le potentiel de devenir l’ALM tant attendu, qui permettra aux exploitants d’entrer dans l’ère de la Data.

Fabien Tertois, manager chez Vinci Consulting

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