L'Usine Santé

Vers une réautorisation limitée du glyphosate jusqu'à ce que "les doutes soient dissipés"

Astrid Gouzik , , ,

Publié le

Pour sortir le glyphosate de l'impasse, la Commission européenne a finalement opté pour une solution provisoire. Le 6 juin prochain, elle proposera aux Etats membres de se prononcer sur une réautorisation de 18 mois seulement... le temps pour l'agence européenne des produits chimiques de se prononcer sur cet herbicide.

Vers une réautorisation limitée du glyphosate jusqu'à ce que les doutes soient dissipés © Flickr/United Soybean Board

J-28. Dans quelques jours seulement, l'autorisation du glyphosate sur le sol européen expirera. Et les États membres n'ont toujours pas réussi à s'entendre. La Commission européenne, par la voix de Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen à la santé et à la sécurité alimentaire, a indiqué qu'elle proposerait une réautorisation provisoire. Un sursis de 18 mois jusqu'à ce que l'agence européenne des produits chimiques se prononce sur la molécule controversée.

L'herbicide, utilisé notamment dans le Round Up de Monsanto, fait l'objet d'une querelle entre scientifiques. En 2015, le Centre international pour le cancer (CIRC) publiait un avis soulignant le caractère "probablement cancérigène" de cette substance. Quelques mois plus tard, l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) rendait un avis diamétralement opposé, jugeant le potentiel cancérogène du glyphosate "improbable".

La France pourra continuer de l'interdire 

De quoi semer la discorde au sein même des Etats membres. Alors qu'ils devaient finalement se prononcer le 19 mai dernier sur une prolongation de l'autorisation du glyphosate de neuf ans, le vote a été ajourné, faute de majorité qualifiée. Mais le temps presse. Une décision doit être prise avant que l'autorisation n'expire… et que son utilisation soit interdite.

Le 6 juin juin, les Etats membres devront donc se prononcer sur cette solution provisoire avancée par la Commission. Vytenis Andriukaitis l'a rappelé : "une fois qu'une substance active est autorisée au niveau européen, il appartient alors aux Etats membres d'autoriser ou non les produits sur leurs marchés respectifs [...] Cela signifie seulement qu'ils peuvent autoriser ces produits sur leurs territoires, mais ils ne sont pas contraints de le faire".

Même si Bruxelles vote pour une réautorisation du glyphosate, la France peut décider de l'interdire sur son sol.

En somme, même si Bruxelles vote pour une réautorisation du glyphosate, la France peut décider de l'interdire sur son sol. Mais se pose alors le problème - et pas des moindres - de la distorsion de concurrence entre les agriculteurs autorisés à utiliser la molécule et les autres.

La ministre de l'Environnement l'a rappelé, la France ne changera pas d'avis sur le glyphosate et ne votera pas la proposition de Bruxelles. L’Allemagne, l’Italie, la Suède, l’Autriche, le Portugal suivront-ils ? Lors de la précédente réunion, le 19 mai, ils avaient déjà fait savoir qu'ils s'abstiendraient ou voteraient contre la proposition de la Commission. Fin du suspens lundi prochain…

 

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